VS
« Et toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des cantons de Juda, de toi sortira celui qui doit dominer sur Israël... 3. [1 vient et paît (le troupeau) avec la force de Iahvé. » Cf. Nowacx, Die kleinen Propheten, 210.
5. zai 00, Bnbheèu oixoc ‘ogdla GAryosrôs et vod eivar Ev yuaidor 'loïda: 2€ où (ëx OÙ) pror éfeheugerar tod eivar sis àpyovta (À, AyoMpEvoE) TOù Ascee Dans Matthieu : aai 59, Bnûkeëu 5 ‘To, oùdapée ÉAœ ot ai êv sois fycuosty ’Tobèa” èx où yag 2Feheusetat HyOUUEVOs, Ootts ROUaVEt TOY Àaôv pou 70v ‘Ioparà. Le nom d° Éphrata est remplacé, pour plus de clarté, par Juda : on nie que Bethléem soit le plus petit canton de Juda, parce qu'il n’est pas le dernier en gloire; les chefs (a/lufé, au lieu de alfé) sont les cantons personnifiés (cf. Gex. xxxvr, 15-19). La fin de la citation imite IT Sam. v, 2: vur, 7: J'ér. xxmi, 2. S. Jérôme (in À. loc.) avait une façon très ingénieuse d'expliquer la liberté de la citation : « Arbitror Matthaeum volentem arguere scribarum et sacerdotum erga divinae Scripturae lectionem
negligentiam, sic etiam posuisse ul ab eis dictum est ». 6. Micu, v, 1-8, semble avoir été écrit après l'exil. Cf. Nowack, op. cit. 241: WEëLLHAUSEN, Die kl. Propheten. | #2.
TD
naïtre à Bethléem; c'est pourquoi Matthieu et Luc racontent que Jésus y est né. Jamais le Christ ne s'est prévalu de cette cireonstance : il en est. à cet égard, de sa naissance à Bethléem comme de son origine davidique. Le quatrième Évangile!, fidèle en ces deux points à l'esprit de Jésus, ne fait pas plus de cas de l’un que de l'autre, bien qu'il connaisse les prophéties, le sens qu'on leur attribue, peut-être même les récits de Matthieu et de Luc. Hérode peut maintenant assigner un but précis aux recherches des mages. On ne voit pas bien pourquoi il les interroge secrètement?, les mages n'ayant rien à lui apprendre qu'ils n’eussent déjà dit ou pu dire à tout venant. Mais le mystère dont le tyran s'enveloppe contribue à l'impression qu'on veut donner de son caractère, et qui est assez conforme à la réalité. Comme s'il avait vraiment peur du Messie, Hérode s’informe de l'époque où l'étoile est apparue, afin de savoir depuis combien de temps le Christ est né. Le récit trahit sur ce point un peu d'incohérence. Il semblait d'abord que les mages fussent arrivés peu après la naissance de Jésus, et lon dirait à présent qu'un temps beaucoup plus long s'est écoulé. Comme la patrie des mages est indéterminée, on peut se figurer la durée de leur voyage plus longue qu'elle n'aurait dû être s'ils étaient censés venir d'Arabie. Le vieux fourbe affecte une singulière dévotion au roi Messie ; il recommande aux mages de s'informer très diligemment et de lui faire savoir le résultat de leurs recherches, dès qu’ils auront trouvé l'enfant, afin qu'il puisse aller lui-même lui rendre ses devoirs. Il ne faut pas demander pourquoi Hérode s'en rapporte à ces étrangers pour des investigations que les gens de sa police auraient pu exécuter. Dans l'esprit du récit, 1l est sous-entendu qu'un miracle est encore nécessaire pour conduire les mages à Jésus, et que- le roi ne devait résoudre le massacre des enfants de Bethléem qu'après avoir constaté l'impossibilité de reconnaître le Christ parmi les enfants de son âge. D'après le récit de Luc, il n'y aurait même pas eu besoin d'’enquête, puisque les bergers et les habitants de Bethléem ont appris, dès la nuit de sa naissance, que Jésus était le Messie promis. Les mages, qui semblent n'avoir vu l'étoile que dans la-nuit où
LOC IN. ve 42: vx, 14: QE: 5926, 553.
