ScHANZ, Mt
les voleurs ; qui disperse son bien en aumônes s'acquiert un trésor au ciel. Dans ce dernier cas, tout sera dans l’ordre, car on a son cœur où l’on met son trésor. Mettons notre trésor dans le ciel, afin que notre cœur s’y porte ; c’est là qu'il doit tendre.
Luc n’a donc pas substitué une idée positive, mais étroite, à une idée négative, mais plus large !, qui aurait été dans la source et dans Matthieu. Il n’a fait sans doute que traduire, en l’accentuant dans le sens d’un abandon absolu de tous les biens, une instruction qui recommandait la bienfaisance, et condamnait l'amour des richesses et la passion d’accumuler, si fréquente chez les gens de médiocre condition. Les changements introduits dans la première partie de la sentence ressortent non seulement de la comparaison avec Matthieu, mais de ce qu'on lit dans la seconde partie. Il est évident que les bourses inusables s'opposent à des réserves périssables, et que le trésor au ciel, qui échappe au voleur et au ver, s'oppose à un trésor sur la terre, menacé par l’un et par l’autre.
Marra. vi, 22. « Le flambeau du corps, c’est l'œil : si donc ton œil est bon, lout lon corps sera éclairé ;
Luc, x1, 34. « Le flambeau de ton corps, c'est ton œil; quand ton œil est bon, tout ton corps est éclairé ;
23. mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera dans les ténèbres ; et si la lumière qui est en toi est ténèbres, que seront les ténèbres ! »
mais sl est mauvais, lon corps aussi est dans les ténèbres. 35.
Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. 36.
Si donc tout ton corps est éclairé, n'ayant rien de ténébreux, il sera éclairé tout entier, comme quand une lampe t'éclaire de (ses) rayons. »
Le sens primitif de cette réflexion n'est pas facile à reconnaître, et sa liaison avec le contexte est artificielle dans les deux Évangiles. Dans Matthieu, la sentence a un développement régulier, tout à fait analogue à celui de la comparaison du sel affadi ?. L’œil est le flambeau du corps, comme le sel fait la saveur des mets ; quand on a bon œil, tout le corps jouit de la lumière, comme si chaque membre voyait; mais si l'œil est mauvais, c’est tout le con-
1. Hozrzmanx, 372. Il est vrai, d'ailleurs, que Lc. x11, 33, s'inspire de xvurr,