‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 449 sur 807 · Scxanz, Lk · texte numérisé non relu

Scxanz, Lk

aa.

menaces aux quatre béatitudes ll est évident, non :

les rattache au contexte, Mn un « mais » qui les atroSa

et une reprise à la fin : « Mais je vous dis, à vous qui m'écoutez #», pour rejoindre le point de vue historique du discours, que les

menaces sont ici une pièce rapportée. D'autre part, le temps et la

main de l'évangéliste se reconnaissent dans le développement, et

les malédictions semblent conçues artificiellement, d’après les béa-

titudes; si donc Luc a pris l’idée de ces malédictions dans la tradi-

tion, il n'a pas eu besoin de les trouver toutes faites, et il a très

bien pu les rédiger lui-même *.

Marc, 1x, 50. « Le sel est bon ; sel

Marru. v, 12. « Vous Luc, xrv,-84 ile sel est donc bon; mais si le sel même s'affadit, avec quoi l'assaison-

nera-t-on? 35. Il ne

êtes le sel de la terre ; mais si le sel s’affadit, avec quoi le salerat-on ? Il n'est plus bon

mais si le devient dessalé, avec quoi l’assaisonnerez-vous ? Ayez du sel

en vous-mêmes, et soyez en paix entre vous. » c

à rien, si ce n'est (à être) jeté dehors (pour) être foulé aux pieds

convient ni en terre, ni en fumier ; on le jette dehors. Qui a des

des hommes. » oreilles pour entendre

entende! »

Les disciples du Christ doivent d'autant moins se laisser effrayer par les persécutions, qu'ils sont, par vocation, destinés à exercer sur les autres hommes une plus grande et plus salutaire influence. Telle est l'idée qui a décidé le rédacteur du premier Évangile à placer en cet endroit les comparaisons du sel et de la lumière, que Marc et Luc connaissent aussi, mais qu'ils reproduisent séparément, avec quelques variantes, dans un autre contexte. Ces comparaisons ont eu d'abord une existence indépendante dans la tradition orale ;

puis la tradition écrite leur a assigné la place qui était jugée la plus | convenable d’après le sens qu'on leur attribuait. Il ne peut être question de chercher quel évangéliste a gardé le souvenir des cir-

J. Weiss, 390 ; Hozrzmanx, 340 ; WERNLE, 62, 1 V. 24. rhv est expression favorite de Lue,

V. 27. 4XAù div Àëyw 70% axo0oustv. Transition tout à fait curieuse.

. On peut admettre une imitation de Deur. xxvur, 15-26 ; Is. v, 8, 23, avec

réminiscence de Jér. v, 31 (Hozrzmann, loc. cil.).

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constances historiques où elles ont été prononcées, mais seulement de savoir où leur sens primitif semble avoir été le mieux préservé.

Dans la comparaison du sel, Marc et Luc s'accordent pour l'entrée en matière ; mais, pour le développement, Luc ne dépend pas uniquement de Marc ; il s'accorde avec Matthieu, et doit dépendre, comme lui, d’une autre source que Marc. La forme de la comparaison est mieux équilibrée dans le troisième Évangile, où la proposition : « le sel est bon ! », fournit un point de départ très net, auquel la suite du discours se rattache naturellement. Le sel est bien utile ; c’est un condiment que l'on peut dire indispensable à l’homme pour la préparation de ses aliments ; mais, si le sel vient à perdre sa vertu, il n’est plus bon à rien ; on ne saurait le mettre tout de suite en terre, ni provisoirement au tas de fumier ; on le jette dehors, c'est-à-dire à la rue, où l'Oriental envoie tout ce qui l’embarrasse. Peu importe que le sel puisse ou non se dessaler. La comparaison est fondée sur l'opinion populaire d’après laquelle le sel peut perdre sa saveur ; et cette opinion doit provenir de ce que, dans les dépôts salins des bords de la mer Morte, à raison du mélange des matières, l'apparence du sel peut subsister, quand la vertu salante a disparu par l'effet de la pluie ?.

Comme il arrive souvent, l'application de cette comparaison n'est pas indiquée. L'idée suggérée par le contexte de Luc est qu'un disciple qui perd les qualités de son emploi n’est plus bon à rien, est perdu sans ressource. La comparaison ne porte par sur l’analogie qui pourrait exister entre la propriété du sel et la fonction du disciple, ni sur un rapport entre l'affadissement du sel et la déchéance morale de l’homme, mais tout simplement sur ce que le sel dessalé et le disciple qui a perdu l'esprit évangélique sont objets de rebut, à jamais imutilisables ?. Telle paraît être la signification primitive de cette sentence : il n'y a pas lieu d’y voir, si ce n’est dans la pensée de l'évangéliste, une allégorie qui viserait les pharisiens, et où les Juifs seraient figurés par le sel jeté dehors. Si l'apostrophe qui sert de conclusion n'est pas une addition rédactionnelle, ce n'était pas non plus une invitation à scruter le mystère de cette allégorie, mais

1. V. 34. xah0v odv +0 las. Cf. EccLr. xxxix, 26. 2. Hozrzmanx, 60.

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