‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 303 sur 807 · Cf. Scnanz, M · texte numérisé non relu

Cf. Scnanz, M

spécialement au st des étoiles avec la naissance et lan tinée des grands hommes. Suétone ? et Tacite ? racontent, à DrORS

de Vespasien, que, suivant une opinion répandue en Orient, des |

hommes venus de Judée devaient prendre l'empire du monde. Cette opinion avait son origine dans la dispersion des Juifs, qui était la dispersion de l’idée messianique. Mais le récit est fondé sur quelque chose de plus précis que ces croyances.

D'après la tradition chrétienne, les mages n'ignoraient pas les prophéties de Balaam, où il est question d'une étoile qui doit surgir de Jacob ‘. Rien de plus aisé à concevoir, pensait-on, puisque Balaam était de leur pays”. L’oracle de Balaam se rapporte à la victoire de David sur les Moabites ; mais on en avait fait une prophétie messianique 6. Il est très vraisemblable que l’évangéliste et déjà la tradition qu’il représente ont prêté aux mages la connaissance de la prophétie ; voyant se lever un astre nouveau, les mages en ont conclu avec certitude que le « roi des Juifs » était né. On ne trouvait pas la moindre difficulté à cette combinaison, qui ne serait pas facile à concevoir au point de vue de l’histoire réelle. La tradition

n'a vu que la prophétie : une étoile devait être le signe du roi Mes-

sie ;elle se lèverait naturellement à l’est, et comme d'autres oracles annonçaient que le Messie recevrait les hommages de l'Orient, on a mis l'étoile en rapport avec les mages d'Orient, grands astrologues, plus capablee que d’autres d’être frappés par un tel signe. Il serait inutile aujourd’hui de discuter les hypothèses savantes

1. V.2. siûouev yag aûrod z0v àozspa èv tn avazokÿ. Les mages parlent le langage de l'astronomie ; ils ont observé l’astre « au lever »: Matthieu emploie le pluriel (v. 1) pour désigner l'Orient, et il n'y a pas de raison pour que les mages disent qu'ils ont vu son étoile « à l'Orient »; leur discours est, au contraire, tout à fait significatif si la première apparition de l'étoile, objet de l'observation astronomique, coïncide avec la naissance du Christ. Le v. 9 s'entend très bien dans le même sens, les mages n'ayant vu l'étoile que dans ce « lever ».

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