WWELLHAUSEN, Me. 17; Menx, IL
3. DaLman, 1, 216, admet la substitution de la formule au pronom personnel, ou bien la transposition du fait (cf. Hozrzmanx, 54); mais cette dernière hypothèse conduirait à briser le cadre de Marc, et ce cadre paraît fondé sur une tra-
“LAS RTE aucune de ces conjectures ne parait vraisemblable. L'arguments suppose que la formule « Fils de l'homme » désigne Jésus, qu'el
n'est pas un simple équivalent du pronom personnel, ee
signifie la qualité par laquelle le Christ se porte garant de la rémission des péchés, et qu'elle aurait dû être intelligible pour les auditeurs. La thèse de Marc sur l'endurcissement providentiel des Juifs! le dispense d'expliquer pourquoi les scribes n'ont pas compris. La formule est donc nécessaire à l'économie du discours, et c'est le discours entier qui se présente dans des conditions suspectes. Mais, grâce à ce discours, l'histoire du paralytique devient la première anecdote d'une série qui aboutit au discours des paraboles, et qui sert à illustrer les rapports de Jésus avec les pharisiens *, on pourrait dire aussi du Christ de la foi avec le judaïsme incrédule.
Sur l’ordre de Jésus, le malade se lève, prend son lit et sort devant l'assistance émerveillée. Tout le monde est stupéfait et l'on glorifie Dieu d'un tel prodige. Marc résume l'impression générale dans les mots : « Nous n'avons jamais rien vu de pareil *. » Façon de parler toute naturelle en un cas aussi extraordinaire, et d'autant mieux en situation que, dans le second Évangile, Jésus n’a pas fait encore de miracle aussi éclatant à Capharnaüm et en public. Personne ne relève l'emploi du titre messianique ni la revendication du pouvoir de remettre les péchés, revendication que le miracle est censé avoir justifiée. La conclusion de l’anecdote se réfère au début, aux préliminaires du miracle, comme s'il n'avait été question que de guérison, nullement du Messie et de ses prérogatives. Il semble donc
.que l'argumentation messianique a été surajoutée au récit déjà
fixé dans la tradition et même dans une relation écrite.
Luc a cru devoir atténuer l'expression de l'émerveillement populaire, pour ne pas laisser croire que ce fût le plus grand des miracles accomplis jusqu'alors par Jésus ‘. Matthieu, qui a déjà rapporté plu-
dition assez solide pour qu'une anticipation de la formule : « fils de l'homme », semble en soi plus acceptable.