‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 53 sur 807 · Vers 207-212 (Harnacx, Il · texte numérisé non relu

Vers 207-212 (Harnacx, Il

3. Adv. Marc. IV, 2. « Constituimus in primis evangelicum instrumentum apostolos auctores habere, quibus hoc munus evangelii promulgandi ab ipso Domino sit impositum; si et apostolicos, non tamen solos, sed cum apostolis et post apostolos. Quoniam praedicatio discipulorum suspecta fieri posset de gloriae studio, si non adsistat illi aucloritas magistrorum, imo Christi qui magistros apostolos facit. Denique nobis fidem ex apostolis Johannes et Matthaeus insinuant: ex apostolicis Lucas et Marcus instaurant.

4. Ado. Marc. 1v, 5. In summa, si constat id verius quod prius, id prius quod et ab initio, id ab initio quod ab apostolis, pariter utique constabit id esse ab apostolis traditum, quod apud ecclesias apostolorum fuerit sacrosanctum. .... (Ce témoignage étant acquis à l'Évangile de Luc), eadem auctoritas ecclesiarum apostolicarum ceteris quoque patrocinabitur evangeliis, quae proinde per illas et secundum illas habemus, Johannis dico et Matthaei, licet et Marcus quod edidit Petri aflirmatur cujus interpres Marcus; nam et Lucae digestum Paulo adscribere solent. Capit magistrorum videri quaediscipuli promulgarint.»

cripüion juridique lui tient lieu de témoignages, et 1l ne cherche pas dans la légende les moyens de suppléer aux ignorances, aux incertitudes où aux obscurités de la tradition primitive.

L'attitude de Clément d'Alexandrie ressemble davantage à celle de Justin, si ce n'est que Clément connait le canon des quatre Évangiles ecclésiastiques. Expliquant un passage de l'Évangile des Égyptiens, il commence par observer que ce texte « ne se trouve pas dans les quatre Évangiles qui nous ont été transmis ! »; après quoi il s'efforce d'y mettre un sens orthodoxe. Les nombreux emprunts qu'il fait aux apocryphes, alors même qu'il indique moins clairement ou qu'il n'indique pas du tout ? la différence qui existe entre les livres canoniques et les autres, ne prouve donc pas que l'Église d'Alexandrie, vers la fin du second siècle, ait reçu des évangiles apocryphes avec les quatre évangiles traditionnels. Les derniers seuls ont aux yeux de Clément lui-même

Strom. VII, 43, 92. ze@roy uèv obv èv zoïs rapadedoueévors. Quiv TÉrracai Üayye- À tous oùx =yo1Ley TO ÉnTOv, AT y z@ 227 Atyvrztous. Il s'agit de la parole du Christ à Salomé, supr. cil., p. 30, n 2. Il cite assez librement le texte des Évangiles, et il lui arrive d'alléguer comme parolés du Seigneur des sentences inconnues à la tradition canonique: Ainsi, SrRoM. I, 24, 158. aireïoe ap, onst, za ueydha zat à prroù Ouiv roootelnosræ, rai aiteite Ta eue zai 7à ériyeua buiv roocrelissrat (même sentence dans Onrr- GÈNE, De orat. 2,2; 14,1). I, 28. 1TT. ext Gpa xai N yoagi TotobTous TwVae Ua diaherturods oùtuws E0éhousa yevéchar raparveï yiveole DÈ Üozuor rpareslitat, Tà uv 4r0= doxudtovres, 70 dÈ xakov xatsyovtes (la finale +4 u2v &.x71., est commentaire emprunté à I Tuess. v, 21; la sentence est citée par Origène, les Homélies clémentines, le gnostique Apelles, la Pistis Sophia ; cf. Rores, Die Sprüche Jesu, 11). Strom. I, 19, 94. eides yép, onst, z0v àdsAoûv co, side +0y Üsdv cou (même sentence dans TerruzLieN, De orat. 26. « Vidisti, inquit, fratrem, vidisti Dominum tuum. Zaux, GK. I, 170, et Rores, 49, doutent qu'il s'agisse d'une citation évangélique). Cf! Strom. V, 10,64. rasryyathey 6 zdp10c Ev tut edayyshlw" uvotoroy ÉU0Y uot xai roïs vioïs 70ù olxov uov (la sentence a été tirée d'Is. xxrv, 16; mais Clément la eite d'après un évangile apocryphe, et de même les Homélies clémentines, x1x, 20; Zaux, GX., II, 740, pense à l'Évangile des ébionites). RME ici, pour la comparaison avec [I Clém., 13, 1, supr. cit. p. 16, n. 9, le passage de Strom.

