‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 538 sur 807 · x, 1 (MG-w · texte numérisé non relu

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Les anciens Coramentatenrs ont expliqué diverseme qui avait conduit Jean à interroger le Christ, et le sens de | tion qu'il lui a posée. Beaucoup, s'autorisant du quatrième Évang et même de Matthieu, ont pensé que le Précurseur n'avait pas besoin d’é een pour lui-même, et qu'il envoyait ses propres disciples au Sauveur afin qu'il les instruisit. Telle n'est pas l'impression que donne le récit de Matthieu et de Luc. Le rédacteur du premier Évangile ne se souvient pas que, selon lui !, Jean, avant de baptiser Jésus, le connaissait déjà comme étant le Messie ; il reproduit, d'après la source qui lui est commune avec Luc, une série de textes d'où il ressort avec évidence que Jean n'a soupçonné que dans sa prison la mission du Christ, et que Jésus lui-même ne l'a jamais compté parmi ceux qui ont cru à l'Évangile. La question qui se pose devant son esprit, et qu'il fait adresser au Sauveur, n'est pas un doute survenant après la foi, mais le premier soupçon qui s'éveille dans son esprit touchant le grand rôle qui pourrait appartenir au prédicateur de Nazareth. A plus forte raison sa question n'est-elle pas un arlifice, d'ailleurs inutile et inconcevable, pour transmettre ses disciples à Jésus. Il eût été plus simple et plus sûr de leur dire d'abord que Jésus était le Christ, comme fait Jean dans le quatrième Évangile. L'hypothèse d'un doute se produisant après coup, parce que la conduite du Sauveur ne répondait pas à l'idée que Jean s'était formée du règne messianique ?, aurait dù s'exprimer autrement : elle est exclue par la teneur de la question, et ne peut s'appuyer sur celle de la réponse ; elle repose uniquement sur une autre conjecture, contredite par la tradition historique de l'Évangile, à savoir que Jean aurait reconnu Jésus en qualité de Messie avant de le baptiser, ou tout au moins à l'occasion de son baptême.

Jean est en prison, comme les trois Synoptiques l'ont dit plus haut *, et Josèphe { nous apprend qu'il était enfermé dans la forteresse de Machéro, à l’est de la mer Morte, sur les confins du désert | d'Arabie. Sa captivité n’était pas très dure : Antipas ne semble pas j avoir eu d'abord l'intention de le faire périr, et craignait peut-être é À

Cf, ur, 14; supr. p. 405.

. B. Weiss, £. 69. À Mc. x, 44; Mr. 1v, 12, Le. 1, 20; supr. p.429. . 4 Ant. XVII, 5, #.

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autant de froisser l'opinion populaire en le maltraitant, que de Île laisser en liberté !. Les bruits du dehors arrivaient jusqu'à lui, et ses disciples pouvaient obtenir la permission de le voir. C'est done probablement par eux, comme Luc l’a supposé, qu'il connut la renommée de Jésus, et les actions que l’on pouvait interpréter comme œuvres du Christ. D'autre part, l’attitude de Jésus ne répondait guère à l'idée qu'on se faisait du roi messianique, et Jean se trouvait ainsi dans une grande perplexité d'esprit. Afin d'en sortir, s’il était possible, et de s’éclairer lui-même, il prit le parti de s'adresser à Jésus. Les disciples ne sont, d'après le texte évangélique et en réalité, que des intermédiaires. La question est posée par le Précurseur et pour lui; elle met Jésus en demeure de se prononcer sur la qualité qu'il s’attribue lui-même. Jean avait annoncé en quelque façon « celui qui vient », c'est-à-dire le Messie, objet des espérances israélites ; il avait prédit le grand jugement, et l’avait déclaré prochain ; il attendait toujours, avec une impatience que le temps et la captivité n'avaient pu qu'accroître; il voulait savoir si le prophète galiléen était le grand envoyé, ou bien un héraut du royaume céleste, qui le préparait sans l’amener ?. Posée en ces termes, la question du Baptiste n'avait pas chance d'obtenir une réponse directe, puisque Jésus ne croyait pas pouvoir, et ne voulait pas déclarer sa qualité de Messie. En effet, la réponse du Sauveur est évasive, au moins dans la forme, et laisse à l’interrogateur toute la responsabilité du jugement qu'il croira devoir porter sur l'objet de sa demande. Matthieu a mis cette réponse en regard du message, sans s'arrêter au détail de la transmission. Luc qui n'a pas, comme lui, raconté auparavant uue longue série de miracles variés, par lesquels se trouve justifiée, au point de vue du narrateur, l’énumération que Jésus va faire de ses œuvres, a cru devoir raconter l'exécution du message, afin d'y rattacher une notice qu'il suppose indispensable. Dans le moment où les envoyés du Baptiste arrivèrent, Jésus aurait été en train de faire une grande quantité de

