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obéir ; d'un ton menaçant, 1l ordonne au démon de se taire, puisque c'est lui qui est censé parler dans l’homme, et de laisser sa victime !. L'homme est saisi d'une convulsion violente et s'agite avec des cris affreux *; Luc va jusqu’à dire que l’homme est jeté à terre * : c'est le démon furieux qui le tourmente avant de le quitter. Puis l’homme redevient calme et de bon sens ; Luc observe que sa chute ne lui a fait aucun mal ; le démon est parti.
Grand émoi de l'assistance, qui admire maintenant les deux choses extraordinaires dont elle a été témoin : un enseignement d’une puissance et d'une autorité inouïes, et ce pouvoir absolu sur les mauvais esprits *. Luc confond en une seule cette double impression, et, la rapportant au miracle, présente seulement comme objet d’admiration finale l'autorité avec laquelle Jésus se fait écouter des démons ? ; il fait ainsi disparaître l'espèce de superposition et d’incohérence qui est sensible dans la rédaction de Marc. A la suite de cette affaire, la renommée de Jésus se répand dans cette région de la Galilée, aux alentours de Capharnaüm f. Selon Marc, cette histoire prouve la messianité de Jésus par l'autorité incontestable de sa parole et par le témoignage exprès du démon.
1. V. 25. xai érectunoev avr® 0 ’Inooës (AéYwv manque dans NA, et parait avoir été ajouté d’après Luc, ou pour plus de clarté) : œuuuünrt xx ÉEsAde 8€ adro.
2. V.26. za orapdtav aÿzôv to rvedua 0 axélaptov rai owvñoay puvr ueydan 2E Aer 2E avtoù.
3. V. 35. zai Éibay adtov to dœudvrov eiç TO méoov ETAÜey x adroù, undèv Eidbav airov. Luc grossitle miracle en compensantla transposition des cris (p. #49, n. 3).
k. N, 27. si éotuv todro; Otdayn avr 2ar’ SEouoiay ‘ al rois rveüuaot roïc araldezote émiréooet xt. La lecon du texte recu : tis ñ ddayh n xauvi) aÜrn O7: ar’ Fou siav xtX. a été influencée par Luc. Marc se référant au v. 22, il vaut mieux, conformément à la distribution naturelle du texte, rattacher xat’ EEovoiav à ce qui précède qu'à ce qui suit, la nouveauté de l’enseignement consistant surtout dans l’éfouoix qui y parait (B. Weiss, Æ. 175). Ss. D, plusieurs mss. lat. omettent tt £otty roùro.
5. V. 35. tés 6 Adyos odtos ütt èv éEouaix xai Ouvauer ériracoet th. Luce substitue le Adyos à la dayr de Marc ; mais le Adyos n'est pas l’enseignement de Jésus ; c'est la chose qui vient de se passer (cf. supr. p. 448, n. 4). Il est arbitraire d'entendre par À0yos l’ordre donné par Jésus, à l'exclusion du fait (B. Wauss, Æ. 306). Les Capharnaïtes ne s'émerveillent pas de l'ordre comme tel, mais de ce que Jésus le donne efficacement.
6. Mo. 38. sic OAnv ty zcpiywooy ts l'althatac, non aux alentours de la Galilée, mais aux alentours galiléens de Capharnaüm. Le. 37, évite l’équivoque en écrivant simplement : etc révra rÜnov tie KEPL/ HEOU.
Les phénomènes morbides qui accompagnent toujours la sion diabolique ne s’en distinguent pas dans la pensée. des. évan-
gélistes. Les possédés sont des malades. Cependant tous les —
malades ne sont pas des possédés au sens ordinaire et complet du mot. Le caractère pathologique de la possession consiste dans l’éclipse totale ou partielle, continue ou intermittente, de la personnalité ; c'est une forme particulière d’aliénation ou de débilité mentales, où le sentiment de l'individualité propre se trouve étouffé ou gêné par l’idée fixe d'une individualité étrangère et malfaisante qui se substitue ou se surajoute à celle du sujet. Non seulement la folie, mais les maladies nerveuses en général, notamment l'épilepsie, étaient considérées comme des cas de possession diabolique. La multiplication de ces maladies au temps de Jésus est attestée par la place que les guérisons de possédés tiennent dans l’histoire évangélique, et par le fait qu'il existait alors chez les Juifs des exorcistes qui s’employaient à chasser les démons.
