REG PE PUS ET
Le RE
(MarrH. 1, 1-17. Luc 11, 23-38)
On ne voit pas que Jésus, au cours de son ministère, se soit
jamais prévalu d’une descendance davidique. Dans le seul passage J P qu passage
des Synoptiques ! où il parle de l'opinion commune touchant l'ori- » $
gine du Messie, il laisse plutôt entendre que cette opinion n'est
pas fondée, et qu’elle est contredite par David lui-même: à cet
égard, l'attitude du Christ johannique ? est la même que celle de
Jésus dans les premiers Évangiles. Mais, pour les Juifs, fils de.
David et Messie étaient des termes synonymes, et ce fut tout un
ps
pour les premiers prédicateurs de l'Évangile d'affirmer que Jésus -
était le Messie, et qu’il descendait de David. Le témoignage de Paul * concorde sur ce point avec les traditions recueillies dans les Actes 1. Mais si, pour les croyants, l’origine davidique était impliquée dans la qualité de Messie, il était nécessaire de prouver, contre ceux qui
contestaient la mission de Jésus, sa qualité de Messie par son ori-
gine davidique. C’est à ce besoin de l’apologétique chrétienne que répondent les généalogies de Matthieu et de Luc.
L'existence de deux généalogies divergentes montre que la tradition n’en a possédé d’abord aucune. La famille du Sauveur n'avait pas de titres authentiques, et les arrière-neveux de Jésus. pour expliquer cette lacune, dirent à Jules Africain que le roi Hérode, voulant dissimuler la bassesse de son origine, avait fait brüler tous les registres généalogiques des Juifs ?. L'obscurité où était tombée l'ancienne famille royale ne permettait pas de dénombrer sûrement les personnes qui en provenaient, et l’humble condition de Jésus créait
1. Mcxu, 35-37 ; Mr. xx01, 41-45; Le. xx, 41-44. 2, Jan. vis, 41-42: van, 13-14: cf. QË. 526, 553. 3. Rom. 1, 3; supr. p. 6.