Cf. WERNLE, loc. cil
du mosaïsme légal, d’après le principe de religion pure et de haute moralité qui était vivant dans sa conscience. L'émancipation de Paul, beaucoup plus apparente, n'était pas plus réelle : elle l'était moins, en un sens, parce que Paul argumente contre la Loi dont il essaie de se débarrasser, et dont l'esprit le possède encore plus qu'il ne croit, tandis que Jésus, sans rompre avec la Loi, la domine de si haut qu'elle n'existe plus pour lui.
En disant que Jésus avait vécu « sous la Loi ! », Paul a exprimé autre chose qu'une vérité profonde ; il a reconnu un fait tout extérieur dont se prévalaient ses adversaires, et il a essayé d'échapper aux conséquences que l’on voulait en tirer contre lui. Sa thèse était plus solide que ses raisonnements ; car c'est lui certainement qui était fidèle à l'esprit de Jésus, et qui tranchait la question des observances comme Jésus l'aurait tranchée lui-même. Les judaïsants, au contraire, pouvaient seulement s'autoriser de ce que Jésus n'avait pas formulé d'avance la solution du problème, et n'avait jamais dit que la Loi dût être abrogée, pour soutenir que la Loi devait être à Jamais maintenue. Qu'ils aient voulu, de bonne foi, mettre leur opinion dans la bouche du Sauveur, il n’y a pas lieu de s'en étonner. Ce qui est très remarquable, c'est que la premiére rédaction du discours ait échappé à cette préoccupation : serait-ce parce que le premier rédacteur était un témoin qui songeait seulement à reproduire ce qu'il avait entendu, et parce que l’on n'a pu gloser ainsi le texte qu'après la disparition de ceux qui avaient été les compagnons du Sauveur pendant la durée de son ministère ?
Matra. v, 21. « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens : « Tu ne tueras point. Quiconque tuera sera justiciable du tribunal. » 22. Et moi Je vous dis que quiconque se fâchera contre son frère sera justiciable du tribunal. Et celui qui dira à son frère : « Imbécile ! sera justiciable du sanhédrin. Et celui qui dira : « Insensé ! » sera justiciable pour la géhenne du feu. »
Premier exemple de la façon dont Jésus entend l'accomplissement de la Loi. Ses auditeurs savent, par la lecture qu'on fait de la Loi dans les synagogues, qu'il a été dit aux anciens ?, c’est-àdire aux ancêtres du peuple hébreu, non par les docteurs des der-