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LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES à rer
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Il est vrai que quelque chose manque au récit, non seu
pour la clarté, mais pour la vraisemblance. Chercher la raison de
ce défaut en des détails psychologiques dont l'évangéliste n'aurait pas tenu compte serait méconnaître l'esprit de ces récits.
Les circonstances de la rédaction sont à regarder de plus près que les circonstances possibles du miracle. Il se trouve que la garantie du pardon introduit un argument en faveur de la messianité de Jésus. Cet argument est comme superposé au récit de la guérison; ne s y rattachant point par son début, il y tient encore moins, comme on le verra plus loin, par sa conclusion. La probabilité d’une surcharge rédactionnelle, tendant à transformer une guérison extraordinaire en preuve théologique, n’est pas à écarter. Beaucoup plus tard encore, Jésus ne permet pas à ses disciples de dire qu'il est le Messie : on conçoit diflicilement qu'il se présente luimême comme tel, en donnant les raisons de sa prétention. La rémission des péchés par le Christ rentre plus naturellement dans le cyele des idées chrétiennes que dans l’enseignement de Jésus.
A prendre le récit tel qu'il est, tous les hommes sont pécheurs ; et comme la foi de celui-ci valait la plus sincère des pénitences, Jésus lui dit : «Tes péchés sont remis », comme il aurait pu lui dire : « Tu auras part au royaume des cieux ». L'un est la condition de l'autre; mais l'un va mieux à dire que l’autre; et il convient de mettre au premier plan la rémission des péchés, pour que l'homme sache où Dieu le prend. Que Jésus, par la rémission des péchés veuille faire espérer au paralvtique sa guérison corporelle !, ou subordonner celle-ci à celle-là ?, le texte ne le fait nullement entendre. La note affectueuse est accentuée dans Matthieu : « Courage, mon fils *»: elle est effacée dans Luc, qui substitue « homme » t à «enfant», soit pour ne pas compromettre la dignité du Christ dans une expression familière, soit simplement pour avoir réfléchi que le paralvtique devait être un adulte ”.