‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 324 sur 807 · D IS · texte numérisé non relu

D IS

un autre contexte, par Matthieu ! et par Luc ?, à propos de Jean- Baptiste : on a pu être tenté de le rapporter après coup au seul endroit de Mare où il est question de prophéties relatives au Précurseur. [l est pris de l’hébreu, tandis que les textes bibliques allégués dans le corps de l'Évangile sont empruntés aux Septante; on ne sait qui il fait parler, ni à qui il fait adresser le discours ; et si l'on retient seulement la citation d’Isaïe, il n’y a plus d’obscurité. Dans ce premier tableau, l’auteur ne semble pas préoccupé du chemin que Jean prépare pour le Christ, mais de celui que les auditeurs du Baptiste sont invités à préparer, c'est-à-dire de la pénitence qu'ils doivent faire. Plusieurs manuscrits ? ont substitué à Isaie « le prophète » : correction voulue pour échapper à une difficulté d’exégèse. Même la citation d’Isaïe est un cas unique dans le second Évangile, où l'auteur n'allègue jamais, pour son propre compte, les paroles de l’Ancien Testament ; elle vient en surcharge et ne se lie pas bien au récit. Il est fort possible qu'elle ait déjà été insérée par un rédacteur dans un livre qui débutait de cette façon toute simple et naturelle : « Commencement de l'Évangile de Jésus- Christ. Jean le Baptiseur était dans le désert », etc. L'embarras des commentateurs résulterait des surcharges introduites successivement dans le texte avant sa fixation définitive.

La citation d'Isaïe ‘ est la même dans les trois évangélistes, si ce n’est que Luc la prolonge ; elle est faite assez librement d’après les Septante. La traduction littérale de l’hébreu serait : « Une voix crie : Préparez dans le désert le chemin de lahvé ; tracez dans la solitude une route pour notre Dieu. » Le désert dont il s’agit est le désert de Syrie. Le chemin qu’il faut préparer est celui que les Juifs, captifs à Babylone, prendront pourregagner leur pays, sous la conduite et la protection de leur Dieu. La voix qui crie est une simple figure de langage et désigne le prophète lui-même. Bien que le retour des exilés soit décrit sous les couleurs les plus brillantes et se confonde dans la perspective prophétique avec l'avènement du règne de justice, l'auteur n'avait en vue ni le Messie ni son Précurseur. Mais la traduction des Septante, où le désert n’est mentionné qu'une fois et se trouve presque nécessairement en rapport avec « la voix qui

NII, 27.

AEF, ete. Le cas n’est pas le même que Mr. 11, 23.

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