‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 264 sur 807 · Opinion de J. Weiss · texte numérisé non relu

Opinion de J. Weiss

ee

. desxdontsey bresngavous dravo!x 240

Ft &

za

qu'a eu Pen l'annonciation, la es fiancée devant être alors ses parents. |

se Tous les manuscrits grecs et tous ceux de la Vulgate hiérony. #

mienne attribuent le Magnificat à Marie !. Mais les plus anciens *

manuscrits de la Vulgate antéhiéronymienne ? l’attribuent à Élisabeth; Nicéta, Hobbies l'évêque de Remesiana en Dacie, et l'ami de saint Paulin de Nole, fait de même ?. La formule d'introduction : « Et Élisabeth dit », au lieu de : « Et Marie dit », devait donc être assez répandue en Occident à la fin du 1v° siècle et au commencement du v°, bien qu’elle ne fût probablement pas la plus commune. L'interprète latin de saint Irénée paraît l'avoir connue ‘. Tertullien cependant attribue le Magnificat à Marie. Les plus anciens témoins orientaux semblent avoir été également partagés. Dans une de ses homélies sur l'Évangile de Luc, conservées dans la traduction de saint Jérôme, Origène signale deux catégories de manuscrits, dont l'une présente la leçon ordinaire, et l’autre assigne le cantique à Élisabeth. Il est peu probable que cette indication vienne du traducteur et se rapporte à des manuscrits latins ; elle fait partie d'un développement exégétique où se reconnaît la marque d’Origène, et 1l semble plutôt que saint Jérôme abrégeant

{. Le problème de l'attribution du Magnificat a été discuté dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, IL (1897), 424-432 (après avoir été indiqué dans l'Enseignement biblique, 1893, v, 35-36). L'attribution à Élisabeth a été défendue par Harnacx, Sitzungsberichte d. Berliner Akademie, 1900, 27, 538- 550 (les arguments ne diffèrent pas sensiblement de ceux qui avaient été proposés, en 1897, dans la Revue précitée), et par Conrany, Die Quelle der kan. Kindheitsgeschichte, 48-51. Elle a été combattue par BARDENHEWER, Biblische Studien, VI, 1-1, 189-200.

2. Mss. à ( Vercellensis, 1v°s.), b ( Veronensis, v°s.), l (Rhedigeranus, vue s.).

3. Fragment du traité De psalmodiae bono, publié par D. Morin, dans la Revue biblique, 1897, 286-287.

x. Haer. IV, 7, 1, où deux mss. {c. Claromontanus, 1x° s., c. Vossianus, xrve s.) lisent : « Élisabeth dit : Magnificat anima mea Dominum » (sur la présence de la même leçon dans un ms. arménien, voir ZNTW. 1906, 492). Un autre ms. (c. Arundelianus, xuu° s.) lit : « Marie dit ». Mais dans III, 40, 2, le Magnificat est attribué à Marie par tous les mss. Il semblerait donc qu'Irénée ait attribué le cantique à Marie. L'attribution à Élisabeth viendrait de l’interprète ou de la tradition.

le texte de son auteur, en ait par là obscurei les données, avec ou sans intention !.

La leçon : « Et Élisabeth dit » a donc été assez répandue tant en Orient qu'en Occident, dès le mi siècle, et sans doute auparavant. Cette diffusion ne peut avoir son origine dans l’inadvertance ou la fantaisie d'un copiste qui aurait substitué en quelque manuscrit le nom d'Élisabeth à celui de Marie. Supposé qu'un tel accident se fût produit cinquante ou soixante ans après que le troisième Évangile eut été répandu dans les Églises, la variante n'aurait pas eu le moindre succès; la raison qui lui a fait perdre tout le terrain qu’elle avait gagné l’aurait empêchée de le prendre. Cette lecon, partout où on la trouve, a dû précéder la leçon : « Et Marie dit ». Elle est, par conséquent, très ancienne, et il est au moins vraisemblable qu’elle est sortie, par voie d’addition explicative, d’un texte où le sujet du verbe n’était pas indiqué. Il n’est pas téméraire d'admettre que le sujet manquait dans le texte primitif, et que la diversité des leçons vient de ce que l’on a suppléé dans certains manuscrits le nom d’Élisabeth, dans d’autres celui de Marie. S'il y avait eu un nom propre après le verbe, on ne l’eût pas supprimé ; s'il y avait eu le nom de Marie, on n’eût jamais songé à le remplacer par celui d’'Élisabeth, quand même le nom de la vierge aurait été omis accidentellement dans quelque manuscrit; et s’il y avait eu le nom d’Élisabeth, la tentation d'y substituer le nom de Marie ne serait pas venue. Mais le nom de Marie une fois introduit dans le texte, son succès est facile à expliquer : on a trouvé tout naturel que Marie louât Dieu, puisqu'elle avait encore plus de raisons de le faire qu'Élisabeth. Il n’en est pas moins vrai que l'addition du nom d’Elisabeth était conforme à l’idée du narrateur, tandis que celle du nom de Marie ne satisfait qu'un sentiment d'esthétique pieuse qui est encore étranger à l’évangéliste.

1. In Luc. hom. vi (P. 1. XXVI, 233). « Non est itaque dubium quin, quae tunc repleta est Spiritu Sancto, propter filium sit repleta. Neque enim mater primum Spiritum sanetum meruit, sed cum Johannes adhuc clausus in utero Spiritum sanctum recepisset, tune et illa post sanctificationem filii repleta est Spiritu sancto. Poteris hoc credere, si simile quid etiam de Salvatore cognoveris. Invenitur beata Maria, sicut in aliquantis exemplaribus reperimus, prophetare. Non enim ignoramus quod sécundum alios codices et haec verba Elizabeth vaticinetur. Spiritu itaque sancto tunc repleta est Maria, quando cœæpit in utero habere Salvatorem. »

Page 1