2. NV. 7. zose ‘Hpwône Adfpa xaicas =ods pdyouc nxpiBmosy zac’ 20-6v <0Y yp6vov
<OÙ SAVOUEVOU ASTÉOO€.
c'est-à-dire du nord au sud, et s'arrête juste au-dessus de la maison 4 où se trouvait l'enfant. Que Jésus ne soit plus couché dans une.
crèche ni ses parents logés dans une étable, Matthieu n'a pas besoin
de le dire. Joseph et Marie sont chez eux à Bethléem, et Jésus est … né dans la maison où les mages viennent l'adorer. Il est également
sous-entendu que, sans l'étoile, les mages auraient eu beaucoup de
peine à trouver le Christ, parce que les gens de Bethléem ignoraient
que le fils de Marie eût cette qualité, et tout se passera ensuite comme s'ils avaient dû l'ignorer encore aprés la visite des mages.
[l est assez conforme à l'esprit du récit et à la place que l'étoile y
occupe, de supposer queles mages sont arrivés à Bethléem et qu'ils
ont rendu leurs hommages à Jésus pendant la nuit, comme les
bergers de Luc; mais il n'ont pas, comme ceux-ci, divulgué le
motif de leur démarche aux habitants de Bethléem. Ils entrent dans
la maison, trouvent l’enfant avec sa mère, etils adorent Jésus à la façon orientale, en se prosternant devant lui.
Suivant la coutume de ces contrées, qui ne permet pas de visiter un personnage important sans lui faire un cadeau, ils offrent au roi- Messie ce qu'il y a de plus précieux dans leur pays. Mais l’'évangéliste a surtout en pensée les textes où il est parlé de l'or d'Arabie et des parfums de Saba?. La désignation des présents n’a pas d'autre objet ?, et Matthieu n'a rien à dire sur le rapport des mages avec
Jésus que ce trait qui correspond à une prophétie. À peine les a-t-il
amenés devant le Christ qu'il les reconduit dans leur pays. Les mages, hommes simples et droits, ne s'étaient pas aperçus que les instructions d'Hérode cachaient des projets perfides ; ils sont avertis en
1. V. 9. xai idoù 6 àotrp, Ov edoy iv +9 avatoAï, reoïyey aûtovc Ews 21 Doy crétin Endvw où nv To raudtov. Cf. supr. p. 364, n. 1. : - ,
2, 1PSt 1x, 10-15(x12v; 9); TS xx, 0:
3. Mais l’interprélation mystique est fort ancienne et presque universellement acceptée dans la tradition. Cf. Mazponar, 1, 51-52, où l’on explique aussi comment, nonobstant l'or des mages, Marie a pu n'offrir qu'une paire de colombes pour sa purification. Dans le v. 11, les « trésors » sont les cassettes (Prolev. Jac. xx1, àx0 ris rpas. ÉPIPHANE, De fide, 8, fvo£av zàc ripac Eaur@v. Ap. Rescn, Kindheitsev. 152).
songe | de ne point passer par Jérusalem en retournant chez eux, et 1ls prennent un autre chemin. On ne dit pas que l'avertissement leur soit donné par un ange du Seigneur : un mage sait entendre tout ce qu'il v a de révélation dans un songe. et Dieu n’envoie pas ses anges aux paiens.
