‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 519 sur 807 · Cf. supr. p · texte numérisé non relu

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Puisque le discours sur les trois œuvres est une pièce rap | recommandation de traiter les autres comme on voudrait être té | soi-même pouvait venir très naturellement après le précepte Re es à l'amour des ennemis, et avant la parole contre les jugements téméraires. On s'expliquerait ainsi la place qu'elle occupe dans le troisième Evangile. Les additions faites dans le premier auraïent déterminé la transposition. Luc n’a pas la réflexion : « car c'est la Loi et les Prophètes », et il n'a pas dû la lire dans la source. On y reconnait l'esprit et le style du rédacteur ! qui associait plus haut les Prophètes à la Loi * pour signifier la révélation de l'Ancien Testament accomplie dans l'Évangile. L’assertion est un peu absolue, bien que l'évangéliste ne dise pas que la charité du prochain soit toute la loi. Cette règle positive de la charité pratique s'élève bien au-dessus de celle où s'arrêtaient les sages de l'Ancien Testament #, et qu'on dit avoir été professée par Hillel # : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, »

Efforcez-vous

Marta. vu, 13. « Entrez par la porte étroite, parce que large [est la porte|, et spacieuse la voie qui mène à la perdition, et nombreux

(Luc, xur, 24 « d'entrer par la porte étroite, parce que beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront

sont ceux qui y passent ; 14. mais pas. ») étroite [est la porte!, et resserrée la voie qui mène à la vie, etil y en a

peu qui la trouvent, »

Matthieu a voulu introduire par cette réflexion sur la difficulté du salut la conclusion du discours : on doit tàcher d'être du petit nombre de ceux qui prennent la voie pénible par où l’on parvient à la vie éternelle. Mais la sentence a été importée d’ailleurs, et, comme tant d'autres, elle a existé d'abord pour elle-même. Lue la donnera plus loin comme réponse à une question sur le nombre des élus, bien qu'elle soit, d’ailleurs, un simple conseil, non le solu-

tion d'un problème théologique. Porte étroite et voie resserrée

Cf. xxx, 40.

v, 17; supr. p. 562

Cf: Tos.\v. 15:

Tazm. Bas. Sabb, f. 31 : « Quod tibi ipsi odiosum est, proximo ne facias ; nam baec est tota Lex. » Ap. Hozrzmann, 224.

Se D —

Lu

désignent méthaphoriquement une même chose !, le renoncement et la pénitence qui sont la condition d'admissibilité à la vie éternelle. Les deux images sont associées, et il ne faut pas se représenter la porte au bout du chemin, comme figurant une dernière épreuve : la voie étroile passe sous la porte étroite, et ne fait avec elle qu'un seul moyen d'accès à la vie. Mais il n'y a qu’une porte, tandis qu'il y a deux chemins. Bien que Luc abrège visiblement la sentence, la source a pu contenir seulement une remarque sur la porte étroite que peu de gens sont capables de franchir, à cause de la difficulté du passage. Matthieu aurait combiné l'image de la porte étroite avec celle des deux chemins, familière à l’ancienne tradition chrétienne ?, mais qui paraît venir de la tradition juive ?. Il y a une voie large et facile à trouver, que suivent la plupart des hommes : c'est la voie de la perdition. Il y a un sentier étroit et difficile, que bien peu savent reconnaître et choisir : c’est le chemin de la vie éternelle. Le mélange des deux images n'introduit pas de confusion dans l'idée, mais seulement dans la représentation imaginative, et 1l a pu contribuer aussi à l'embarras de la construction grammaticale.

Marra. vu, 15. « Dé- (Marrk. x, 33. «Ou Luc, vi, 43. « Car ce fiez-vous des faux pro- faites l'arbre bon etson n'est pas un bon arbre phètes, qui viennent à fruit bon, ou faites l’ar- qui produit de mauvais vous sous des vête- bre mauvais et son fruit fruit, et ce n'est pas ments de brebis, mais mauvais; car c'est au non plus un arbre qui au fond sont des fruit qu'on connaît mauvais qui produit loups ravisseurs. 16. l'arbre. 34. Race de de bon fruit. 44. Vous les reconnaitrez vipères, comment- Chaque arbre, en effet, à leurs fruits. Est-ce pourriez-vous dire de se reconnait à son que l’on cueille des rai- bonne choses, étant fruit ; car on ne cueille sins sur des épines, ou mauvais ? Car la bou- pas de figues sur des des figues sur des ron- che parle de l’abondan- épines, et l'on ne ven-

1. Au v. 13, B et la plupart des témoins lisent ôrt rAatela ñ r%An. Plusieurs mss. lat. supposent z{ (quam) ; X omet ÿ z6An, et plusieurs mss. lat. font de mème. Au commencement du v. 1#. N B ont ür:; la plupart des témoins, tif; quelques mess. lat. et d’autres témoins omettent « la porte ». Il faut supposer que le second 67: est parallèle au premier, ou qu'il l'explique (Hozrzmanx, loc. Gut)e

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