II, 18, 91. £Acate, onoiv 6 xdou0c, iva Ehenfñre" aoter , , » 19 1° ":

ee buiv* ds rouite, oùtwe rounbrostar duiv &s didore, oùrms Doffostar duty se xoivere, oùtws xp10rosche" &e penotebeole, oûtws yenorevbnoitar duiv © uétew uetpeïre àvruetenÜnostar Ouiv. Il semble que Clément vise un évangile apocryphe et le cite avec une certaine défaveur dans Strom. IV, 6, 4. uaxdouor, gnsiv, oi Dedtuwryuévor Évexev dixmosdvns, Ot ao! vio 0eoù xAnÜaoyra: (combinaison de Mr. v, 10, avec 9): à ds rives r@v uetazt- Bévrov +à edayyélia" uazdptot, onsiv, oi Une vor Üro (brio?) ris drxatostvne, ôt adtoi Égovtar séhetot mal Waxdotor oi Dedtwyuivor Evexæ OI Fe fous <0roy 670 où Grey OHaovtar: On trouve, Quis dives, #0, la parole £o’ o ëri zoûrous zai 2e1v®, citée par Justin, supr. p. #3, n. 8.

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une autorité indiscutable, tandis qu'il est permis d'examiner, pour l’accepter ou pour le rejeter, le témoignage des livres que l'Église ne met pas officiellement au rang des Écritures. On doit avouer seulement que la critique du docteur alexandrin n'est pas exigeante, et qu'il reçoit un peu de toutes mains les écrits qui s'offrent à lui sous le couvert d'un nom respectable. Il parait d’ailleurs évident que ce n'est point Alexandrie qui a fixé les limites du canon évangélique ; on y aura suivi plutôt que prévenu les décisions prises ailleurs, et bien que l'éclectisme dont font preuve Clément et Origène ne soit pas à prendre pour la tradition proprement ecclésiastique de la communauté alexandrine, on est autorisé du moins à y reconnaitre comme une survivance d'un état moins réglé, d'un temps où le catalogue officiel des sources évangéliques n'était point arrêté. Les emprunts que Clément fait à l'Évangile des Égyptiens pourraient même induire à supposer que cet apocryphe avait été en grand crédit dans la communauté alexandrine, comme l'Evangile des Hébreux chez les chrétiens de Palestine qui ne lisaient pas le grec !, et que la constitution de l'Évangile quadriforme venait seulement de le reléguer en second plan, d'où il devait passer à l'oubli.

Clément, dans ses Æypolyposes, rapportait une tradition des anciens d'après laquelle les évangiles qui contiennent des généalogies auraient été écrits les premiers; Marc, qui avait longtemps assisté Pierre dans ses prédications, aurait été invité par les fidèles à mettre cet enseignement par écrit; 1l l'aurait fait du vivant de Pierre, sans que celui-ci prit sur lui de l’en empêcher ou de l’y encourager, bien qu'il ait dû ensuite recommander son œuvre; enfin Jean, voyant que les trois livres déjà écrits ‘ne montraient que le «le corps » de l'Évangile, et pressé par son entourage, puis soulevé par l'Esprit, aurait composé « l'Évangile spirituel ? » : spéculations sur le recueil déjà constitué, en vue d’expliquer la différence qui se remarque entre les trois premiers Évangiles et le quatrième.

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