Cette idée de la possession et la profession d’exorciste se rattachent plus ou moins directement aux plus vieilles croyances de l'humanité. Dans la conception des peuples primitifs, toute maladie était l’œuvre d'un génie malfaisant. La médecine a été d’abord une magie où les incantations remplaçaient les remèdes, ou s'y associaient, pour chasser en même temps le démon et la maladie. Il est probable que le grand développement de l’angélologie et de la démonologie chez les Juifs, depuis le temps de la domination persane, n'a pas été sans influence sur les idées qui avaient cours en Palestine touchant la possession diabolique. Mais l'ensemble des croyances populaires dont dépendent ces idées se retrouve beaucoup plus anciennement dans la tradition d'Israël. Quoique la Bible ne mentionne aucun cas de possession proprement dite, on y trouve la trace de l'opinion vulgaire qui mettait les fléaux, la peste, les maladies, spécialement la folie, en rapport avec l'action directe d'un pouvoir surnaturel |.
Dans le Nouveau Testament, surtout dans les Évangiles, les maladies ordinaires sont regardées comme un effet de la puissance diabolique. Luc ? parlera plus loin d’une femme qui avait « un esprit
1. Cf. I Sam. xx1v, 17: I Rois, xix, 35. Tos. ni, 8, est beaucoup plus récent. La maladie de Saül, I Sam. xvr, 14-16, 23, est attribuée à un mauvais esprit divin.
2, xun, 10-17,
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de faiblesse », et qui marchait courbée depuis dix-huit ans : Jésus n'a pas besoin de chasser le démon pour la guérir. mais il dit luimême que Satan avait tenu, pendant dix-huit ans, cette femme liée Il est clair qu'on n'est pas plus autorisé à voir des pécheurs dans tous les possédés que dans les autres malades. Pour autant que se fait la distinction des différents ordres dans lesquels s'exerce l'in fluence de Satan, les miracles de guérison manifestent la ruine de la puissance du mal dans le monde physique, comme les conversions détruisent son empire dans le monde moral. Au point de vue évan gélique, les possédés sont l’espèce de malades en qui le pouvoir des démons sur les hommes apparaît de la manière la plus sen sible, et leur délivrance rentre dans la catégorie des guérisons. Que ces cas de maladies soient en rapport avec les opinions populaires du temps et du milieu, nul ne peut le contester; mais, comme les maladies étaient réelles, les guérisons mentionnées le sont aussi, quoique l'historien ne puisse évidemment se prononcer sur la portée de chacun de ces cas en particulier.
Marc, 1, 29. Et aussitôt sortis de la synayogue, ils vinrent à la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean : 30. et la bellemère de Simon était couchée, ayantlafièvre, et dès l’abord parlèrent d’elle ; 31. et s'étant approché, il la fit lever en la prenant par la main ; et la fièvre la quitta; et elle les
ils lui
servit.
Marra. vin, 14. Et Jésus, étant entré dans la maison de Pierre, vit sa belle-mère couchée el ayant la fièvre ; 15. et il lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; et elle se leva et le servit.
Luc, rv, 38. Et s'éloignant de la synagogue, il entra dans la maison de Simon; et la bellemère de Simon était atteinte d'une grosse fièvre, et ils le prièrent à son sujet; 39. et se tenant au-dessus d'elle, il menaça la fièvre, et (la fièvre) la quitta; et se levant à l'instant, elle les servit.
Marc et Luc rattachent nettement ce récit au précédent. Dès quils sont sortis de la synagogue, Jésus et ses compagnons se rendent à la maison de Simon et d'André !. Il ne semble pas qu'ils