Mr. xvur, 35 (Mc. xx
ii | LE DISCOURS SUR LA MONTAGNE 609
pense. 17. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête, et lave ton visage,
18. pour ne pas faire voir aux hommes que {u jeûnes, mais (seulement) à
ton Père qui est (présent) dans le secret ; el ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera. »
Ce conseil fait suite à ce qui a été dit plus haut sur la façon de prier. Comme il ne convient pas de faire ostentation de ses aumônes ou de sa piété, il ne convient pas non plus d'informer le public des Jeûnes que l’on s'impose. Il s'agit des jeünes volontaires où se complaisait la dévotion juive de l’époque. Si l’on veut jeüner, on ne doit pas se cacher la figure sous la cendre et la crasse, avec des cheveux et une barbe embroussaillés et malpropres, afin de faire voir que l’on est pénitent !. Il faut, au contraire, se parfumer la tête et se laver le visage. Les soins de toilette ou de propreté dont parle Jésus étaient regardés comme des devoirs de bienséance, principalement pour les repas. Ceux qui s'en dispensaient montraient ainsi qu'ils s’adonnaient au Jeùne. Le Sauveur prescrit à ses disciples de ne rien changer à leurs habitudes. Si l’on veut jeüner, que l’on jeûne pour Dieu, à qui l’on veut plaire par cette mortification, et que les hommes n'en sachent rien. Tout le discours, dans les trois parties qui le constituent, est destiné à combattre le défaut où tendait la piété pharisaïque, à savoir l'hypocrisie.
On sait que les disciples de Jésus ne Jeünaient pas ?. Le discours sur les trois œuvres de piété donnerait à supposer qu'ils jeünaient. Peut-être le discours n'a-t-1l pris forme que dans la tradition, et la question du jeûne y a-t-elle été traitée, dans l'esprit de Jésus, d'après ce que le Sauveur avait dit de la prière et de l’aumône. On peut dire aussi que le discours contre l'hypocrisie ne s'adresse : pas aux disciples qui accompagnaient Jésus, mais à un auditoire commun d'Israéhites plus ou moins bienveillants, qui observaient les pratiques de piété autorisées par l'usage du temps. Il n'est pas vraisemblable que le Sauveur ait jeüné lui-même ni recommandé le jeûne à ceux qui le suivaient ; par conséquent, il n y a pas lieu de supposer que
le discours remonterait à une époque où le Christ et son entourage
4. Le grec (y. 16): ägav£ousrv yàg 7à rpdowra aÿrGv Grue pavot z0i àvhp@rots Vnsteÿoyre<, contient un jeu de mots sur äoav%ovsw, « ils font disparaitre », et oavésw, « qu'ils paraissent ».