I Rois, xix
paraissent le dire, et que c'est leur en ultérieure qui a de le présenter ici comme définitif ! | Selon Marc, Jésus, arrivant du os et commençant à précher à ? l'Évangile en Galilée, longeait la rive occidentale du lae de Tibériade ?, en remontant vers le nord, au-dessous de Capharnaüm. Il vit deux pêcheurs qui jetaient le filet dans la mer : c'étaient deux frères appelés Simon et André. Il les invite à le suivre, promettant de faire d'eux plus tard des pêcheurs d'hommes. Jésus dit en effet : « Je vous ferai devenir pêcheurs d'hommes * ». C'est que, dans la pensée de l’évangéliste, pour changer les appelés en apôtres, il faudra encore une désignation spéciale qui sera mentionnée plus loin. Cette nuance, qui correspond d’ailleurs aux faits ultérieurement accomplis, bien plutôt qu'à un souvenir direct, disparait [avec d'autres dans la relation de Matthieu. Là, Jésus, qui est [déjà censé habiter Capharnaüm, vient se promener près du lac et rencontre ceux qui vont devenir ses disciples. Tandis que Marc donne seulement au premier des appelés le nom de Simon, parce qu'il se réserve de signaler plus loin, en racontant le choix des apôtres, le surnom de Pierre qui lui a été attribué, Matthieu, sans tenir compte du moment précis où le surnom a été donné, dit dès l'abord : « Simon, appelé Pierre ‘ ». D'après lui, Jésus dit : « Je vous ferai pêcheurs d'hommes * », comme si les appelés devenaient tout de suite apôtres; et il s'abstiendra, en effet, de décrire l'élection des Douze: il se contentera d'en donner la liste 5. On ne nomme pas le père de Simon et d'André, probablement parce qu'il était mort. Les deux autres frères que Jésus trouve, en avançant un peu le long du bord, étaient Jacques et Jean, fils de Zébédée. Ceux-ci étaient dans une barque avec Zébédée leur père, occupés non à pècher, mais à mettre leurs filets en bon état, ou à les raccom-
{. On a voulu voir dans Jx. 1, 35-42, un appel préliminaire ; mais cet appel est censé définitif dans le quatrième Évangile, et n'est qu'une transposition de Mc. 1, 16-28. Cf. QÉ. 245-247.
2. V.16. xat rapdywy raçà thv Oahacsav tis l'ahthaius eldev Diumva 5h. La var. rseiraty (Al etc.) vient de Mr. 18. Dans Mr. Ss. lit simplement : « Comme il élait près de la mer, il vit », etc.
: V. 17. deôte Oriow you, zx: rouow bus yevéoar &csis avprszmv.
. V. 18. Eiuova zov Acyousvoy [Iéroov.
. V. 49. zoo bue ahests av0onirrov.
A CAPHARNAUM 439
moder !. Jésus les appelle aussitôt, comme les précédents, et eux aussi le suivent sans hésitation. Marc a soin de noter que les fils de Zébédée laissèrent celui-ci dans la barque avec les mercenaires ? ; ils ne l'ont done pas abandonné sans secours ; Zébédée, qui prenait des hommes à gages, devait être un patron de pêche qui jouissait d'une certaine aisance. Matthieu laisse tomber ce détail ; il dit simplement que les fils de Zébédée laissèrent leur père et la barque pour suivre Jésus. Le langage des évangélistes ne peut s'entendre d'une démarche transitoire, comme si les quatre pêcheurs avaient simplement accompagné ce jour-là Jésus à Capbarnaüm. On veut dire et on dit * qu'ils ont renoncé dans l'instant même, à leur métier de pêcheurs, pour s'attacher définitivement à Jésus en qualité de disciples. La parole sur les « pêcheurs d'hommes » ne permet pas d'entendre le mot « suivre » dans sa signification vulgaire.
