‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 464 sur 807 · LT ER NE RAR ESS · texte numérisé non relu

LT ER NE RAR ESS

première concerne le bon accord avee le prochain ; da

une espèce de parabole où il est question de juge et de’ J comme dans le texte qui vient d'être commenté. :

Marru. v, 23. « Si donc tu portes ton offrande à l'autel, et que là tu te 2

souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, 24. laisse là ton offrande devant l'autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; tu viendras ensuite apporter ton offrande. »

Cette senteuce n'a qu’un rapport éloigné avec le contexte !. I1ne. e)

s'agit pas précisément des égards à observer envers le prochain, mais des soins à prendre pour entretenir la charité, et le conseil n'est en rapport avec aucune prescription légale dont il serait le perfectionnement : en laissant entendre que le devoir de l'union fraternelle doit passer avant l'obligation du rite sacrificiel, on ne modifie ni n’améliore celui-ci. Il ne convient pas qu'un disciple de l'Évangile laisse l'ombre d’un ressentiment s'’interposer entre lui et son frère. Si, arrivé dans le temple et sur le point d'offrir un sacrifice, il se souvient d’avoir donné à son frère quelque sujet de plainte, de lui avoir causé quelque tort qui empêcherait le sacrifice de plaire à Dieu, il doit laisser sur place l'objet de son offrande, se réconcilier avec celui qu'il a offensé, et présenter ensuite son oblation.

L'authenticité de cette parole étant admise, il s'ensuivrait que Jésus ne songeait pas à dispenser des sacrifices légaux les disciples de l'Évangile. Le cas supposé n'a rien d'invraisemblable, puisque le Sauveur a observé jusqu'à sa mort les rites du culte mosaïque.

-Bién qu'on n'offrit de sacrifices qu'à Jérusalem, tous les Juifs étaient

assez familiarisés avec les pratiques du temple pour qu'un enseignement aussi populaire que celui du Christ y püût faire allusion ou y prendre des termes de comparaison. Ce n'est pourtant pas l'ordinaire, et l’on peut se demander jusqu'à quel point cette sentence, qui ne suppose pas nécessairement les sacrifices en vigueur, mais qui est plus facile à expliquer s'ils se pratiquaient encore au temps de sa rédaction, ne serait pas née dans le milieu judéo-

1. Elle serait mieux dans le voisinage de vr, 14-15, bien qu'elle ne semble pas d’ailleurs procéder tout à fail du même esprit que ce commentaire de l'Oraison dominicale, où l'on ne songe nullement aux sacrifices.

chrétien où fut rédigée la parole qui canonise toutes les prescriptions

légales. Durant l'âge apostolique, une telle recommandation n’était littéralement observable que pour les judéo-chrétiens !, principalement pour ceux de Jérusalem, qui seuls vivaient auprès du temple, et elle pourrait s'être produite là comme une interprétation évanlique de la parole d'Osée que Matthieu a mise deux fois ” dans la bouche de Jésus : « Je veux la bonté, non le sacrifice. » Jésus luimême a-t-il offert des sacrifices depuis le commencement de son ministère ? [1 semble que non: il a prié et enseigné dans le temple, mais on ne voit pas quil ait pris part à aucun acte sacrificiel.

Marta. v, 29. « Mets-to1 vite en Luc, xu, 57. « Et pourquoi, de

bon termes avec ton adversaire, vous-mêmes, ne Jugez-vous pas jus-

pendant que tu es avec lui sur le chemin, de peur que l'adversaire ne te livre au juge, le juge au sergent, et que tu ne sois jeté en prison : 26.

je Le (le) dis en vérité, tu n’en sorüras pas que tu n'aies payé le der-

tement ? 58. Car quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, fais en sorte, en chemin, de te dégager de lui, de peur qu'il ne te traine au Juge, que le juge ne te livre à l'huissier, et que l'huissier

nier liard. » ne te jette en prison : 59. Je te (le) dis, tu n’en sortiras pas que tu n’aies

payé jusqu'à la dernière obole. »

Cet autre exemple concernant la nécessité de l'accord n’a qu'une ressemblance extérieure avec le premier. Le troisième Évangile le présente dans un contexte tout différent, et l’on peut croire que, ni chez Matthieu ni chez Luc, il n’est dans son cadre historique. Comme pour la plupart des autres sentences paraboliques, la tradition n'avait pas gardé le souvenir de la circonstance particulière où il avait été formulé; il est même assez difficile de dire jusqu'à quel point elle en a retenu le sens primitif. Pour Matthieu, c'est une invitation à la concorde, et de là vient quil s’en sert pour commenter le précepte : « Tu ne tueras point ». L’adversaire correspond au frère offensé, dans le premier exemple, et la conciliation fait contraste à ce qui a été dit plus haut contre la colère. Il ne sagit donc pas d’une parabole, et le conseil est d'application directe. Un vrai disciple doit se réconcilier avec sa partie, pendant

. Cf. Wezzxausen, E. 11; Mt. 20.

