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paraît pas songer, dans ce récit, à montrer que Jésus avait beaucoup de disciples, mais qu'il avait beaucoup de publicains autour
de lui. Cependant la remarque est oiseuse s’il s’agit des publicains,
car on ne peut pas dire qu'il y en eût un grand nombre dans l'entourage de Jésus, et Marc n'entend pas signifier que les gens dont
il parle aient simplement accompagné le Christ chez Lévi. Il s'agit plutôt des disciples, qui ont été nommés en dernier lieu : l'évangé-
liste tient à observer que leur groupe était plus nombreux que ne le feraient supposer les vocations racontées !.
Luc a évité de dire qu il y eût des « pécheurs » à table avec Jésus, soit qu'il n'ait pas compris la portée réelle de l'expression, soït plutôt qu'il ait craint une méprise de ses lecteurs ; il dit que « beaucoup de publicains et d'autres? » personnes étaient à table avec Jésus et Lévi, et il ne mettra le mot « pécheurs » que dans la bouche des pharisiens.
La mise en scène est tout autre dans Matthieu, qui parle seulement de /a maison ‘ : cette maison n'est pas celle du publicain Matthieu, mais celle où Jésus a guéri le paralytique ; Jésus ne reçoit donc pas l'hospitalité du publicain : il est chez lui et mange chez lui, et l'on ne voit plus pourquoi il y a tant de publicains en sa société ; d'autant que l'évangéliste a soin de ne pas les faire inviter par le Christ; il les montre venant, en compagnie des pécheurs, se mettre à table avec lui, comme si Jésus s'était borné à ne pas les chasser. Ces changements doivent provenir, en grande partie, de ce que le rédacteur, aimant à abréger, ramène volontiers ses récits | à la plus grande unité possible de temps et de lieu. Jésus
1. B. Wiss, Mk. 38. L'objection tirée de.1n1, 13-16 (Horrzmann, 120), d'où il semble résulter que le chiffre de douze disciples suivant régulièrement PI Jésus n'a été atteint que par le choix des apôtres, ne paraît pas décisif, car le | récit ne se présente pas de façon naturelle, et on en pourrait aussi bien con- "
clure que Jésus n'avait aucune suite régulière avant l'appel des Douze. 1 2, V. 29! xai nv dyhos Fodde sehwvüy xai GAXWVY 4TA. 3. On voit par la suite que ex” adr@y (v. 29) comprend les disciples avec Jésus. WELLHAUSEN, Le. 18,
4. NV. 10. za iyivero a0T0D dvaxetuévoy èv 5f oixix, 100ù roho! =eAGVAL zai auaptw-
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a l’air d'avoir appelé Matthieu en sortant de la maison, tout aussitôt après la guérison du paralytique, et de rentrer ensuite dans la même maison pour le repas où figurent les publicains. Il est possible aussi que, la vocation de Matthieu ayant été dûment signalée, l'on n'ait pas voulu montrer Jésus entrant dans une maison de publicains ; il suffisait que Matthieu fût bien converti, et que le Christ ne refoulât pas les pécheurs. Le récit, d’ailleurs, offre ainsi plus d’unité que dans Marc, où la vocation du publicain et le repas sont mal soudés ensemble.
