‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 330 sur 807 · HoLrzMANN · texte numérisé non relu

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et que celui-ci ne pouvait pas amener Pilate dans le n Jean. Quoi qu'il en soit, le Baptiste donne à ces soldats des : de justice et d'humanité : ils ne doivent pas vexer les populati ns, mais se contenter des rations de vivres et de la solde qui leur sont. assignées par l'État qu'ils servent.

Nonobstant les détails fournis par Matthieu et par Luc sur la prédication générale du Baptiste, il est clair que les trois évangélistes ont hâte d'arriver à sa rencontre avec Jésus. Ils vont préparer ceile rencontre en reproduisant la définition que le Précurseur lui-

même à donnée de son rôle.

Marc, 1, 7. Etil préchait, disant: « Le plus fort que moi vient derrière moi, (lui) dont je ne suis pas digne de dénouer, en me baissant, le cordon de souliers ; 8.

ai baptisés d'eau, mais

moi, Je vous

lui vous baptiserad'Esprit saint. »

Marru. ur, 11. « Moi,

Je vous baptise dans

l'eau, pour la pénitence; mais celui qui derrière moi est plus forl que moi, je ne suis

vient

pas digne de porter ses lui vous bapl'Esprit

saint et le feu. »

souliers :

üsera dans

Buc, 15. Comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en leurs

cœurs, au sujet de Jean,

si lui-même ne serait pas le Christ, 16. Jean prit la parole, disant à tous : « Moi je vous baptise d'eau; mais le plus fortque moi vient,

dont je ne suis pas digne de dénouer le le cordon de souliers ; lui vous baptisera dans l'Esprit saint et le feu. »

Mare n'a voulu connaître de la prédication de Jean que ce qui se rapporte directement à la venue du Christ. Les deux idées, celle du jugement de Dieu et celle de l'avènement du Messie, étaient corrélatives. Annonçant l’un, Jean pouvait parler de l'autre. Il aurait pu néanmoins prêcher la pénitence en vue du jugement prochain, et se donner lui-même, en quelque façon, comme le précurseur de Dieu, selon le sens original du texte de Malachie où l’on a trouvé la prédiction de son rôle, en n'insistant pas sur le rôle du Messie ; mais, au moins dans la pensée des évangélistes, le discours qui lui est attribué à pour objet le Christ, auquel Jean se subordonnerait, en termes exprès, sans pourtant le connaître. Croyant à l’imminence du grand jugement, il croit que le Christ va paraître, mais sans savoir encore qui est le Christ. Il n'a donc pas en vue Jésus quand

il dit : « Le plus fort que moi vient après moi ! ». Il déclare n'être vis-à-vis de l'envoyé divin qu'un esclave à peine digne de lui rendre le plus humble office : délier la courroie de ses sandales.

Le jugement étant proche, le Messie est aussi prêt à venir : il arrive sur les pas de son précurseur. La différence essentielle qui existe entre les deux est que Jean à baptisé avec de l'eau, appliquant un rite inefficace par lui-même et purement symbolique, et que le Messie baptisera avec de l'Esprit saint, régénérant les hommes par la vertu de Dieu *. Que le baptême par l'Esprit divin donne accès au royaume de Dieu, c'est une idée qui n'est pas plus conforme aux croyances communes du judaïsme que la négation du privilège attaché à la descendance d'Abraham. Mais, tout en admettant l'originalité de l'enseignement donné par le Baptiste, il ne faut pas oublier que la tradition chrétienne en a retenu seulement ce qui lui convenait, et qu'elle a interprété à sa façon, on peut dire d'après ellemême, ce qu'il lui a plu de garder. On verra plus loin que les souvenirs concernant les relations de Jésus avec Jean n'étaient pas très précis. Ce que la tradition apostolique a connu de la prédication du Baptiste a dû lui venir par des gens qui avaient entendu celui-ci, et qui s'étaient attachés plus tard à la foi du Christ. Leur conversion même leur faisait apprécier d’un point de vue tout nouveau ce que le Précurseur avait dit, et la façon dont on conçut bientôt le rapport providentiel de la mission du Baptiste avec celle du Sauveur n'a pu manquer d'influencer encore plus la tradition des paroles attribuées à Jean.

En Matthieu, ce discours du Précurseur est amené sans transition *, après l’apostrophe aux pharisiens et aux sadducéens, bien quil s'adresse évidemment à la masse des auditeurs, sans distinction d'opinions ou de sectes. Mais les pharisiens et les sadducéens représentent le judaïsme. Ce doit ètre avec intention que l'évangé-

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