C£. Senürer, IL
I EPA
SAAUPT Poe #
lecture officielle des synagogues!, il renvoie les pharisiens à L toire de David fugitif chez les prêtres de Nob ?. La nécessité pas de loi : de même que David, parce qu'il avait faim *, a pu manger les pains consacrés que la Loi réserve aux prêtres, de même les disciples, qui sont affamés, ont le droit de ramasser des épis le jour du sabbat, bien que la Loi défende de moissonner. L'exemple est concluant : nul n'aurait songé à contester la légitimité de l'acte accompli par David *, homme inspiré, prophète, élu du Seigneur.
Il s’en faut d’ailleurs que l’allégation de l’ancien récit soit exacte et littérale. On ne voit pas que David ait pénétré dans le sanctuaire, ni qu'il ait eu des compagnons, ni que le prêtre qui lui a donné les pains se soit appelé Abiathar: ce prêtre était Achimélek, père d’Abiathar. Les deux premiers traits ne doivent pas être conçus pour l'assimilation du cas de David avec celui des disciples ? : car il my a aucun rapport entre David pénétrant dans le sanctuaire, et les disciples marchant dans un champ; et c’est la conduite de David, non celle de ses compagnons inconnus, qui justifie les disciples. Ce sont donc plutôt des interprétations haggadiques du récit. On suppose que David est entré dans le sanctuaire pour prendre les pains, dont le prêtre l’autorise à faire usage, et qu'il avait des compagnons, parce que David, parti seul, fait entendre au prêtre qu'il en a plusieurs, envoyés comme lui en mission secrète par le rot.
Quant à la mention d’Abiathar, elle résulte probablement d’une confusion qui s'est faite dans la tradition ou dans l'esprit de l'évangéliste 5. Marc a écrit : « Sous Abiathar grand-prêtre : », et l'on
1. Horrzman, 122. Celte nuance pourrait appartenir à la rédaction. 2. 1 Sam. xxx, 1-7.
3. Mc. 25. 07e ypelav sysy nai irsivasev adtos za où ue” a)toD. HorrzManx, 123.
:. Opinion de Hozrzmanx, loc. eil.
6. [Il est peu probable que la confusion ait été facilitée par II Sam. vin, 17, et 1 Carox. xvin, 16, où on lit : « Achimélek fils d'Abiathar », au lieu de « Abiathar fils d'Achimélek », et surtout qu'on ait attribué les deux noms à chacun des deux personnages.
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7. V. 26. re eioñAfey els z0v oixov 50 0eod èxi 'Aftélag xpycoéms ai Tos Aprous is 7ro00isews Epayev xt. Matthieu et Luc ont fort bien pu omettre la mention d'Abiathar parce qu'ils se sont aperçus qu'il n'y avait pas lieu de la faire. D, Ss, quelques mss. il. lomellent aussi dans Mare.
ne peut voir là autre chose qu'une indication historique, beaucoup moins destinée sans doute à marquer la date du fait, qu'à en consacrer la légitimité par le nom du célèbre grand-prètre, en même temps que par celui de David. Ou bien l’on n’a pas songé que le chef des prêtres de Nob n'était pas Abiathar, ou bien l’on a cité celui-ci comme plus célèbre, ou bien cette dernière circonstance a fait oublier Achimélek. Ajoutons qu Abiathar n'a Jamais été grandprêtre au sens où l’évangéliste l'entend !. Toutes les libertés de l'haggada juive se rencontrent donc dans cette citation. L’on gagne peu à voir dans la mention d'Abiathar une sorte de référence au texte : « à la section d’Abiathar grand-prêtre ». Outre que le morceau visé n'a guère pu être désigné comme la section d’Abiathar, on ne saisit pas l'intérêt de cette référence dans le discours. Il n’en est pas de mème quand Jésus cite la péricope du buisson, car 1l s'agit de déterminer la place d'une parole textuellement rapportée, et Jésus cite le livre avant de citer la péricope *. Dans notre passage, Mare dit : « sous le grand-prêtre Abiathar », comme Luc * a dit : « sous les grands prêtres Anne et Caïphe ».
Matthieu insère encore deux arguments entre l'exemple cité par Marc et la conclusion commune aux trois Synoptiques. Cette accumulation de preuves sent l'école et doit résulter d’une combinaison rédactionnelle, soit que l'évangéliste ait puisé cette matière nouvelle dans la tradition, soit qu'il l’ait trouvée lui-même. Il s'est complu à faire démontrer par la Loi et les prophètes que les disciples étaient dans leur droit, en sorte que Jésus accomplit la Loi en en permettant la violation ‘. Sa pensée est allée des prêtres qui mangent les pains de proposition aux prêtres qui travaillent dans le temple le jour du sabbat, et il introduit ce fait avec la formule qui à servi pour l'exemple précédent : « N’avez-vous pas lu #... ».
POINT SAM vu, AT supr.cil
2. Mc. xu, 26. Horrzmann, 123, admet néanmoins que le même sens est possible dans 11, 26. Scnanz, Mk. 140, suppose que l’exégèse rabbinique et Marc regardaient Abiathar comme le grand-prètre, parce qu'il avait échappé au massacre des prêtres de Nob, et s'était enfui avec l'éphod. Ce serait toujours de l'hagqada; mais l’haggada pouvait-elle le regarder comme grand-prètre avant la mort de son père Achimélek ?