LA TRADITION DU TEXTE
très bien venue, et celle de la fille de Jaïr! l’est assez mal. La même remarque s'applique aux discours. Certaines transitions, que l'évangéliste supplée entre les sentences que les sources lui fournissaient, sont aussi peu réussies que possible ?, et certaines introductions, déduites des discours mêmes ?, sont faiblement conçues.
A peine peut-on dire que le livre a un plan ‘ : c'est Marc, enrichi au début par les récits de l'enfance, modifié ensuite par quelques transpositions qui dérangent l'économie de l’histoire et même celle de la narration au profit du symbolisme, coupé artificiellement pour l'insertion des matériaux pris d'ailleurs. Rien de moins heureux que la grande entaille pratiquée à l'endroit du départ pour Jérusalem, en vue de loger la majeure partie de ces matériaux. Même les récits de l'enfance, où Luc a exploité une légende mieux construite et mieux définie que les éléments utilisés par Matthieu, sont loin de former un ensemble régulier * ; on y sent la retouche, l'imitation voulue de l'Ancien Testament jusque dans les détails du style. L'insertion des cantiques, suggérée aussi par l'Ancien Testament, a été exécutée sans habileté. L'abondance des hébraïsmes dans le troisième Évangile tient pour une bonne part à une imitation volontaire du langage biblique ‘.
A peine est-il besoin d'observer que le texte primitif des Évangiles synoptiques, en tant que l’on peut parler d’un texte primitif7, n'a pas été gardé sans altération. Bien que, pour tous les trois, on doive admettre
4. vu, 40-56. Confusion de la mise en scène dans la dernière partie (vv. 51- 56). Voir le commentaire.
2. Par exemple, vr, 27; x, 33, 57. Groupement tout artificiel de sentences dans xvi, 15-28, que suit la parabole de Lazare.
DES ED Ex In, 1 A2 M ExIx 2117
&. Cf. supr. p.144.