‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 329 sur 807 · Mr vir, 19, Cf supr: p. 395, n · texte numérisé non relu

Mr vir, 19, Cf supr: p. 395, n

Ce jeu de questions et de réponses est dans la manière propre de Luc, et comme les paroles qu'il attribue au Baptiste sont dépourvues de toute originalité, on a pu se demander si ce petit tableau n'avait pas été conçu tout entier par lui!, pour donner plus de corps à l’enseignement de Jean.

Le premier conseil, donné à la foule, se rencontre sous différentes formes dans le Nouveau Testament ; il est bien en rapport avec l'idéal égalitaire de Luc. Que celui qui a deux tuniques ?, deux habits de dessous, en donne un à celui qui n'en a pas; que celui qui a deux fois plus d’aliments qu'il n’en peut consommer actuellement en donne la moitié à celui qui n’a rien manger.

Le second conseil est adressé aux publicains, c'est-à-dire aux commis indigènes préposés au recouvrement des taxes sur les objets de consommation, droits de transit et autres semblables. Outre que le système de perception donnait lieu à beaucoup d’abus, l'impôt payé à un souverain étranger et païen était odieux aux Juifs pieux et patriotes. C'est pourquoi l'état de publicain était aussi décrié que le métier de prostituée. L'évangéliste, qui prête à Jean les principes de justice et de charité que Jésus a enseignés, a voulu aussi le montrer dans la même attitude que le Sauveur à l'égard des publicains. Jean ne réprouve ni leur profession, ni l'impôt; il leur prescrit seulement de ne rien exiger en plus de ce qui est fixé par l'autorité compétente.

Il est plus diflicile de voir pourquoi Luc tient à parler des soldats. En s’autorisant de la vraisemblance historique, on a conjecturé que les soldats venus pour consulter Jean-Baptiste étaient des soldats palestiniens, appartenant à l’armée d’Antipas”. Mais Luc a pu vouloir mettre en scène des soldats païens et romains, non seulement comme une catégorie de personnes dont la moralité valait celle des publicains, mais pour témoigner des relations bienveillantes qui avaient existé entre Jean et les représentants de la puissance romaine. Jean deviendrait le précurseur de Jésus par l'esprit de charité égalitaire, la mansuétude envers les pécheurs et le respect des pouvoirs établis. Si le dernier rapprochement paraît peu solide, on remarquera qu'il s'agit seulement d'une intention de l'évangéliste,

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