Après avoir conduit le Sauveur à Nazareth, Luc l'amène à Capharnaüm et raconte divers miracles opérés dans cette ville, mais que Marc rapporte après la vocation des disciples; puis il introduit le récit de la pêche miraculeuse. L'ordre suivi dans le second Évangile est primitif et meilleur. Jésus n’a pu s'installer à Capharnaüm, dans la maison de Simon, qu'après ayoir gagné celuici à l'Évangile. Il y a ici encore une transposition qui est condamnée par le développement logique de l’histoire ; elle résulte de celle qui a été faite précédemment, parce que le narrateur, ayant conduit Jésus à Nazareth, et de Nazareth à Capharnaüm, raconte les miracles que le Sauveur a faits dans cette ville, selon la relation de Mare, avant de l'amener au bord du lac pour la vocation des disciples. L'épisode de Nazareth figure l’insuccès de l'Évangile chez les Juifs, et celui de la vocation des disciples, avec la pêche [miraculeuse, le succès de l'Évangile chez les Gentils. Dans le dernier récit. 1l est encore assez facile de reconnaïtre deux éléments distincts que le travail rédactionnel ne parvient pas à fondre complètement ensemble : la tradition de Marc sur la vocation des quatre premiers disciples, les deux couples de frères pêcheurs, et une tradition relative à une pêche miraculeuse, où Simon Pierre tenait,
Mo. 19: zaraprioytas ra dixrua (Mr. 21) adr@v.
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Avec WELLHAUSEN, Me. 9.
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ces deux faits de transposition et de combinaison: elle ne réussit | les voiler ni l'un ni l’autre. ch
Pour former son cadre, Luc anticipe la description que fait Mare 1
pour situer le discours des paraboles. Ayant raconté déjà plusieurs miracles qui ont été opérés à Capharnaüm et qui ont provoqué l'enthousiasme de la population, il peut sans invraisemblance montrer la foule accourant sur les pas de Jésus et le recevant au bord du lac ? : la presse va obliger le Sauveur à monter dans une barque, pour prêcher de là sans être gêné par l’attroupement des auditeurs. Après quoi, l’'évangéliste résume les données de Mare sur la rencontre de Jésus avec les deux couples de frères. Il y avait deux barques sur le bord: au lieu de montrer le personnel de l’une occupé à pêcher, et celui de l’autre à raccommoder l'outillage, Lue représente tous les pêcheurs en train de laver leurs filets, et tout à l'heure il les fera pêcher tous ensemble. Pour couper au plus court, 1l ne nomme pas tout de suite les propriétaires des barques, et il se borne à dire que Jésus monta dans l’une, en ajoutant, pour préparer le récit de la pêche miraculeuse, que cette barque était à Simon. On apprendra seulement à la fin que l’autre barque était celle des fils de Zébédée; par la maladresse de cette combinaison, le frère de Pierre, André, disparaît complètement. Puis Luc revient à l’introduction du discours des paraboles dans Marc : Jésus monte dans la barque de Simon, le prie de s’éloigner un peu du bord, et, assis dans la barque, il instruit la foule. Comme il s’agit d'amener la pêche miraculeuse, qui figure la prédication chrétienne, on s'abstient de dire en quoi consiste le discours, et l'on arrive tout de suite à la conclusion. Jésus, ayant fini de parler, commande à Pierre d'avancer au large et de pêcher *. L'ordre de Jésus appartient encore à la transition artificielle ménagée par le rédacteur et au symbolisme qu'il voit dans le récit. Au point de vue de l’histoire, cette invitation serait difficilement explicable, car elle supposerait
1. 1v, 1,35. C'est pourquoi on ne retrouvera pas ce cadre dans Le. vur, #, 22.
2. Cette introduction est tout à fait dans le style de l'évangéliste (axousiv ôv Xéyoy +05 0eoë). Luc dit : « le lac (Afuyny) de Gennésaret », pour que ses lecteurs ne soient pas trompés par le nom de « mer », qu'emploie Marc.
3. V. 4. Enavayays sic 70 Bdos, xai yahdoute à dixrua duov ei aypav. CF. IN. Xx1, 6.
ge ne het e di), SR
Le Pat sé
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