ER DT
l'Oraison dominicale, a été interprété diversement, selon les étymologies qu'on a voulu en donner. Il semble que les évangélistes eux-mêmes y ont trouvé ou craint quelque obscurité, les mots « aujourd'hui » et « chaque jour » ayant dû être ajoutés pour en. déterminer le sens. Selon beaucoup de Pères grecs, il s'agirait du pain « nécessaire à la subsistance ! ». Selon quelques autres, ce serait le « pain du lendemain ? » : explication bien peu probable, nonobstant le commentaire subtil qu'on a voulu adapter à la demande ainsi comprise. On demanderait aujourd'hui le pain de demain, pour être dispensé de tout souei à cet égard *. L'idée même d'un souci possible pour le lendemain est écartée par la suite du discours sur la montagne, et, avant de s'inquiéter pour demain, il faut avoir de quoi manger aujourd'hui. L'Évangile des Hébreux, où l’on demandait expressément « le pain de demain # », doit être ici dans la dépendance du grec mal compris, et, quoi qu'en ait pensé saint Jérôme ?, ne représenter pas la leçon primitive de Matthieu. Luc, en lisant « chaque jour », et non « aujourd’hui », paraît bien avoir voulu marquer plus précisément qu'il s’agit de la nourriture proportionnée au besoin du jour présent. La prière : « donnenous aujourd'hui notre pain de demain », surtout : « donne-nous chaque jour notre pain du lendemain 6 », ressemblerait à une précaution prise contre un oubli possible du Père céleste. Une troisième explication, qui paraît la plus vraisemblable, et qui concorde pour le fond, sinon pour la dérivation étymologique, avec la première, a été adoptée par plusieurs critiques modernes : le pain dont il s’agit serait « Le pain de suffisance », la nourriture indispensable 7. Ce sens