{ 2. 1x, 43: NI,

que l'un et l’autre sont dans le chemin !. Rien ne dit mier soit un débiteur, et le second un créancier qui off

accepterait un accommodement avant d'entrer au tribunal 2. 1 + forme solennelle de l’avertissement final ? montre bien que l'on n'a

pas en vue une dette vulgaire, et que la prison doit s'identifier à la géhenne dont il a été parlé plus haut. Cela étant, le chemin est le temps de la vie présente, le juge est Dieu, et, si Matthieu allégorise aussi le sergent, celui-ci serait l'ange du châtiment. La plainte de l'adversaire et l’obstination du coupable livreraient ce dernier au souverain Juge.

Tel est le sens du Matthieu ; et ce n'est pas tout à fait le sens du texte, où l'on sent que l’allégorie vient après coup. L'emprisonnement jusqu'à paiement de la dette figure assez mal le supplice de l'enfer. D'autre part, si l'on veut tout prendre au sens propre, Jésus ne fera pas une parabole, puisque le discours n’a pas forme de comparaison ; il donnera des conseils qui seraient mieux dans la bouche d'un paysan rusé que dans la sienne. On peut done soupçonner qu'une comparaison a été tournée en allégorie, mais il n'est pas facile # d'en restituer la teneur et la signification, à moins d'admettre, ce qui n'a rien d'invraisemblable, que la comparaison était implicite, et que Jésus l’a formulée sous l'apparence d'un conseil inspiré par le sens commun, mais dans des circonstances et sur un ton quien déterminaient facilement l'application au royaume des cieux. L'idée serait : quand on a un mauvais procès, le mieux est de prendre arrangement avant la condamnation; de même, en ce qui regarde le salut, mieux vaut régler ses comptes avec -Dieu, par une sincère pénitence, que d'attendre le grand Jugement, qui serait aussi le châtiment éternel ÿ. Dans cette hypothèse, il n'y aurait, pour ainsi dire, qu à faire abstraction du contexte de Matthieu, en omettant l'amen, que Luc n'a pas, et qui oriente la pensée du lecteur vers l'interprétation allégorique. Celle-ei aurait fort bien pu n'être pas encore indiquée dans la source.

1. V. 25, lol sbvoGy +@ àvri0txw cou tayù ws Otov sl ueT” aurod v ti 60. 2. B. Weiss, E. 36.

. 3. V..26. aury kéyw oo.

4. Jüricuer, I, 245, dit impossible, et regarde comme primitif le sens de Matthieu.

5. Cf. J. Wezrss, 500, où ce sens est donné comme étant celui de Luc.

Le commencement de ce passage est modifié assez gauchement dans Luc !, pour le rattacher à ce qui précède ; mais le développement n'offre pas de variantes considérables. La pensée de l'évangéliste n’en est pas plus claire. Il s'agirait d'échapper à un adversaire, non de s'arranger avec lui, avant d'arriver chez le magistrat. L'évangéliste a dû voir là une instruction sur la conduite à tenir en prévision du jugement de Dieu. Il amène notre texte après une apostrophe aux gens qui comprennent les signes de la nature, et qui ne comprennent pas ceux du temps présent. Une transition artificielle est ménagée par la question : « Pourquoi n'estimez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? * » Cette interrogation ne Jette pas grande lumière sur la suite. On peut admettre que l'évangéliste adopte l’idée d'une comparaison où serait fourni un exemple de jugement sain dans les intérèts de ce monde, avec application sous-entendue aux intérêts de l'éternité, et, dans cette hypothèse, la construction logique ne laisserait guère moins à désirer que la construction grammaticale ; ou bien Luc a pris le tout en allégorie, et voudrait signifier directement, en termes peu nets. les précautions à prendre pour le jugement divin , à moins encore que sa pensée n'ait flotté entre la comparaison et l’allégorie. Le discours est plus naturel si l'on suppose l'allégorie *. En mettant ce petit morceau en rapport avec l'idée du jugement dernier, Luc a pu se rapprocher autant que Matthieu du sens primitif.

Marta. v, 27. « Vous avez entendu qu'il a été dit: « Tu ne commettras point d’adultère. » 28. Et moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà commis dans son cœur l’adultère avec elle. »

La loi défend l’adultère #. Jésus la perfectionne en commentant

1. V. 58. &s yao Srayste ustx =09 àvs0tzov sou 2r’xpyovra, èv =i 00 00: ipyasiav arnAkayÜar 47° avroë.

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