Cf. QÉ
4. Dans la notice de Jean : « Et ideo licit (licet) varia sinculis (singulis) evangeliorum libris principia doceantur (nonobstant la différence des points de départ), nihil tamen differt credentium fidei cum uno ac principali spu (spiritu) declarata sint in omnibus omnia de nativitate, de passione, de resurrectione, de conversatione cum decipulis (discipulis) suis ae de gemino ejus adventu, primo in humilitate dispectus (despeclo), quod foit (fuit), secundum (secundo) potestate regali preclarum (praeclaro), quod foturum (futurum) est. » Allusion au contenu du symbole apostolique (cf. Karrensusem, Das apostolische Symbol, Il, 354).
5. Sur ces prologues,jcf. Conssen, op. cit., supr. n. 1; Harnack, IT, 204-206, 298. On a voulu récemment les attribuer à Prisallien. CHapman, Revue bénédictine, XXII, m1, 335.
drie . Amplifications légendaires où il peut être imprudent de chercher quelque donnée d'histoire. Ce qu'on dit de Matthieu ne devient pas plus vrai à force d'être répété; la notice de Jean est de pure fantaisie, mais pourrait attester encore la nécessité où l’on est de faire valoir ses mérites contre une opposition récente ou actuelle ?. Marc devient lévite parce qu'il était cousin de Barnabé, lequel, d’après les Actes, appartenait à la race de Lévi*; le trait de l'irrégularité obtenue par le pouce coupé confond les fonctions lévitiques avec les fonctions sacerdotales, et ne peut être qu'une ingénieuse conjecture sur une donnée antérieure {. La notice
4. « Matthaeus ex Judaea sicut in ordine primus ponitur, ita evangelium in Judaea primus scripsit. Cujus vocatio ad Deum ex publicanis actibus fuit..... Qui (Johannes) etsi post omnes evangelium scripsisse dicitur, tamen dispositione canonis ordinati post Malthaeum ponitur, quoniam in Domino quae nowissima sunt, non velut extrema et abjecta numero, sed plenitudinis opere perfecta sunt, et hoc virgini debebatur..... Lucas Syrus natione Antiochensis, arte medicus, discipulus apostolorum, postea Paulum secutus usque ad confessionem ejus, serviens Deo sine crimine. Nam neque uxorem unquam habens neque filios, Lxxr111 annorum obiit in Bithynia plenus spiritu saneto. Qui cum jam descripta essent evangelia per Matthaeum quidem in Judaea, per Marcum autem in Italia, sancto instigante spiritu in Achaiae partibus hoc scripsit evangelium, significans etiam ipse in principio ante alia esse descripta. Cui extra ea quae ordo evangelicae dispositionis exposcit, ea maxime necessitas laboris fuit, ut primum Graecis fidelibus omni perfectione venturi in carnem Dei manifestata, ne judaicis fabulis intenti in solo legis desiderio tenerentur neve hereticis fabulis et stultis sollicitationibus sedueti excederent a veritate, elaboraret, dehine ut in principio evangelii Johannis nativitate praesumpta, ! cui evangelium scriberet et in quo electus scribéret, indicaret, contestans in se completa esse quae essent ab aliis inchoata..... Marcus evangelista Dei et Petri in baptismate filius atque in divino sermone discipulus sacerdotium in Israhel agens secundum carnem levita conversus ad fidem Christi evangelium in Italia scripsit, ostendens in eo quod et generi suo deberet et Christo...... Denique amputasse sibi post fidem pollicem dicitur, ut sacerdotio reprobus haberetur ; sed tantum consentiens fidei praedestinata potuit electio, ut necrsie in opere verbi perderet quod prius meruerat in genere. Nam Alexandriae episcopus fuit. » Texte d'après Corssen, 5-10.
2 (CR QÉT21-22,87:
3. Co. 1v, 10: Acr.rv, 36: xxx, 253 xirr, 5.13: xv, 35-39. Le «Petri. Chien vient de I Pier. 1v, 13.
4. J. Weiss, Das älleste Evangelium, 401. L'épithète de x9108032xru/0s est appliquée à Marc dans Philosophumena, vnr, 30, et le surnom expliqué d'une infirmilé naturelle dans le prologue du Cod. Toletanus : « Marcus qui et colobodactylus est nominatus ideo quod a caetera corporis proceritate digilos minores habuisset. » La forme singulière du second Évangile, sans la finale deutérocanonique (Mc. xvi, 9-20), serait-elle pour quelque chose dans l'invention de
ce trait?
RU PO PR 1.7, 2 <h ER te
de Luc est construite, pour une bonne partie, sur les Épitres de Paul, le prologue du troisième Évangile et les Actes !; on peut s'étonner que le rédacteur connaisse si bien le lieu de sa mort et l’âge où il est parvenu. Mais il n’est pas sans intérêt de noter que la tradition représentée par ces prologues assigne comme patrie à Matthieu la Syrie, à Jean l'Asie Mineure, à Marc l'Itahe, à Luc l’Achaïe. Quand même il y aurait encore une certaine mesure d'hypothèse et de système dans cette distribution, elle ne doit pas être tout à fait dépourvue de fondement par rapport au pays d’origine de chaque livre ou à son centre de diffusion.
Tertullien était déjà séparé de l'Église quand il défendait contre les sectateurs de Marcion ? le Nouveau Testament de la tradition catholique. Il croit et il affirme, comme [rénée, que les quatre Évangiles du canon, et ceux-là seulement, sont en possession de l'usage ecclésiastique depuis le temps des apôtres. Ceux-ci ont eux-mêmes formé « l'instrument évangélique », soit en publiant les livres qu'ils avaient composés, soit en approuvant et en couvrant de leur autorité ceux de leurs disciples ?. Quant aux traditions concernant l’origine de chaque Évangile et les circonstances de sa publication, le docteur africain se contente de les mentionner à l’occasion, sans s’y arrêter. Il veut tenir pour un fait indiscutable, bien qu'il n’en puisse fournir la preuve directe, que l'Église jouit de ses quatre Évangiles depuis l’âge apostolique ‘. L’argument de pres-
1. Ce doitêtre à cause des Actes, et par conjecture, que l’on assigne Antioche pour patrie à Luc; le médecin vient de Cor. 1v, 14; la singulière assertion : « Discipulus apostolorum, postea Paulum seculus », semble résulter d’une fausse interprétation (qu'on trouve dans Eusëse, Hist. eccl. 11, 4, 6) de Le.r, 3, Rapnx0A0vÜnxOTL avwey räou, le dernier mot étant censé concerner, non les choses que Luc va raconter, mais les personnes dont il vient de parler, à savoir les témoins du Christ (cf. supr. p. #8, n. 3).