‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 459 sur 807 · Iypothèse admise par Hozcrzmann · texte numérisé non relu

Iypothèse admise par Hozcrzmann

blables de l'alphabet hébreu !. On peut douter que la mention de l'iota soit primitive. Luc ne l’a pas, et, dans les manuscrits bibliques de ce temps, la lettre tod n'était probablement pas plus petite que le vau ?; Matthieu a dû ajouter l'indication de la plus petite lettre orecque, pour se faire entendre plus facilement de ses lecteurs. L'idée n'a aucun rapport avec la venue prochaine du royaume de Dieu, et semblerait plutôt l'exclure; car il n’est pas dit que la Loi va durer seulement jusqu'à la fin du monde, censée prochaine, mais qu'elle durera, immuable dans son ensemble et dans ses plus menus détails, aussi longtemps que le monde, et l’on ne dit pas que le monde doive finir bientôt.

Il est vrai que les mots : « Jusqu'à ce que tout arrive », semblent venir en correctif; mais ils viennent aussi en surcharge, et ils paraissent introduire dans le texte une pensée différente de celle qu'on a voulu exprimer d’abord. « Jusqu'à ce que tout arrive * » n’a de signification que par rapport à l’accomplissement prophétique et typologique. Le sens ne peut pas être : « jusqu’à ce que toute la Loi soit observée », car la Loi est observée sans doute assez rigoureu-

IPAPel) met lets, let 2.

2. Cf. Linzsarsxr, Nordsem. Epigraphik, 192. Cependant iod est ordinairement plus petit dans les inscriptions araméennes de cette époque.

3. V. 18. aunv yèp Aéyo buiv, Éwç dv tapéhôn 6 oùoavos za N yi, (Gta Ev À mia 2=paia où pi Tapélün àx0 Toù véuou, Es &v révra yévnte. Ss. omet à uia xeoaia. Quelques témoins mentionnent encore les Prophètes à côté de la Loi: il parait certain, du moins, que l’évangéliste entendait ici par la Loi l'Écriture, c'est-à-dire la Loi et les Prophètes du v. 17. Les interprètes sont fort embarrassés d'expliquer logiquement le rapport des deux £w<, en supposant que le v. 18 procède d’une pensée unique (cf: Horrzmanx, loc. cit.\ : les deux £ws seraient coordonnés, le premier faisant ressortir l’immutabilité de la Loi quant à la durée, et le texte signifie, en effet, que la Loi durera aussi longtemps que le monde, non pas précisément jusqu'à la fin du monde : le second fonderait l’immutabilité de la Loi sur sa nature, qui réclame l’accomplissement. On ne peut nier la coordination grammaticale ; mais la phrase n’en est pas moins compliquée, et la coordination logique de l'observation indéfinie des préceptes avec l’accomplissement de la Loi par réalisation de prophéties et de types, ou même par voie de perfectionnement moral, est quelque chose d'incohérent. Amen s'emploie en hébreu pour confirmer la parole d'autrui (réponse à prière, bénédiction, serment). Jésus, qui ne voulait pas de serment, semble s'être approprié cette expression pour donner plus de poids à ses assertions ; ce serait une particularité de son langage, et de là viendrait qu'on ne l'aurait pas traduite en grec. Darman, I, 485.

Page 1