J. Weuss
3. Les « entrailles » 57kty/yv2, siège du sentiment, s'entendent ici, comme l'hébreu 22, au sens de « bienveillance, compassion »; mais Æléous a dù être ajouté devant 6:où pour atténuer l'anthropomorphisme, et parce que srhéyya seul n'exprimerait pas suffisamment l’idée que représente 22m. Cf. Co. m1, 12, s7k&yyva otxttou05. Quand il s’agit de Dieu, LXX traduit 21277 par oixTtouot.
4. NBL (Ss. lisent ërioxéletar, qui est réclamé par le contexte: la leçon commune ëérecxsharo est pour la conformation avec le v. 68, et parce qu'on ne comprenait plus qu’il s'agissait de la parousie.
5. Le verbe Erioxébera: a pour Sujet àyarokr. 27 ÿouc se rattache plus facilement à avarokn qu'à értoxéberar, et l'image n'est pas : « un soleil qui se lève d'en haut » mais « un lever d’astre qui vient du ciel » (cf. xxrv, 49), bien que l’on songe à une aurore, non au lever d'une étoile. Ni l'étoile de Balaam, ni l'étoile des mages ne sont en cause. Outre que le mot àv:70% s'emploie couramment pour désigner le lever du soleil ou lorient, un lever d'étoile n’est pas ce qu’il faut pour éclairer le monde.
6. V. 79. Erioävar soïc y oxûret vai 921& Mavacov zafmuévoux. L'infinitif irioävat marque le but de « la visite »; et de même dans le second membre, +0 xarev- Wovar robe rÜdas u@v sis 600 sionvns, le but de « l'illumination » est indiqué par <0ù xateuÜèver: ce sont les ténèbres qui empêchent de marcher. Le premier membre se réfère implicitement à Is. 1x, 1 (ef. Jos, mi, 5: Ps. cv, 10, 14), dont Mr. 1v, 16, fait application au ministère de Jésus. « Le chemin de la paix » est le chemin qui conduit à la paix, et cette paix n'est pas simplement la tranquillité, mais le salut messianique.
7. B. Weiss, J. Weiss, Holtzmann, Schanz. Maznoxar, Il, 77: « Vocat enim Christum tacite solem. »
LES ÉVANGICES SYNOPTIQUES
nique !, non le Messie lui-même. Un sujet personnel convient. 4 mieux pourtant au verbe « visiter », et rien n'empêche de voir dans cette expression une désignation personnelle du Messie, suggérée par certains passages des Septante ?.
Le Benedictus, abstraction faite de la strophe relative à Jean, est un psaume judéo-chrétien, qui suppose, dans ses premières strophes, la venue du Christ, et qui regarde, dans la dernière, cet avènement comme futur, les deux avènements étant d’ailleurs coordonnés l'un à l’autre dans la perspective, et le premier n'étant que la condition du second, qui est proprement la venue du Messie. L'intrusion de la quatrième strophe ne modifie pas le point de vue primitif, qui reste encore celui de Luc; mais l’évangéliste a pu entendre des Gentils le passage concernant ceux qui sont assis dans les ténèbres; il faut dire même que tous les éléments judéo-chretiens ont dû prendre dans sa pensée un caractère figuratif dont le texte ne nous donne pas la clef.
La notice concernant l'enfance et la jeunesse de Jean-Baptiste est évidemment destinée à rattacher les récits merveilleux de sa naissance aux faits de sa carrière publique. On aura pensé qu'il avait dû rompre de bonne heure avec la société, pour s’adonner au genre de vie extraordinaire que fait connaître la tradition apostolique de l'Évangile 3. Peut-être aussi a-t-on supposé que Jean n'avait pas dû rester longtemps dans son pays natal, parce que ses relations ultérieures avec Jésus montrent qu’il ne l'avait jamais vu avant leur rencontre au bord du Jourdain, lorsque Jean était dans le plein exercice de son ministère;et que Jésus vint se faire baptiser par lui. Les indications ont le caractère vague qui convient à leur nature. ” L'enfant grandit ; son développement intérieur suivit celui de son corps; on ne dit pas au juste depuis quel temps il vécut dans les déserts; ce fut seulement quand il fut devenu grand; les déserts sont ceux de Juda, à l’ouest de la mer Morte. Il y avait des esséniens dans cette région, mais Luc n'a pas songé que Jean aurait pu
1. On renvoie à Mac. ni, 20; Is. zviunr, 8 ; 1x, 1-2; Juc. v, 31.
2. Jér. xxin, 5 ; Zacu. nr, 8; vi, 12. On objecte que l'hébreu a, en ces endroits, le mot "2x « rejeton », dont le sens ne convient pas ici. Mais il ne s’agit pas du sens de l'hébreu. Le lecteur de LXX entendait avarok au sens ordinaire, et voyait dans « orient » un nom du Messie (cf. Is. 1v, 2, LXX). « L'orient d'en haut » est « le Messie de Dieu ». Dazman, I, 183.