V. 10. uazäptot où dedwyuévor £vezey draxtogüync
Le ses élus dans la nouvelle Jérusalem. « Pur de cœur » est une expres-. sion biblique !. « Voir Dieu » est une formule qui appartient …
touchant les persécutions qui les attendent, vient de la source commune, le développement suivant, dans les deux Évangiles, une marche parallèle, pour aboutir à la mention des prophètes.
Ce passage accuse néanmoins l'expérience des premières persécutions. Car 1l n'est pas question des fléaux qui, d’après la tradition apocalyptique, doivent précéder le grand avènement, et qui ne tiennent, d'ailleurs, aucune place dans l'enseignement authentique de Jésus, mais du sort qui sera fait aux chrétiens par les Juifs. Selon Matthieu !, on les outragera, on les persécutera, on les calomniera à cause de Jésus. D’après Luc ?, 1ls seront en butte à la haine, à l’excommunication, c’est-à-dire à l'exclusion de la synagogue, aux outrages et à la diffamation, à cause du « Fils de l’homme ». L'emploi de ce dernier terme, au lieu du pronom personnel, montre que les évangélistes ne se sont pas fait scrupule de s’en servir, pour rehausser le discours, en des endroits où leurs sources ne le contenaient pas.
La perspective ne va pas au delà des persécutions intentées aux chrétiens par les Juifs; mais il n’en est pas moins clair que le point de vue change quand on arrive à la dernière béatitude. Jusque-là il s'agissait de la condition actuelle des futurs élus du royaume, et la joie de l’avenir faisait contraste immédiat aux misères du présent. On entrevoit maintenant un autre avenir, douloureux à raison de sévices particuliers que subiront les disciples de Jésus : cet avenir se place entre le présent, déjà triste, et le royaume promis d'abord. La combinaison de la dernière béatitude avec les précédentes paraît donc correspondre à un travail de la pensée chrétienne sur les paroles de Jésus, soit qu'on ait associé à l'enseignement général sur la situation des candidats au royaume les prévisions concernant le sort des disciples, soit qu'on ait défini plus précisément ces prévisions d’après les faits de l’histoire apostolique.
1. V. 11. pardpuot êcte Ürav ovediowory uès rai Dubwouy xai rw TÂY Fovnpov xa0” Guy devdduevor (D, mss. it. Ss. omettent devdduevor, et ce mot, dans tous les cas, ne doit pas venir de la source; l'idée de calomnies répandues sur le compte des chrétiens existe dans le texte, indépendamment de cette addition) Evexey 21109 (D, txatosüvns. Ss. « à cause de mon nom »).
2. V. 22. paxtort èote Orav tuonowotv buis oi &vowrot, xai Otav àvopiswouw ÿuXc aa ExBékwo to ôvoux DuGy 6 rovnpôy Évsxa rod vioë t05 avÜcwrov. Horreur du nom chrétien, comme dans Jac. 11, 7; I Prer, 1v, 14, 16.
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Cette influence des faits sur la rédaction paraît incor moins en ce qui regarde Luc. } T4 Que les persécutés aient patience, parce ue leur récompense est iÿ grande dans le ciel !, qu'elle est prête à venir ?, comme le règne de Dieu. Ils peuvent s'encourager aussi par la pensée que les prop ont été traités jadis de la même façon qu'eux-mêmes. La forme de ce passage dans Luc : « c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes * », laisse entendre que la séparation des chrétiens d'avec 4 les Juifs était accomplie au temps où le discours a été rédigé. Cette à distinction nette de trois moments : celui où Jésus parle, celui où arriveront les persécutions, celui qui amènera la récompense, est venue tout naturellement aux évangélistes, désireux de faire servir à l'édification de leurs contemporains l’enseignement du Sauveur. Matthieu aussi compare les disciples aux prophètes, comme si les 3 uns succédaient à la mission des autres, et cette idée convient moins au temps de Jésus qu’au premier âge de l'Église. 4 On a pu voir que les quatre: béatitudes de Luc n'énumèrent pas, comme celles de Matthieu, les qualités morales des disciples de
l'Évangile, mais décrivent leur situation à l'égard du monde. Ils sont considérés comme actuellement et réellement pauvres, affamés, afligés; ils seront persécutés. Cette situation n'exclut pas, elle À implique plutôt l'esprit de pauvreté spirituelle, et la récompense ÿ: promise, même exprimée sous la forme du rassasiement et du rire, à
n'est pas d'ordre vulgaire : on veut dire que les joies du royaume de Dieu compenseront les privations et les souffrances du temps présent. Aux quatre promesses l'évangéliste oppose quatre menaces, ou quatre malédictions, qui semblent calquées sur les quatre béa-
itudes : malheur aux riches, aux rassasiés, aux L titudes : malhe ches sasiés, heureux ‘, à ceux
1. Mr. 12. yaipeze rai ayalaräofe, üte 6 uuooc Buy zoXds v roïs oupavois. Le. 23: 1éonte dv àxelvn +7 nuéox zai oxprisate idod yag 0 urolos buy rod Èv r oùpavd.
