Et Jésus leur dit
« Venez à ma suile, et je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes. »
18. Et aussitôt, laissant les filets, ils le suivirent. 19. Et s'étant avancé un peu plus loin, il vit Jacques de Zébédée. et Jean son frère, qui étaient aussi dans la barque, raccommodant les filets, 20. el aussitôt il les appela:
et laissant leur père Zébédée dans la barque avec les mercenaires, ils s'en allèrent à sa suite.
© Marrs. 19, 18. Et en marchant le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon dit Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet à la mer, car ils étaient pêcheurs. 19.
it 1l leur dit : « Venez à ma suile, et je vous ferai pècheurs d’hommes. » 20. Et eux aussitôt, laissant les filets, le suivirent. 21. Et s'éloignant de là, il vit deux autres frères, Jacques de Zébédée, el Jean son frère, dans la barque, avec Zébédée leur père, raccommodant leurs filets, et il les appela; 22. et eux aussitôt, laissant la baret leur père, le suivirent.
EC
Luc, v,'L.
pendant que la foul pressail vers lui et écoutait la parole de Dieu, qu'ilse tenait lui-même au bord du lac de Gennésareth, 2. et qu'il vit deux barques arrêtées au bord du lac; et les pécheurs, en étant descendus, lavaient Îles filets: 3. et montant dans l’une des barques, qui était à Simon, il le pria de s'éloigner un peu de la terre ; et s'étant assis dans la barque, il instruisait la foule. 4. Et quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et lancez vos filets pour la pêche. » 5. Et répondant, Simon dit :
« Maitre, en peinant
toute la nuit, nous n'avons rien pris; mais, sur ta parole, je lancerai le filet. » 6. Et l'ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons, el leur filet se rompait ; 7. et ils firent signe aux compagnons qui élaient dans l’autre barque, de venir à leur aide, et ils vinrent ; et ils remplirent
les deux barques, au point qu'elles sombraient. 8. Ce que voyant, Simon-
Pierre tomba aux genoux de Jésus, disant : « Éloigne-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur, Seigneur! » 9. Car la stupeur l'avait saisi, ainsi que tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite ; 10. et pareillement Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon. Et Jésus dit à Simon : « N'aie pas peur; désormais {u seras preneur d'hommes. » 11. El ayant ramené les barques
à terre, laissant tout, ils le suivirent.
D'après Marc et Matthieu, Jésus a songé d'abord à s'attacher un certain nombre de disciples. Sans doute il se proposait alors de former‘une société telle qu'il convenait au royaume de Dieu, plutôt que de se donner à lui-même des auxiliaires pour la prédication de
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la bonne nouvelle, et d'élargir par là son action sur les masses. C'est plus tard seulement qu'il choisira parmi ses adhérents un groupe de prédicateurs spécialement chargés de le seconder. Les deux intentions néanmoins se complètent l'une l'autre, et si la seconde n'a pas été immédiatement réalisée, c'est qu'elle ne pouvait pas l'être avant que les futurs apôtres fussent préparés à leur ministère. Jésus souhaitait faire de chaque prosélyte un missionnaire de l'Évangile: mais le succès de ce vœu dépendait du nombre et de la solidité des conversions. La tradition savait que deux couples de frères s'étaient joints à lui dès le commencement, et l'on racontait leur vocation comme une sorte de miracle.
Dans Marc et dans Matthieu, le récit parait s'inspirer de ce qui est dit, au livre des Rois, touchant l'appel d'Élisée !. Dans Luc, la vocation elle-même est moins extraordinaire que le prodige qui la précède et qui en est l'occasion. Les quatre appelés étaient des pêcheurs. La population avoisinant le lac de Tibériade était composée de pêcheurs et de laboureurs : c'est dans ces deux classes que Jésus a recruté la plupart de ses fidèles. Bien que la critique moderne ait souvent jugé incroyable le récit évangélique, et supposé qu'il y avait eu des rencontres préliminaires entre Jésus et ceux qui devinrent ses disciples, il n'y a pas lieu sans doute, en ce qui concerne le récit de Marc, d'admettre autre chose qu'une influence de l'histoire d'Élisée sur la rédaction. Ce serait méconnaître l'état d'esprit des pêcheurs galiléens, et le genre d'action exercé par Jésus, que de croire indispensable à ces conversions beaucoup de discours et de raisonnements. Il est à croire que la parole : « Suivez-moi », n'a pas été dite sans autre préambule, et qu'elle a été la conclusion d'un entretien; mais il n'est pas nécessaire que cet entretien ait été long, et il n’est pas invraisemblable qu'il ait été le premier. La pensée du royaume céleste n'était pas nouvelle pour ces Israélites ; l'apparition d'un prédicateur inspiré n'avait rien de déconcertant pour eux: Jésus put les gagner en quelques instants par le charme et l'autorité de sa parole. Faut-il ajouter que, s'ils quittaient tout, ils n'abandonnaïent presque rien: que leur adieu aux barques et aux filets était moins absolu que les évangélistes ne