1 CE Mo. vr, 20.

2. oùet 6 épyôuevos, n £repov reoodozœuey ; les termes de la question sont identiques dans Mr. 3, et Lc. 19, 20, sauf que Luc remplace £tco0v par &Xàov (dans le texte ordinaire, car KNBL ont aussi étecoy dans Luc). Sur « celui qui vient », cf. Hésr. x. 37. L'emploi de « venant » comme désignation messianique se rat-

tachait à différents textes de l'Ancien Testament, surtout au Ps. exvirr. 26.

vue à de nombreux aveugles. Le relief donné à ceux-ci tient à ce que

les aveugles sont nommés d'abord dans la réponse du Sauveur. La notice est surajoutée au texte de la source ; c'est une véritable interpolation. Et il n’est pas moins évident que, pour le fond, l’évangéliste ne puise pas ce renseignement dans une tradition quelconque, écrite ou orale, mais qu'il le suppose fourni par le discours de Jésus. Puisque le Sauveur dit aux messagers de raconter ce qu'ils ont vu et entendu, c'est donc qu'ils ont été témoins de certains miracles, et qu'ils en ont entendu raconter d’autres ; la première catégorie est la plus nombreuse ; elle comprend les guérisons d'aveugles, de malades et d'infirmes, qui correspondent plus ou moins aux lépreux et aux boiteux dont parle Jésus, de possédés, qui correspondent aux sourds-muets * ; restent seulement, comme miracles connus par ouïdire, les résurrections de morts, l'évangéliste ayant pensé sans doute que Jésus n'avait jamais ressuscité plusieurs morts le même jour ; il n'aura pas voulu non plus insérer dans ce récit l'histoire du ressuscité de Naïn, ce qui aurait brisé l'économie de la narration ; mais il l’a mise le plus près possible, de façon que ce miracle préliminaire complétàt l'énumération de la notice. Histoire et notice forment le commentaire que Luc a voulu donner à la réponse de Jésus. Matthieu a entendu cette réponse de la même façon, mais la combinaison rédactionnelle qu'il avait adoptée le dispensait de glose explicative. Les deux évangélistes ont interprété la réponse du ‘Sauveur comme un appel aux miracles qu'il avait faits, sans égard particulier à ce qui semble avoir été pour Jésus le principal, à savoir l'évangélisation des pauvres.

Si l'on suit leur pensée, Jésus aurait attiré l'attention de Jean sur les faits qui avaient provoqué sa demande, et lui aurait présenté les miracles comme des œuvres messianiques, se référant implicitement aux prophéties anciennes, surtout au passage d'Isaïe à : «Alors les yeux des aveugles se dessilleront, et les oreilles des sourds s'ouvriront, le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet prononcera des chants de joie. » Jésus aurait complété

1. V. 21. iv ixeivn ti wox éfepdreusev roXkods a70 vootwv zai uastiywv rai rveuud- <wv rovno@v, xat ruphoïs ro oïs éyapisaro Bhirev. 2: (CF. xx, M4

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