PONT
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tion !; l’on a supposé ?, non sans vraisemblance, que le premier auteur du récit avait adapté ce psaume à la circonstance, en y insérant le verset : « Parce qu'il a regardé l’humiliation de sa servante; car désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse », le seul passage qui semble se rapporter à la situation. Ce verset enlevé, il n’est pas trop difficile de reconstituer un petit psaume de quatre strophes, formées chacune de deux distiques *. La question de l’origine hébraïque n’a pas grande importance: que le cantique ait préexisté au récit, ou qu'on l'ait composé tout exprès pour l’y introduire, il est entièrement dépourvu d’originalité. Mais, en tant que cantique, il est un fruit de l'inspiration d'Élisabeth, qui se trouve ainsi prendre rang à la suite des femmes illustres de l'Ancien Testament, Marie, sœur de Moïse, Débora, Anne, Judith.
L’exorde est fait d'expressions familières aux psalmistes. « Ame » et « esprit » sont synonymes de « moi », et ne correspondent pas à des idées distinctes. Le changement de temps qui se produit dans le second membre du premier distique est un hébraïsme f, et l’on aurait tort de penser que la joie de l'esprit remonte plus haut que la « louange » émise par l’âme; la « magnification » du Seigneur n'est que l'expression de la « joie » actuellement ressentie en « Dieu sauveur ». « Dieu secourable » est une idée commune, qui semble recevoir ici une application particulière à raison de ce qui suit, c'est-à-dire du verset qui paraît avoir été interpolé, et qui, en
1. HizcmanN, op. cit. 201; Srprrra, Zur Geschichte u. Lüitter. d. Urchristenthums, I, et ZNT W. 1906, 284-317, y voient un psaume purement juif.
2. B. Weiss, Leben Jesu, |, 226, qui présente cette hypothèse comme possible, conjointement avec la précédente et celle de l'authenticité absolue (prière de Marie).
3. On obtient les quatre strophes, sans éliminer le v. #8, en comptant respectivement pour un seul vers le v. 52 et le v. 53: mais cette computation est arbitraire, chacun de ces versets contenant deux membres parallèles, et les deux formant une strophe. Au lieu de la division strophique : 46-48; 49-50, 54-53 ; 54-55 (Westcott-Hort, J. Weiss, Holtzmann), on peut proposer celle-ci 46-47, 49 ; 50-51; 52-53; 54-55.
#. Traduction d'un imparfait hébreu avec le * consécutif. Rien de plus facile que de remettre ce premier distique en hébreu :