Et Jésus, répondant, lui dit
« Ilest dit : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. »
Après la première passe d'armes, où 1l a eu le dessus, Jésus est emmené par le démon sur le faîte du temple *. Si l’on prend le
3. ènt to rzcodytoy Toù tecod dans Mr. 5, et Lc. 9. L'indication vient donc de la source; mais il est probablement superflu de vouloir déterminer l'endroit (ef. Horrzmaxx, 199); ce que dit Hégésippe (dans Eusèse, Hist. eccl. ; 1, 23, 12), à propos de Jacques, que l’on mit éxi +0 zregbytoy où vacÿ, paraît dépendre, quant à l'expression, du récit évangélique.
3 bee‘ récit à la lettre, Jésus, d'après Matthieu, aura été trans les airs par le diable; ou bien, d'après Luc, il aura fait le voyag
de Jérusalem en marchant avec le démon ?. Les deux conceptions, nonobstant la forme concrète qu'elles affectent, sont [visiblement en dehors de la réalité. C'est l'idée qui est à considérer. Le Fils de Dieu ne peut-il à son gré se faire valoir par un prodige éclatant, se … précipiter du haut du temple, en présence de la foule, afin que,
Dieu le protégeant nécessairement par ses anges, et le préservant
de la moindre blessure, il apparaisse aux yeux de tous comme le
messager du ciel? Et Jésus répond que le Messie n'a pas le droit de faire servir la puissance divine à ses caprices. Dieu seul choisit les occasions de la manifester, il ne faut pas les lui imposer.
Combien de fois n'a-t-on pas invité Jésus à faire ce que lui pro= pose Satan, à donner des signes de sa mission divine ! On lui en demandait encore par dérision au pied de la croix. Jésus est done =
censé, dès le désert, avoir été mis en face des conceptions vulgaires sur le rôle du Messie ; il a compris qu'on lui demanderait des miracles inutiles, moins pour croire et se convertir que pour être émerveillé ; il s'est d'avance interdit de flatter un tel penchant et de chercher sa propre gloire, il s'est défendu de tenter Dieu. Le diable dit à Jésus de se précipiter du haut du temple, et il cite | comme garantie de la protection divine à l'égard du Christ un « passage du psaume XCI*, d’après les Septante, où Dieu promet | son secours au juste. La repartie de Jésus est encore empruntée
au Deutéronome #. Cette joute à coups de textes bibliques donne au récit un cachet tout particulier d'argumentation théologique et A “rabbinique, dont il n'y à pas d'exemple aussi bien ordonné dans le
reste de l'Evangile. Mais si la tradition a élaboré la mise en seène et l'équilibre des répliques, on doit reconnaître qu'elle a fidèlement interprété les sentiments de Jésus.
Marru., 1v, 8. Le diable l'em- Luc, 1v, 5. Et l'ayant conduit en mena encore sur une montagne haut, il lui montra tous les royaumes très haute, il lui montra tous les du monde en un seul instant; 6. et royaumes du monde et leur gloire, le diable lui dit : « Je te donnerai
1. V.). 07e racoahaufaver adtoy 6 ÔtaBodoc els TV &yiav 70. D D î > > 0
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2. V. 9. fyaysy Oè adrov els ‘Iecouoaatu. Cf. v. 1. fyeto àv <@ rveduaze x5À.
3. V. 11-12. La citation est plus exacte dans Luc. Pour l'idée du vol dans les airs, comparer la légende de Simon le Magicien (WELLHAUSEN, M4. 10).
4. vi, 16. ox ixretodaec xüo10Y T0v fedv sou. L'hébreu a le pluriel.