Bien que cette histoire des mages réalise diverses prédictions, elle n'est pas racontée ici pour elle-même: elle doit expliquer la fuite en Égypte, et, avec la fuite en Égypte. comment il se fait que le Christ, originaire de Bethléem, selon les prophéties, a été pour l'histoire Jésus de Nazareth. Les mages passent ainsi comme une apparition brillante et fugitive, analogue à l'étoile qui les a conduits. Ne cherchons pas à savoir combien de temps ils sont restés a Bethléem, ni si le songe qui leur a prescrit de ne pas rendre de réponse à Hérode est arrivé dans la nuit même où ils ont été en adoration devant « le roi des Juifs ».
Marru. nu, 13. Et quand ils furent partis, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, (lui) disant : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu'à ce que je te dise (de revenir); car Hérode va chercher l'enfant pour le faire périr. » 14. Et s'étant levé, il emmena l'enfant et sa mère pendant la nuit, etil s’en allaen Égypte; 15 el il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s’accomplit ce que le Seiyneur avait annoncé par le prophète qui dit : « J'ai appelé mon fils de
l'Égypte ».
Un historien ne pourrait se reconnaitre au milieu de ces songes et de ces visions. Les mages sont arrivés à Bethléem et n'y sont pas restés longtemps; il a fallu néanmoins qu'ils + aient dormi pour avoir leur songe: et il faut. quand ils sont partis, que Joseph dorme à son tour pour avoir le sien, à moins qu'il ne se soit pas éveillé quand ils sont entrés chez lui *. On ne peut pas dire que les faits soient arrivés en une seule nuit ou en plusieurs : ils arrivent la nuit et dans le vague. Joseph n’a pas simplement un songe révélateur, comme les mages: c'est un ange du Seigneur qui, cette fois encore, lui parle dans un songe. L'ange l’avertit d'emmener incontinent Jésus et Marie en Égypte, pour soustraire l'enfant à la cruauté
1. V. 12. yonuaztsivzec 2a7° Ovag un àyaxaudar zcûc Howôry. 2. Ce qu une exégèse un peu subtile pourrait déduire du v. 11, où Joseph n'est pas nommé.
A. Loisx, — Les Évangiles synopliques. 24
Leéeph a Dont de croire les anges sur parole et | desde Le ponctuellement les ordres du ciel qu'ils lui transmettent.
L'Égypte était le pays étranger le plus rapproché de la Judée : | elle était soumise à la domination romaine, et l'on n'avait rien ày …
craindre d'Hérode ; mais l'évangéliste est préoccupé d'une tout autre idée. Jésus est la vigne d'Israël que Dieu a transportée d'Égypte 8t comme Moïse a échappé à la destruction des enfants hébreux qui se faisait par les ordres de Pharaon *, Jésus échappera au massacre des enfants de Bethléem, ordonné par Hérode; et comme Israël, que Moïse le sauvé a conduit hors d'Égypte, était le fils de Dieu’, le roi d'Israël, vicaire de Dieu, était également son fils’; le
Messie l'est donc aussi, non plus au sens physique signifié par la
conception virginale, mais au sens théocratique, où ce titre est employé dans la source de Luc, et qui est ordinaire dans le premier Évangile ; ce Fils de Dieu doit venir d'Égypte, comme l’ancien Israël: non seulement il convient que cela soit, mais il le faut, car cela est écrit. 4
Le voyage en Égypte doit accomplir une prophétie d'Osée ”. Dans la pensée du prophète, le texte cité ne contient qu'une allusion au passé, à la délivrance des Israélites par le ministère de Moïse : « Quand Israël était jeune, je l'ai pris en aflection, et j'ai appelé mon fils de l'Égypte ». La prophétie est donc fondée sur un rapport d'analogie entre les deux fils de Dieu, Israël et le Christ; ou plutôt l'évangéliste, parce que la tradition affirme déjà de Jésus ce qui est raconté de Moïse et d'Israël par rapport à l'Égypte, applique à Jésus, comme se rapportant directement à lui, ce que le prophète a écrit d'Israël. Le passage est cité d'après l’hébreu, le grec avant le pluriel ?, qui ruinerait la prophétie.