2, Cf. Ae. xxr1, 12. La récompense au ciel est peut-être moins une récompense tenue en réserve et préexistant dans le ciel (Hourzmanx, 204), que la. récompense destinée par Dieu aux justes dans le royaume qui vient (Dar- MAN, 1, 169); « récompense aux cieux » équivaut à « récompense auprès de Dieu », assignée par Jui. Cf. P- 547, n. 3.
3. V. 23. xarà ta alta yap érotouv rois rpoograis oi ratipes aurov. Mr. 12. oùrw ve 2dlwEav robs rpopnras roùs 720 buwv. Ss. : « Car c’est ainsi que leurs pères ont persécuté les prophètes. » # 4. NV. 25. odat duiv oi yelGvres vôv, Oct revnoste ai xhabseze. Le futur xhadosre répond au #katoves de la béatitude ; mais ne semble-t-il pas que Luc dit d’abord
Le
que le monde loue. Le royaume de Dieu est pour ceux qui sont pauvres de biens temporels, et riches de vertus; il n'est pas pour ceux qui sont riches des biens de ce monde, et indifférents aux biens spirituels. Les hommes qui n'apprécient que le bonheur terrestre n'ont pas droit à une autre récompense, et, puisqu ils ont reçu la leur, ils ne peuvent prétendre à celle des justes. Mais, dans l'autre vie, privés de la récompense des saints, ils manqueront aussi de ce qui faisait leur bonheur sur la terre : ce sera leur tour d'être pauvres, d'avoir faim, de pleurer, de ressentir en supplice éternel toutes les douleurs qu'ils ont fui en ce monde !.
La dernière menace correspond bien à la quatrième béatitude, mais elle ne peut pas s'adresser aux riches, visés dans les trois premières, à moins que ces riches, qui ne peuvent être des disciples de Jésus, ne soient des chrétiens contemporains de l'évangéliste, largement pourvus des biens de ce monde, et en jouissant comme des païens. S'il s'agissait d'auditeurs de Jésus, non convertis à l'Évangile, pourquoi leur recommanderait-on de ne pas se mettre dans le cas des faux prophètes ? Il n'y a pas de rapport entre la situation de ceux-ci et la leur. Impossible de songer aux scribes et aux pharisiens : le discours s'adresse évidemment à des gens qui font profession de la foi évangélique, et même à des missionnaires plutôt qu à de simples fidèles, puisqu'on peut les comparer aux prophètes de l’ancien temps. Si l'on veut que les trois premières menaces s'adressent à des Juifs non croyants, aux auditeurs de Jésus, le discours sera fort incohérent. Tout s'explique si l’on se place au point de vue de l'évangéliste, qui a beaucoup moins songé aux auditeurs du Christ qu'a ses propres lecteurs. Ceux qu'il menace ne sont pas les persécuteurs de l'Église, mais les gens du monde et les chrétiens qui entreraient dans leurs sentiments.
Ces malédictions, qui manquent dans le premier Évangile, semblent déplacées en ce discours : on a supposé qu'elles y avaient été introduites pour une raison didactique ?, ou bien méme que Luc les aurait composées, en établissant la correspondance des quatre
FevÜnseze, parce qu'il lisait dans la source zcyoÿvres, comme Matthieu, et non zhaiovree ? Le v5v de la seconde et de la troisième malédiction fait écho à celui des béatitudes. Les faux prophètes, v. 26, répondent aux vrais, v. 23. CRE EYE: