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saint Paul relativement à l'Église chrétienne !, comme il existe dans l'Apocalypse relativement à l'Église d'Israël; maisil est très conscient, et le passage de l'Église israélite, vierge mère du Christ, à Marie, vierge mère de Jésus, n'a guère pu se faire de lui même : la substitution n’a pas résulté d'un accident : il faudrait au moins admettre comme cause déterminante une autre raison plus profonde qui l'aurait en quelque sorte nécessitée.
L'hypothèse d'un emprunt direct à.la mythologie ne semble pas à discuter ?; mais plus solide est l'explication qui se fonde sur le nom même de Fils de Dieu et sur le sens qu'il devait prendre dans l'esprit des chrétiens de la gentilité, à qui la notion théocratique du Messie ne disait rien de précis ; pour eux, comme pour les Juifs et les judéo-chrétiens, la dignité du Christ résidait dans sa filiation divine, mais ils ne pouvaient entendre cette filiation du rapport vicarial qui unissait le roi messianique au Dieu d'Israël : ils devaient se la figurer comme une filiation réelle, leur formation religieuse antérieure les préparant à cette idée ; leur nouvelle foi monothéiste les empêchait de s'arrèter aux images vulgaires de la mythologie, et d'attribuer à une action directe de Dieu même la conception de Jésus; mais ils avaient l'Esprit, l'agent universel des œuvres divines: et l'Esprit qui, dans la langue et selon les idées juives, n'aurait pu tenir le rôle de générateur. le vocable qui'le désigne étant féminin, pouvait l'exercer dans un autre milieu, ou régnaient d’autres idées, qui s'exprimaient dans un autre langage *. Ce facteur, qui n'exclut pas les précédents, mais qui doit leur être présupposé, serait, au fond, le besoin que la conscience hellénochrétienne, à un certain stage de son développement, aurait éprouvé de se représenter l’origine du Christ conformément à la haute idée que l’on avait de sa mission, et à la singularité du rapport qui l’unissait à Dieu. Les spéculations de Philon sur la génération spirituelle, à propos de la naissance des patriarches #,
INC IT Cor. xr, 2: ÉpPx. v; 22-32; la lettre des chrétiens de Lyon, dans Eusège, Hist. eccl. v, 1, 45.