Cf. v. 7 et
mêmes formules, au lieu de prouver que Matthieu a trouvé l'Orai-
son dominicale dans un contexte qui n'était pas celui de Lue, elle …
prouverait plutôt le contraire !. On suppose volontiers que Matthieu n'a pas connu la parabole de l'Ami importun, qui suit l'Oraison dominicale dans le troisième Évangile, parce qu’il n'a pas reproduit cette parabole; mais il a pu l'omettre avec intention, de peur qu'on ne l'interprétät dans le sens d'une pratique matérielle de la prière, et, au lieu de la parabole, placer un conseil destiné à prévenir l'abus qu'elle lui faisait craindre. Quant à l'introduction historique de Luc, Matthieu a pu en connaître l'essentiel, et la négliger, parce qu'il voulait mettre l'Oraison dominicale dans le discours sur la montagne.
Tandis que Matthieu a inséré dans le discours, en les séparant l'une de l'autre, l'Oraison dominicale et l'exhortation à prier avec
confiance ?, on trouve dans Luc * les mêmes morceaux reliés par +
une parabole qui fait ressortir l'efficacité d'une prière persévérante. Cette parabole vient certainement de source, ainsi que la parabole de la Veuve et du juge ‘, à laquelle on peut croire qu'elle a été d'abord associée dans la tradition. Rien ne s'oppose à ce que l'Oraison dominicale, la parabole de l'Ami importun et celle de la Veuve. l'exhortation à une prière confiante aient été réunies ensemble dans la première rédaction des discours du Seignenr, de façon à former un recueil d'enseignements sur la prière. Matthieu aura laissé tomber les deux paraboles, et transposé la prière avec l'exhortation. L'interprétation eschatologique de la parabole de la Veuve l'avait déjà fait détacher de l’Ami importun dans la source directement exploitée par Luc.
Quant à l'introduction historique à l'Oraison dominicale, elle doit venir en partie de la source primitive, en partie de l'évangéliste. Luc ne dit ni où ni quand les disciples demandèrent à Jésus de leur apprendre à prier. Tout porte à croire que ce fut en Galilée, bien
1. La leçon de D, dans Le. xr, 1. ütav r205:0yns50:, un Bazrohoyeït: Ge où Aouxoi* , ï 11 18) pol ir Y
Doxodouv yap tives O7 àv 77 rohvhoyia adt@v cisaxouanoovra, est une simple contamination de Luc par Matthieu, et il n’y a pas lieu d'en tenir compte.
DVIL, 7-A A.
#. Lo. xvinr, 1-8.