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Opinion de Jürrcner, I

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques. 36

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Marru. v, 17. « Ne pensez pas Luc, xvi, 17. « que je sois venu pour abroger la que le ciel et la terre pa: Loi ou les Prophètes; je ne suis pas ne l’est qu'un seul trait de L: venu pour abroger, mais pour devienne caduc. » M accomplir. 18. Car je vous {le) dis en vérité, jusqu à ce que le ciel et la terre passent, pas un iota ni un trait de la Loi ne passeront, jusqu'à ce que tout soit arrivé. 19. Celui donc qui supprimera un de ces moindres commandements, et instruira ainsi les hommes, sera réputé le moïndre dans le royaume des cieux; et celui qui (les) pratiquera et qui (les) enseignera, celui-là sera réputé grand dans le royaume des cieux. 20. Car je vous dis que si votre justice ne l'emporte sur celle des seribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. »

Si l'énumération des béatitudes et le développement des comparaisons qui les suivent attestent un travail rédactionnel assez complexe, le discours sur la justice chretienne, qui est la première partie principale de la Loi promulguée sur la montagne, n'est pas non

plus une œuvre entièrement homogène ; sous son unité apparente

on reconnaît une compilation, avec des retouches et des adaptations qui ont modifié la signification primitive des sentences. Malheureusement le contrôle de Marc fait ici défaut, et celui de Luc ne porte que sur certains morceaux de ce discours, soit que le rédacteur du troisième Évangile n'ait pas connu tous les éléments dont on l’a composé, soit qu'il en ait omis volontairement une partie. La seconde explication vaut sans doute pour plusieurs passages concernant le rapport de la loi évangélique avec la loi juive, qui n'avaient pas d'intérêt pour les lecteurs de Luc. Comme on trouve associés chez lui !, dans un autre contexte visiblement artificiel, une déclaration sur la valeur permanente de la Loi, avec la condamnation du divorce, on est fondé à supposer qu'il a connu un discours analogue à celui de Matthieu, et qui venait aussi après les béatitudes, mais qu'il a jugé à propos de n'en retenir en cet endroit que ce qui regardait la conduite à tenir envers le prochain ; il aura voulu transposer la déclaration générale touchant l’immutabilité de la Loi, afin d'en corriger la sien et la portée ; il aura laissé tomber ce qui eût été peu intelligible ou sans grande utilité pour ses lecteurs, et il aura déplacé aussi la

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