‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 520 sur 807 · Cf. JÉR. xxr, 8 (Prov. xvr, 12 ; Ecczr. xxt · texte numérisé non relu

Cf. JÉR. xxr, 8 (Prov. xvr, 12 ; Ecczr. xxt

ces ? 17. Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l'arbre mauvais produit de mauvais fruits. 18. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre mauvais porter

ce du cœur. 35. L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor, et l’homme mauvais tire de mauvaises choses du mauvais sor. »)

tré-

un buisson. 45, L homme bon, du bon trésor de son cœur, produit le bien; et le méchant, du mauvais, produit le mal ; car c’est de l'abondance du cœur que

de bons fruits. 19. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 20.

C’est donc à leurs fruits

parle sa bouche. »

que vous les reconnaitrez. »

C'est dans le troisième Évangile que la conclusion du discours présente la meilleure suite. Le Sauveur a dit qu'on ne doit pas juger autrui, ni se mêler de corriger son prochain. avant de s'être corrigé soi-même. Il faut être d'abord un vrai disciple de l'Évangile, un bon arbre portant des fruits de vertu, et il ne suffit pas, pour avoir droit au royaume éternel, de donner à Jésus le nom de maitre, en ne faisant pas ce qu'il dit. Celui qui écoute la parole et la met en pratique est assuré de l'avenir; celui qui l'entend sans la pratiquer tombera. Luc aura donc mieux gardé la teneur et le sens de la conclusion primitive. Mais il s'en faut bien qu'il la reproduise sans modification. Dans le passage qu'on vient de lire, et dans le reste du discours, jusqu'à la parabole finale, on remarque un travail de rédaction qui n'appartient peut-être que partiellement aux évangélistes, et qui était déjà commencé dans leur source.

En Matthieu, Jésus, après avoir dit que la voie du salut n’est ni large ni fréquentée, prémunit ses auditeurs contre les faux prophètes, qui, sous l'apparence des vrais, travaillent à détourner les âmes du bon chemin. Si cet avertissement avait été donné par Jésus, il ne pourrait viser que les faux docteurs du judaïsme, les pharisiens; mais les pharisiens ne se présentaient pas comme prophètes, et Jésus n'aurait pu les qualifier de faux prophètes autrement que par métaphore ; il semble cependant que, s'il y a une métaphore en ce qui regarde le vêtement !, 1l n'y en a pas en ce

1. Non sans doute que l'évangéliste ait en vue le costume particulier des

Bd: si 2

qui regarde la qualité des personnes. De plus, ceux que l'on prémunit contre les faux prophètes ont l'air de former un groupe distinct du judaïsme, et à l'égard duquel les faux prophètes se comportent comme des loups. Ce groupe n'est pas celui des disciples pendant le ministère de Jésus, mais la communauté chrétienne déjà constituée, menacée de troubles et de divisions par le fait d'individus qui se prévalent faussement du don de l'Esprit. Les prophètes dont parle ici Matthieu sont évidemment ceux qu'ils mettra en scène un peu plus loin, qui ont prophétisé, chassé les démons, fait des miracles au nom de Jésus, c'est-à-dire des hommes dont le Sauveur n'a jamais eu l'occasion d'entretenir ses disciples, mais qui ont inquiété l'Église des premiers temps. Le passage appartient donc à la rédaction évangélique.

A raison de cette adaptation, l'évangéliste écrit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ! » ; mais la leçon primitive, d'accord avec ce qu'on lit ensuite, doit être celle de Luc : « chaque arbre se reconnaît à son fruit ? ». Les considérations sur ce qu’on peut attendre des bons et des mauvais arbres se trouvent dirigées contre les faux prophètes, et c’est à leur intention que l'on répète la parole de Jean-Baptiste * sur l'arbre qui sera coupé et jeté au feu. L'évangéliste a voulu leur prédire l'enfer. Mais il a introduit par là une surcharge dans le discours ; pour retrouver ensuite le fil de ses propres idées, et revenir à la distinction des vrais et des faux disciples, il est obligé de répéter : « C’est donc à leur fruit que vous les reconnaitrez. » Tout ce passage est tourné en allégorie. Les faux prophètes, après avoir été les loups ravisseurs, sont les mauvais arbres qui ne peuvent produire le fruit des bonnes œuvres, et qui seront jetés au feu éternel. Cette allégorie a pu ne pas exister dans la source, où on lisait seulement ce qu'on trouve dans Luc sur les arbres bons et mauvais, et qui n'a été d'abord qu'une simple comparaison. Même dans Matthieu, la distinction des épines et

prophètes et de Jean-Baptiste (nr, 4), puisque le mot « brebis » ne peut désigner les prophètes comme tels, mais parce que le vêtement figure ici l’extérieur. Matthieu doit entendre le mot « brebis » (rcd6aza) comme dans xxv, 32-33.

1. V. 16. àx0ô =üvy raorGy adr@v érryvuosofe adroûs. Le v. 18 (Lc. 43) a été transposé aussi pour l'adaptation.

Page 1