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3. La contradiction de Jx. 1, 11, 22-36, fondée sur des motifs d'ordre polémique el didactique, est plus apparente que réelle. L'auteur du quatrième Évangile a soin de ne rapporter aucune conversation du Christ avec le Précurseur.
à lui; ils ont pris, dans la tradition, la forme d'un tableau symbo-
lique où les préliminaires de l'Evangile sont représentés d'après la
conception générale qu'on se faisait du ministère de Jésus.
Marru. 1v, 2. El ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim. 3. Et le tentaleur, s'approchant, lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. » 4. Et lui, répondant, dit : « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de
Luc, 1v, 2. Et il ne mangea rien durant ces Jours: et quand ils furent écoulés, il eut faim. 3. Et le diable lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, dis à celte pierre qu'elle devienne pain. » 4. Et Jésus lui répondit : « Ce n'est pas seulement de pain que vit l'homme. »
toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Matthieu ne se borne pas à dire que Jésus resta au désert pendant quarante jours, il dit que le Sauveur y jeüna pendant quarante jours et quarante nuits. La mention des jours à côté des nuits paraît impliquer un jeûne absolu, comme a été celui de Moïse !. Luc n'enchérit donc pas sur Matthieu, mais il ne fait qu'interpréter la donnée de la source, en disant que Jésus ne mangea rien durant ce temps. Comme il a dit, d'après Marc, que Jésus avait été tenté pendant quarante jours, il s'abstient de répéter le chiffre en prenant l’autre source, et, conformément à celle-ci, il va placer les trois tentations spéciales au bout des quarante jours. Il n'est pas dit positivement que ces trois tentations aient eu lieu le même jour, et leur rapport chronologique n'est pas autrement déterminé. Elles sont placées au terme des quarante jours pour la commodité du récit, et parce que la longue abstinence de Jésus donne occasion à la première ; le resserrement de la perspective, où les attaques du tentateur s'enchainent dans un temps très court, donne plus de relief à la victoire du Christ sur son ennemi. Cet ennemi n'est pas un démon quelconque, mais le chef des démons, qui intervient en personne pour séduire le Fils de Dieu. :
Après son jeüne de quarante jours, Jésus a faim, et le démon lui parle pour l'inciter à fire une chose qui nest pas selon la volonté de Dieu. Matthieu dit qu'il s'approche ?, et si Luc ne fait
LICE G;Ta. 1e 2. V.3. zat rooseAe» 6 zaodtwv (cf. 1 Tness. 1, 5) sirev ar. Luc, 3. sizsv 0: adz®) 9 dL460h0c.
A. Lois. — Les Évangiles synoptiques. 27
pas cette remarque, les deux évangélistes n'en ont pas n d'une manifestation sensible du démon, et d’une conversation rée entre Jésus et lui. Une analyse psychologique n'est pas à d'une tradition populaire comme est celle des Évangiles, et Jésus lui-même, parlant des difficultés morales qui sont ici désignées sous le nom de tentations, n'aurait pas hésité à les attribuer à Satan. Le tentateur dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains !. » Il va de soi que le démon parle E conformément à la théologie des évangélistes, et que le titre de Fils À de Dieu veut dire Messie : Satan n'a pas laissé perdre la parole que le Père céleste a dite à Jésus baptisé ; l'emploi des mots « Fils de os. Dieu » rattache la tentation au baptême. Le démon ne doute aucunement que Jésus soit le Fils de Dieu, et il se propose tout simplement d'engager ce Fils de Dieu à un acte qui est contraire à la loi de sa vocation. Pourquoi le Fils de Dieu ne ferait-il pas appel pour son besoin à la puissance divine ? Faut-il que le Messie soit plus au dépour vu qu'un mendiant ? LE
Cette idée n'a pas dù se présenter qu'une fois à l'esprit de Jet ÿ elle résume le contraste qui existait entre la hauteur de sa vocation *s et la pauvreté, l'humble appareil de son existence. Elle pouvait nn conduire ou bien au doute sur sa vocation même, ou bien à des préoccupations d'ordre matériel, à des prétentions et des entre- ne prises intéressées, dénuées de valeur morale *. Jésus fait, dans le
cas présent, une réponse qui vaut pour tous les cas semblables.
Il dit, en citant le Deutéronome * : » Ce n'esl pas seulement de pain que vit l'homme * »: et il ajoute dans Matthieu : « mais de
-de toute parole qui sort de la bouche de Dieu *. » Dans l'original, il est question de la manne, mais le sens primitif du texte ne fait pas loi pour la citation. Celle-ci, dans Luc, suppose qu'il y a pour l'homme une autre nourriture que le pain: il n'est pas évident néanmoins qu'il s'agisse de nourriture spirituelle. Dans Mat-
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