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miraculeuse sur les corps. A cet effet, il formule une espèce ment, conforme aux procédés dialectiques des rabbins !, ou encore peut-être à la logique populaire, quelque peu influencée par
celle des écoles : est-il plus facile de garantir la rémission des péchés.
à un homme que de le guérir, quand il est dans l'état où se trouve Île paralytique ? en soi, l'un n'est pas plus facile que l'autre ?, car ce sont deux œuvres divines qui relèvent, l'une de la miséricorde, et
l'autre de la puissance: la seule différence est que la seconde est. perceptible au sens, tandis que l'autre ne l’est pas: mais l'œuvre divine visible peut servir de preuve à la réalité de l'œuvre divine
invisible, quand c'est le même envoyé de Dieu qui les accomplit : pour que ces gens, si prompts à se scandaliser, sachent que le Fils de l'homme exerce sur la terre la faculté de pardon que le Père exerce dans les cieux, Jésus commandera au paralvtique de se lever, de prendre son brancard sur son dos et de s'en aller chez lui *,
La construction du discours ne laisse pas d'être un peu embarrassée. Jésus commence, en parlant aux scribes, une phrase qu'iltermine en s adressant au paralytique. Trait pris sur le vif, observent les interprètes. Cette vivacité de la relation pourrait n ètre par son origine qu'une gaucherie de la rédaction. La parole qu'on attendrait
1. La règle de Hillel, « du facile et du difficile », a minori ad majus, etréciproquement. Cf. Scnürer, Il, 335.
2. Malgré le double emploi du mot « dire » dans la formule d'interrogation, il ne semble pas que Jésus oppose la facilité de dire à la difficulté de faire : -B. Weiss, E. 56; Hozrzuaxx, 119): il ne vise que la facilité ou difficulté relative des deux actes, rémission des péchés ou guérison : et l’alternalive est plutôL pour la forme oratoire que pour le fond de l'argument, car on ne voit pas si c'est la guérison qui est considérée comme plus facile, ou la rémission des péchés : il n'est pas indiqué autrement que l'œuvre la plus difficile soit la guérison du paralysé (Hocrzmaxx, loc. cit.}, et l'on peut supposer que les deux œuvres sont également difliciles, chacune dans son ordre (B. Weiss, loc. cit). On peut douter que Jésus ait regardé la guérison comme plus diflicile, et que son argumentation se ramène à dire : qui peut plus peut moins. Elle parait signifier plutôt : qui peut ceci, l'œuvre divine de la guérison, doit pouvoir cela, l'œuvre divine du pardon.
3. Mc. 10. fya Où eldnre 671 Housiav Eyat 6 vide <0d avoir agtévar auaprins ÉFiTie vhs, Rive @ rapahurtxd 272. Les trois évangélistes ont l'espèce de parenthèse : « I] dit au paralytique », pour marquer le mouvement de Jésus, qui achève, en s'adressant au malade, la phrase qu'il a commencéeen s'adressant aux scribes.
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après le témoignage rendu à la foi du paralytique serait : « Lèvetoi, prends ton lit et va dans ta maison. » L'évangéliste, après avoir substitué à cette parole la déclaration : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés », ne rentrerait-il pas tout simplement dans la suite primitive du récit, en répétant : « Et il dit au paralytique », pour amener le miracle et la conclusion de l’anecdote ?
C'est en cette occasion que Jésus aurait pris pour la première fois le nom de Fils de l’homme, qu'il s'attribuera souvent dans la suite. On a vu plus haut ! que l'interprétation de cette formule ne va pas sans difficulté. Dans le cas présent, il n'est pas douteux que les évangélistes aient entendu « Fils de l’homme » au sens de Christ; mais il est non moins évident, si l'on admet l'authenticité du discours, que les auditeurs n’ont pas compris que Jésus s’arrogeât la qualité de Messie. Une pareille déclaration, faite en termes intelligibles devant une foule nombreuse, aurait-elle passé inaperçue, et, au lieu d'admirer uniquement le miracle, les témoins n'auraient-ils pas acclamé son auteur et salué le libérateur d'Israël? Il n'est guère vraisemblable, d'autre part, que Jésus, dans cette circonstance, où il parait agir par un mouvement spontané, sans aucune préméditation de ses paroles, ait voulu glisser sous des termes amphibologiques, une déclaration de messianité qui n'aurait satisfait que sa propre conscience, et qui aurait été destinée à rester incomprise. S'il a voulu prouver qu'il était le Messie, il aurait donc mal choisi ses expressions ; S'il n'a pas voulu le prouver, il était inutile de prendre dans son discours un titre messianique.
On pourrait soutenir que, sans chercher à prouver qu'il était le Messie, il tenait a montrer qu'il avait le droit de dire ce qu’il avait dit touchant le pardon des péchés. Dans cette hypothèse, ou bien l'emploi des mots « Fils de l’homme » aura été mal compris par la tradition, et Jésus voulait dire qu'un homme, celui qui parlait aux scribes, c’est-à-dire lui-même, pouvait avoir et avait le pouvoir de remettre les péchés ?, ou bien la tradition aura substitué le titre messianique au pronom personnel dont Jésus s'était servi *. Mais