‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 453 sur 807 · Mc. 1x, 33-50. Cf. supr. p · texte numérisé non relu

Mc. 1x, 33-50. Cf. supr. p

teneur de la formule, qui n'appartient pas à la langue du Christ historique !, et un artifice de liaison, pareil à celui qu'on a remarqué dans le cas précédent, tendent à montrer que la parole : « Vous êtes la lumière du monde ? », est de l'évangéliste, comme son pendant : « Vous êtes le sel de la terre ». L'une et l'autre ont quelque chose d'hyperbolique. Cette fois, Matthieu a mis à la sentence traditionnelle une double préface, par la proposition générale qu'on vient de voir, et par l’intercalation d'une comparaison analogue à celle de la lampe, les deux comparaisons étant associées sous la raison générale de lumière ou de chose vue.

Le mot sur la ville située en haut d’une montagne, et qui ne peut échapper aux regards #, est une simple comparaison, qui ne porte ni sur la solidité, ni sur la sécurité, ni sur l'élévation de la ville en question, mais uniquement sur sa visibilité. De même, le caractère et la vocation du chrétien réclament qu'il se montre, qu'il soit vu. L'évangéliste n'indique pas en particulier l'application de cette similitude, parce que, dans sa pensée, et dans la construction de ce paragraphe, cette application s'identifie à celle qui est donnée pour la lampe, à savoir, que la lumière des disciples brille devant les hommes par le moyen de leurs bonnes œuvres. Que les fidèles soient aux hommes un spectacle de perfection. Il s'agit des chrétiens en général, non spécialement des apôtres. L'application morale de la comparaison vient de l’'évangéliste, et, si la sentence même n'est pas de lui, il est possible qu'elle ait été adaptée primitivement à une autre leçon. L'absence de cette comparaison dans les deux autres Synoptiques, et sa ressemblance avec un passage d'Isaie * ne sont pas des arguments décisifs contre son authenticité *. On ne voit pas pourquoi Matthieu l'aurait inventée pour la mettre en cet endroit. Notons cependant que cette sentence est moins bien développée que celle de la lampe : iln'est pas vraisemblable que le rédacteur l'ait puisée dans la tradition écrite.

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3. où dovatat rÜÂLe xov6var Erévo Ocovs xeuév. La leçon wxoôounuéyn, supposée par Ss., paraît avoir été celle de Tatien ; on la retrouve dans Hom. Clem. II, 67, et dans un des Logia de Behnesa; elle vient sans doute de ce qu'on a voulu donner plus de relief à l'expression. Cf. Jüzicmer, Il, 89.

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