Les convives étaient attablés à la mode du temps, c'est-à-dire étendus sur des nattes ou des coussins, la tête appuyée sur le bras gauche, en face d'une table peu élevée sur laquelle étaient les mets. Ils se trouvaient dans une grande salle où l’on avait facilement accès du dehors. Une signification importante s'attachait à la communion de la table chez tous les peuples anciens, et il en reste quelque chose même chez les peuples modernes. Les publicains sont venus chez Lévi parce qu'ils ont ressenti au moins vaguement l'honneur fait à leur confrère, et ils se croient à moitié réhabilités eux-mêmes par le seul fait d'être admis au repas de Jésus. Mais l'espèce de caractère religieux qui s'attachait au repas commun n'était pas moins vivement senti par les Juifs piétistes, qui, si méticuleux pour ce qui regardait la provenance des aliments et la fréquentation des personnes, se seraient crus souillés devant Dieu et déshonorés devant les hommes, s'ils avaient mangé avec des gens qui ne vivaient pas selon la Loi. Quelques scribes ou pharisiens !, qui étaient entrés dans la maison, et qui virent Jésus mangeant ainsi avec des publicains et des pécheurs, furent grandement étonnés, et ils ne purent s'empêcher de manifester leur surprise aux disciples. [ls n’osent pas encore s'adresser directement au Maitre ;
4. Mc. 16, dit : zatot yoaupareis z@v Pagioztmy. Cette formule insolite est corrisée, dans A Cetc., en ot Ypauuareis xat ot Daptoaior. Lc. 30, confirme indirectement la leçon primitive de Marc, tout en la modifiant : x! £ydyyutov ot Daptoaïot ZA OÙ yoxuuatete aur@v. Mr. 11, simplifie : xai ‘0047 ot Dapioaiot. FH y a beaucoup de confusion dans les témoins de Marc au commencement du v. 16. La meilleure leçon est celle de B; NL, omettant ot devant ypaunareis, xai après Dzrcicaimy, de façon à lire : « Car ils (probablement les publicains) étaient nombreux, et des scribes, des pharisiens l'avaient suivi aussi (chez Lévi); et voyant etc. » Combinaison artificielle pour expliquer la présence des scribes dans la maison de Lévi.
D'après Matthieu ?, ils demanderaient la raison de sa conduite. Lue * tourne la question de telle sorte que Jésus ne semble pas en cause, mais seulement les disciples, dont il n'avait pas mentionné la présence. Ce détour est peut-être un peu subtil, et même la question de Matthieu, supposerait-on, ainsi qu'on le doit, que les interrogateurs ont l'intention de formuler un reproche et n’attendent aucune explication satisfaisante, est moins naturelle que la simple observation de Marc, faite sur le ton aigre-doux de dévots scandalisés. Jésus, quiles entend, se défend par une comparaison où l'on peut voir l'application d'un proverbe populaire. Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais ceux qui sont malades ; de même ce sont les pécheurs qui ont besoin d'être appelés au salut, non les justes ‘: c’est pourquoi Jésus s'approche des pécheurs, et les laisse s'approcher de lui. En parlant de sa venue, le Sauveur ne suggère pas l'idée d’une préexistence éternelle, mais celle de sa mission divine. Il entend par pécheurs les personnes que les pharisiens ont désignées : mais on conçoit qu'il ne nomme pas les publicains dans sa réponse. Et comme la mention des pécheurs vise les publicains, celle des justes vise les pharisiens, sans que Jésus veuille définir les conditions de la vraie justice, mi affirmer que ces conditions sont remplies par ses interlocuteurs. Mais le discours signifie qu'il x a des justes, comme il y a des gens bien portants *, et Jésus laisse supposer que ces justes n'ont pas besoin d'être appelés, comme il dira dans une autre occasion, à propos de la brebis perdue, que les justes n'ont pas besoin de conver-
1. V. 16. Zksyoy vois ualnrais adrob ürt usrà =@v zcAmyy xai auaprw@y Ecliist (N BD). La plupart des témoins ajoutent za: ziva. La leçon 6: (B L) introduit le blâme, comme au v. 7; il n'est pas utile de la tourner en interrogation, comme dans 1x, 11, 28, ou de lui préférer z1 671 (AC), ou àà ri (N D).
2. V. 11. dix si uerà z@v zsAwvGy zat auaptolGy ofier 0 Gdaozahos buy; SS. : « Pourquoi mangez-vous » etc., sans doute d’après Luc.
3. V. 30. dix i ueta rôv rewv@y 2ai quaotoAGy éfiere za rivere.
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4. Mc. 17. 09 ypelav £yovaiv où loydovres latcod ad’ zahécar duzxious WAÂX auastohogc. Ss. ajoute : « au repentir », dans Mr. 13 (cf,
: à. >», 730 OÙ AAA E/OVTES" OÙ TAUOY
n 2) 5. JüÜLICHER, Il, 175.
s'étaient contentés de penser défavorablement du Sauveur. Selon Mare !, ils témoigneraient leur étonnement de ce que fait Jésus.