‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 472 sur 807 · Cf. supr. p. 565, n · texte numérisé non relu

Cf. supr. p. 565, n

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garanti par l’abstention totale du serment. C'est pour donner au Ciel même des garanties contre leur propre versatilité ou leur duplicité, ou pour se prémunir contre la fraude, et par un sentiment de mutuelle défiance, que les hommes ont voulu prendre la Divinité à témoin de leur sincérité, l'inviter en quelque sorte et l’obliger à châtier le menteur. Dans la société des justes, une telle attitude à l’égard de Dieu et des hommes n'a plus de raison d'être : Dieu y est présent, et l'on n'a pas besoin de l'appeler ; tout discours est prononcé devant lui: et les citoyens du royaume ne sont pas gens de foi douteuse, qui aient à se précautionner les uns contre les autres; la garantie du serment serait donc superflue, et le serment ne serait qu un abus du nom divin. On dira simplement les choses comme elles sont : oui, si c’est oui: non, si c'est non !. Ayant défendu le serment en général, Jésus justifie sa proibition par l'énumération de certaines formules communément employées, en montrant qu'elles équivalent à une invocation expresse du nom divin, qui n a aucune raison d'être, et dont il convient de s'abstenir. On suppose volontiers que ces formules auraïent été adoptées parce qu'on croyait pouvoir les violer avec des risques moindres que celles où le nom de Dieu était directement exprimé; ainsi Jésus critiquerait plutôt la casuistique des pharisiens sur le serment, qu'il ne condamnerait le serment en lui-même *. Mais le texte défend les divers modes de serment, sans insinuer qu’ils servent à faciliter le parjure, et en les subordonnant à la prohibition universelle : « Je vous dis de ne pas jurer du tout ». S'il n'est pas question de formules où serait entré le nom divin, c'est que l'on évitait de telles formules, par respect pour le nom même de Dieu *. Jésus

1. V.31. foto Où 6 Adyos Suiv vai vai, où où. Cf. Jac. v, 12. #ru D GuGv 79 vai vai, zai 70 où 05. Cette paraphrase peut servir à interpréter Matthieu, et donne un sens plus naturel que celui de l’évangéliste. Si celui-ci a voulu dire qu'on répondra deux oui ou deux non. selon les cas, ce qui est le sens suggéré par son texte, cette interprétation est secondaire par rapport à Jacques. Voir citations de Justin, Clément Alex., etce., dans Rescu, IT, 96. BLass, M4. 44, introduit dans l'Évangile la leçon de Jacques.

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