‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 473 sur 807 · Dazman, I · texte numérisé non relu

Dazman, I

partage ce sentiment ; mais 1l réprouve les détours par lesquels on maintient le serment sans prononcer le nom divin. Ce sont pour lui subterfuges inutiles, qui ne laissent pas de mettre Dieu en cause, et dont 1l ne faut pas se servir.

Toutes ces formules de serment signifient au fond la même chose, puisque toutes, explicitement ou implicitement, prennent Dieu à témoin. Qui jure par le ciel jure par « le trône de Dieu ! », c’est-à-dire par celui qui est sur le trône ; qui jure par la terre jure par « l’escabeau de ses pieds ? », c’est-à-dire par celui qui est le vrai maître de la terre; qui jure par Jérusalem jure par la cité de Dieu, « la ville du grand Roi ? », c’est-à-dire par le Dieu de la ville sainte ; qui jure par sa propre tête, jure par le Dieu dont il dépend absolument, jeune ou vieux, et depuis l'instant de sa naissance jusqu'à celui de sa mort. Tout serment, en effet, implique la garantie d’un être supérieur à l’homme, et il n'a plus de sens quand il n'est pas prononcé devant Dieu.

On remarquera que le dernier exemple ne procède pas tout à fait de la même idée que les précédents, et qu'il ne se présente pas non plus de la même manière : il ne contient pas d’allusion biblique, et Jésus, qui dit « vous » dans le contexte, emploie par figure de langage le singulier. Peut-être cet exemple est-il une addition d’un rédacteur qui a voulu compléter la série et la leçon, par un cas familier à ses lecteurs ; ou bien serait-ce le dernier exemple, avec la conclusion, qui appartiendrait à Jésus, et tout le reste qui aurait été ajouté pour l’arrangement du discours ? On peut appliquer à ce cas le même principe d'interprétation qu'aux autres, mais l'application

est faite à ceux-ci, non à celui-là, et il semble que le trait final tende moins à sauvegarder la majesté du Créateur qu'à faire ressortir l’absurdité d'un serment fait sur sa propre tête par un être qui n'a pas la propriété de lui-même. Pour les cas précédents, bien qu'ils appartiennent sans doute à la première rédaction du discours, les emprunts systématiques au langage de l'Écriture sentent le docteur, et l'évangéliste a dû y mettre du sien.

1. Is. xvr, 1. Noter que, dans la formule &v +6 oùdpav& (Mr. v. 34), il s'agit du ciel même, et non de Dieu, comme dans la formule Basthsia tüv oboav@v, où l’on emploie le pluriel.

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