‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 457 sur 807 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

dut

prohibition du divorce, pour qu'elle ne restàt point isolée entre des recommandations avec lesquelles elle se trouvait sans analogie. La pensée directrice du discours, le parallèle de l'Évangile et de la Loi, l'aura trouvé indifférent.

L'exposé commence, dans Matthieu, par une proposition générale, formulée dans le style de l'évangéliste !, qui contient le motif du discours, et qui est en rapport avec le sens que le rédacteur attache à toute sa compilation, aussi bien qu avec l'économie spéciale de cette partie. Jésus affirme qu'il n'est pas venu détruire la Loi, mais l'accomplir. Matthieu dit « la Loi et les Prophètes », parce qu'il songe à la révélation biblique de l'Ancien Testament, et qu'il attribue au mot « accomplir » un sens qui permet de faire intervenir l'Écriture entière, non seulement comme règle divine de la conduite, mais comme recueil de prédictions formelles ou typiques dont l'Évangile apporte la réalisation. On sait combien le rédacteur du premier Évangile est préoccupé des prophéties et de leur accomplissement. Cette pensée dépasse la signification d'ensemble du discours, où l'on ne voit que des prescriptions de la Loi amenées à leur perfection dans l'Évangile par la suppression de tout ce qui en limitait la portée morale.

Jésus a-t-il eu occasion de définir ainsi sa position à l'égard de la Loi ? On peut croire sans témérité que, dans aucune circonstance, il n’a eu à le faire et ne l’a fait systématiquement et scolastiquement, comme dans le présent discours, en établissant d’abord un principe. universel, et en énumérant ensuite les diverses applications que ce principe comportait. Les déclarations touchant les sortes d'injustice qui sont défendues, le talion, le serment, l'amour des ennemis, ont pu et dù être faites en des occasions particulières, comme celle qui regarde le divorce ?. Mais on conçoit que, dans la collection des discours, toutes ces déclarations aient pu être groupées sous une raison commune, abstraction faite des circonstances où elles avaient été édictées. Que l'idée de cette raison commune soit du rédacteur, l'origine et le caractère du discours pourraient le faire penser: néanmoins cette hypothèse ne s'impose pas,

41. V. 17. un vouionte 671 nAfoy xatahüoai +6 vôuoy Tobc roogfras ‘oùx TAGov xatahüoat ahha rinpüoa. Pour la tournure de phrase, cf. x, 34 (Le. xrr, 51) ; pour Fkngôsa, 111, 15 (composition de l’évangéliste).

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