V. 32. o5z0s 2otat uéyac nai viôs bbiorou xAnÜns:rar
6: Cf: Ps. 11, 7; Il Sam. var, 13, 16; Is. 1x, 6; Mic. iv, 7; Dan. vis, 14, 27. L'idée de Paul {I Con. xv, 24-28), qui subordonne le règne du Christ au règne de Dieu, procède d'une conception beaucoup plus large et plus spirituelle du règne messianique.
A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques. 19
mention de David comme père de Jésus n'est pas une qualité de Messie, mais au lien de parenté qui unit le
RICE ancêtre. Luc parait donc insinuer ici que Marie sppélient à la
famille davidique. Mais, dans l’économie naturelle et primitive du récit, le rapport serait avec l'indication concernant l’origine davidique de Joseph. Jusqu'à présent rien ne fait attendre la conception virginale. Gabriel annonce le: Messie théocratique, et l’ensemble du récit est conduit comme si l’auteur, tout en lisant Isaïe dans le grec, Jugeait la prophétie accomplie par le fait que le Christ sera conçu par une vierge, non par une vieille femme comme Élisabeth, quoique non miraculeusement. Une interruption de Marie dirige l'entretien dans un autre sens.
L'objection de la vierge : « Comment cela se fera-t-l, puisque je ne connais point d'homme ! », sert en effet, dans l’économie présente de la narration, à REPAS la déclaration formelle de l’ange touchant la conception virginale. Rien ne faisait prévoir cette difficulté. Puisque la vierge est fiancée, elle doit conclure des paroles de Gabriel que le premier enfant à naître de son mariage sera le Messie. Comment peut-elle dire qu'elle ne connaîtra pas d'homme, puisqu'elle est fiancée? Et comment peut-elle croire utile de dire à l'ange qu'elle n’en connaît pas maintenant parce qu'elle n’est pas encore mariée ? Si la question devait être discutée au point de vue de l’histoire, les deux hypothèses pourraient sem bler aussi peu satisfaisantes l’une que l’autre. Mais il faut considérer avant tout la pensée de l'évangéliste, qui fait parler Marie en prévision de la réponse qu'il va lui faire donner par l'ange *. Marie déclare ne pas connaître d'homme, pour que l'ange puisse lui répondre que le Messie ne sera pas conçu d'un homme, mais du Saint-Esprit.
La pensée de Luc va-t-elle seulement à la conception du Christ, comme le croient volontiers les exégètes protestants, de façon à ne pas exclure la naissance naturelle de frères puînés de Jésus? Il est permis d’en douter. L'assertion de Marie est tellement absolue que le sentiment commun des exégètes catholiques, qui y voient l'intention de garder perpétuellement la virginité, ne peut être qualifiée d'arbitraire. Aucun passage de l'Évangile et des Actes
AR A Pete PUMA TE RE à : : ; 1. V. 34. rüxc Eotat toèro, Ere! avÔpa où yLVwoxm : 2. Hozrzmaxx, 309.
n'y contredit ; car s’il y est question des frères de Jésus, on ne les présente jamais comme fils de Marie, et il est à noter qu'on n’en cite jamais un en particulier, pas même Jacques, comme frère du Seigneur. L'évangéliste a déjà pu entendre ce titre de frère comme ont fait plus tard les exégètes chrétiens : après avoir parlé de Marie comme vierge et fiancée, il ne dit pas ce qui advint du mariage projeté: au moment de la naissance de Jésus, Joseph apparaît comme époux de Marie, sans qu'on puisse dire comment Luc s’est représenté la manière dont Joseph a été instruit du message de Gabriel. On dirait que la situation de Joseph, dont Matthieu a senti la difficulté, lui parait aisée à comprendre. Ne serait-ce point parce qu'il s'est représenté Joseph et Marie dans la disposition de deux époux chrétiens gardant la continence? Marie est censée vivre en état de virginité pour être agréable à Dieu: c'est pourquoi la promesse d'un fils lui paraît simplement irréalisable. Mais il est difficile de reconnaître dans l’auteur qui lui fait exprimer ce doute, où il y a plus que de l’étonnement !, celui qui a raconté le châtiment dont Zacharie a été frappé pour un doute semblable.
Si le sens très spécial du mot « connaître », dans ce dialogue, ne peut prêter à discussion, 1l en est de même pour les premières paroles de l'ange, qui expliquent comment Jésus sera conçu sans intervention humaine. Les termes employés par Gabriel pour signifier l'opération de l'Esprit divin sont chastes et discrets, mais ils n'en figurent pas moins de facon très nette la part du mari dans l’acte physique de la génération ; ils sont tout aussi expressifs à cet égard que le mot « connaître » auquel ils correspondent ?. « Esprit saint » est synonyme de « puissance du Très-Haut »., et ne désigne
1. B. Weiss, £. 282, y voil une expression de simple surprise.
2. C'est ce qu'ont reconnu implicitement les anciens auteurs qui voyaient dans l’approche de l'Esprit (v. 35. rvsiux äyiov irshsôsstat ri 52) l'accomplissement d'Is. vi, 3. Pour irisztéou, cf. Acr. v, 15; la signification du mot est locale, non morale (idée de protection divine, Scnaxz, Lk. 89, d'après Ps. xci, 4,4), ou religieuse, allusion aux théophanies de l'Ancien Testament, à l'apparition de la nuée sur l'arche d’alliance (Hozrzmann, 309; J. Waærss, 302, d’après Ex. xc, 34; Nomsr. 1x, 15; | Rors, vint, 10). On ne représente aucunement l'Esprit descendant du ciel en forme de nuage, Noter le parallélisme du rôle joué ici par l'Esprit et la vertu de Dieu, avec celui que la tradition plus ancienne leur attribuait dans la consécration messianique de Jésus à son baptême (Acr. x, 38).
sa vie physique. Une telle idée, on a eu raison de l'observer!, ne pouvait s'énoncer en hébreu et en araméen, où le mot « esprit » est du féminin : les apocryphes judéo-chrétiens font du Saint-Esprit la mère ou la sœur du Christ. Quant au fond même de l'idée, il ne s'accorde pas mieux avec la théologie juive en ce qui fait l'originalité propre de celle-ci, à savoir la notion de la transcendance divine, qui ne permet guère de concevoir Dieu comme le principe générateur, physique et immédiat d’une vie humaine individuelle. En grec et pour l'esprit hellénique, ces embarras n'existent pas. L'apologiste Justin trouvait tout naturel de comparer la naissance de Jésus à celle des héros ou demi-dieux, nés d’un dieu et d'une mortelle ?.
C’est précisément parce que l'Esprit divin tient à son égard le rôle de père, que l'être saint qui va être engendré sera appelé Fils de Dieu ? , il sera vraiment tel. Cette notion physique de la filiation divine du Christ ne se distingue pas seulement de la notion métaphysique exprimée dans le quatrième Évangile‘, elle se distingue aussi, et plus profondément peut-être, de la notion théocratique exprimée dans le premier discours de Gabriel.
La seconde explication vient en surcharge de la première, et il n'yapas lieu de s'étonner que plusieurs critiques ? la déclarent sura-