Cf. supr. p
Jésus était donc fils de Dieu ! en tant que prédestiné à la royauté messianique, et il l'était aussi par le sentiment intérieur qui l’unissait à Dieu auteur de cette vocation. S'il a employé quelquefois, pour se l'appliquer à lui-même, le titre de « fils de l'homme », emprunté à Daniel ?, il n’y aura pas sans doute attaché d’autre signification que celle de Messie, et il paraît bien risqué d’y trouver une signification toute spéciale, en rapport avec l’idée, personnelle aussi, que Jésus se serait faite de sa mission. Une telle hypothèse ne serait acceptable que si Jésus avait usé de cette formule très fréquemment el par préférence. Or la préférence vient des évangélistes, et l’usage ne paraît probable que dans une mesure très étroite #. Les textes évangéliques semblent établir une relation particulière entre ce titre et l'idée du Messie souffrant ; mais relation et idée appartiennent à la tradition. Jésus a regardé sa mort comme possible, et, dans cette éventualité, comme la condition providentielle du royaume qui allait venir, mais non comme un élément nécessaire en soi de sa fonction messianique ; il l’a envisagée comme un risque à courir, un péril à affronter, non comme l'acte salutaire par excellence auquel devait tendre son ministère, et duquel dépendait essentiellement tout
Les passages où Jésus parle de son Père qui est au ciel, ou simplement de son Père, sont très nombreux, mais ne contiennent pas une définition expresse de sa filiation. Les passages où le Père et le Fils sont mentionnés ensemble, sans autre addition, seraient plus significatifs, mais l'authenticité en est contestable {voir le commentaire de Mr. x1, 27; Mc. xu1, 32 et parallèles).