‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 270 sur 807 · SOC GEN. XXI · texte numérisé non relu

SOC GEN. XXI

>. Cf. Rure, 1v, 17.

6. Dans les inscriptions votives de Carthage, le fils porte assez souvent le nom de son père, très ordinairement celui de son grand-père.

2. J. Werss, 313. B. Werss, E, 286, écarte cette hypothèse en alléguant avec raison le v. 20, qui impose à Zacharie le devoir et la nécessité du silence ; mais il rafionalise également le récit en disant qu'Élisabeth trouve le nom toute seule, pour exprimer sa reconnaissance de la faveur octroyée par Dieu, d'après le v. 25. Ce n'est pas le v. 25, mais le v. 13, qui ést en rapport avec l’'étymologie du nom.

suggestion de l'Esprit divin. La rencontre de : sa déci ù

que va donner Zacharie serail une comédie jouée PR famill par les deux époux, s'il y avait eu entente préalable ; ce n’est pas cet effet que l'auteur a dessein de produire, mais il veut montrer comment la Providence est arrivée à ses fins en inspirant à la femme le nom qui avait été révélé au mari devenu muet.

Les parents surpris ne se tiennent pas pour battus ; ils veulent en référer à Zacharie, et leur obstination sert à préparer l’accomplissement de la dernière prophétie de Gabriel, touchant le terme où Zacharie recouvrera l'usage de la parole. Zacharie est présent à la discussion, et il est censé n'y pouvoir rien entendre, parce qu'il est sourd en même temps que muet; c'est pourquoi on lwi fait comprendre par signes de quoi il s'agit !. S'il n'avait été sourd, on lui aurait demandé son avis de vive voix, ou plutôt il n'aurait pas été nécessaire de le lui demander, et c'est lui-même qui aurait usé de signes pour appuyer l'avis de sa femme. Qu'avaitil besoin d'écrire le nom de Jean, s'il l'avait entendu prononcer autour de lui ? Les commentateurs modernes qui nient la surdité de Zacharie pensent retirer de cette histoire un élément d’invraisemblance ; ils n’en retirent qu'un élément de merveilleux qui y a été mis avec intention, et ils dérangent l'équilibre du récit.

Zacharie, sachant qu'on ne s'accorde pas sur le nom de l'enfant, ignorant que le nom de Jean a été proposé, incapable de signifier ce nom par gestes, demande ce qu'il faut pour écrire ; on lui apporte des tablettes ?, et il y écrit le nom de Jean *. Étonnement de l'assistance devant cet accord que l'on sait n'avoir pu être prémédité

entre les deux époux, sur un nom dont on ne voit pas la raison

d'être. Mais voici bien un autre sujet de surprise. À cet instant

1. V. 62. éviveuov 0 @ raxo! aÿtoù +0 t{ av Oilot xahciolat auto. Pour ne“pas admettre que Zacharie ait été sourd, certains commentateurs imaginent qu'on fait des signes pour ne pas froisser Élisabeth, ou bien par compassion pour le pauvre Zacharie, ou bien parce qu'un signe suffit, étant donné qu'il a entendu

!) ce dont il s'agissait.

2. rivaxidtov En sans doute une de ces tablettes enduites de cire qui étaient dans l’usage ordinaire des anciens.

3. V. 63. £ÿpavey Afywv: ’Todvns Écziv Gvoua aùrod. Le mot Aéymy équivaut à l'hébreu NS et peut se traduire : « en ces termes ». Zacharie est encore muet quand il écrit. La réponse est aussi catégorique que celle d'Élisabeth, v. 60 : oùy!, &XXx xAnÜnsetat ’Lwévns. Dans les deux cas, sous l'affirmation déeidée, on entrevoil une nécessité providentielle.

même, le terme fixé par Gabriel étant arrivé, le sourd-muet est délivré de son infirmité ; la voix lui revient, sa langue se délie ; Le voilà qui parle et dit des louanges à Dieu !. Cette fois la stupeur est au comble, et comme on sent la main du Seigneur en toutes ces choses extraordinaires ?, une religieuse terreur se répand dans tout le voisinage; il n'est bruit dans la contrée que de ces prodiges #. Tout le monde en conçoit un présage de haute portée pour la destinée d’un enfant sur qui, à son entrée dans le monde, la puissance divine se manifeste avec tant d'éclat ‘.

Le Benedictus vient en supplément de ce tableau, comme le Magnificat dans le précédent ; mais tandis que le Magnificat est intercalé dans le récit, le Benedictus est presque en dehors et semble venir après le moment où il a dû être prononcé, comme s'il avait été impossible de le mieux placer. Il a été dit que Zacharie ouvrit la bouche et bénit Dieu ” : ce sont ces louanges inspirées que représente le cantique ; mais la référence, au lieu de prouver que le rédacteur du cantique est le même que celui du récit, est bien plu-

1. V. 64. ave®yÜn Oè 10 otôpa aÿrod rapayojua za f yAGaoa aÿrod, xal ERA evhoy@y tov Üeov. Ss. transpose la fin du v. 63 après le v. 64 : « Et le lien de sa langue se dénoua, et il bénit Dieu, et tous furent étonnés. 65. Et il y eut une crainte sur tous leurs voisins, etc. ». Cf. D, 64. xat rapayptua EA00n ñ y\üooa abtoÿ, xat éfaluacay ravrss" dveGiyfn D 0 orûua aûrod «ai kde «Th. Ce passage prêtait à confusion, mais le texte ordinaire est encore le meilleur ; l’étonnement de l'assistance vient bien après la déclaration du nom, et la stupeur sénérale après la guérison de Zacharie; on est obligé de suppléer, au moins pour le sens, &\60n devant ñ ÿ\Gssa avroù, et l’on peut se demander si les deux propositions parallèles, qui sont séparées dans D : « Sa bouche s'ouvrit », et « sa langue se délia », ne seraient pas variantes l’une de l’autre, le texte primitif ayant contenu seulement l’une des deux; le rapport avec Dan. x, 16 (xai fvotfa to otôua mou xai &lthknoa) inviterait à préférer la première, nonobstant le témoignage rendu par Ss. à la seconde. Ss. peut procéder d’un texte analogue à D, où les deux se trouvaient, et d’où la première aura été éliminée.

2. V. 65. ravra Tà éqjuara cadra s'entend des choses, non seulement des paroles prononcées par les personnages de l’histoire.

3. M. 66. xai £evro mavrec où axobaavtes èv Th zac adrv. Cf. 1 Sam. xxr, 12,

4. vi pa to mardioy roùro ÉoTa; at yap yep xvptou nv et ’aûrod. Le dernier membre de phrase est une réflexion du narrateur; car elle n’a pas de sens satisfaisant dans la bouche des voisins, à moins d’omettre 1v, avec D etSs, : « Car la main du Seigneur est avec lui. » Cette leçon donne une construction plus naturelle et un meilleur sens que la leçon ordinaire.

Page 1