‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 336 sur 807 · Cf Mr: x · texte numérisé non relu

Cf Mr: x

conscience irréprochable, elle paraît moins facilement com avec la conscience certaine de la vocation messianique, et T

assez clairement que la tradition a rattaché d’abord au baptême la révélation définitive de cette vocation. Mais, pour les évangélistes

qui ont raconté la conception virginale, et la communication de l'Esprit divin à Jésus dès le premier instant de son existence, la descente de l'Esprit à l’occasion du baptême n'a plus le même sens que pour Marc et pour la tradition apostolique ; la conscience de la filiation divine ne peut être retardée jusqu'au baptême, puisque cette filiation est pleinement acquise dès le commencement.

C'est pourquoi Matthieu s’est cru obligé de répondre à une objection : Jésus, étant et se sachant infiniment plus grand que Jean, n'aurait pas dû être baptisé par lui, et le fait est cependant qu'il l’a été. L'évangéliste met l’objection dans la bouche du Précurseur, et il met dans celle de Jésus la réponse qui explique le fait. Jean s'excuse, lui pécheur, de baptiser celui qui est sans péché, ou plutôt encore, lui Précurseur, de baptiser le Christ !. Il aurait besoin de recevoir du Christ le vrai baptème, au lieu de lui donner un baptème superflu. Jésus reconnaît la valeur de cette excuse et de la raison alléguée par Jean : mais il n'en déclare pas moins que le baptême de Jean est une chose juste, conforme à la volonté de Dieu, et que lui-même doit s'y soumettre actuellement ?. La démarche du Sauveur est donc une sorte d'accommodation voulue par la Providence, pour l'édification de tous. Il n'est pas précisément question du baptême comme d'une œuvre sainte que Dieu prescrirait à tout Israël, ce qui créerait pour Jésus l'obligation de le demander, pour Jean celle de le lui accorder #. On n'attribue pas au baptême de Jean cette nécessité absolue et universelle; et pour ce qui regarde Jésus en particulier, on n'admet qu'une obligation de convenance morale, dans les circonstances du moment.

On peut croire que ce n'est pas le rédacteur qui s'est fait le premier l'objection, et qui a trouvé la réponse: l'une et l’autre lui ont été fournies par la tradition orale. D'assez bonne heure on a dû se

1. V. 1%. éyo yostlav Eye 0x0 o0ù Barziobivat, za où Epyn eds Le.

2. V. 15. äocss àçzt (on dirait que l'évangéliste met ce « maintenant « tout exprès pour annuler la signification ultérieure du baptème de Jean) * otre y2g RpEroY éctiy QUiv rAnçüoa räsay D:xa10GUVNV.

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