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Les propositions qui suivent, surtout celles qui regardent le
rapport de Jean avec le rovaume céleste, ont un caractère didac-
tique, et sont peu à leur place dans un discours au peuple !: elles sont à intérpréter par elles-mêmes plutôt que par leur contexte. La tradition paraît les avoir marquées de son empreinte. Le royaume des cieux y semble identifié à la société chrétienne, et l'on a remarqué que c’est seulement dans ce passage que Jésus appelle Jean « le Baptiste? ». La formule : « Depuis le temps de Jean le Baptiste jusqu'à maintenant », convient assez peu dans la bouche du Christ, qui n'a pas survécu longtemps à Jean, et qui n’a guère pu parler comme si le royaume durait depuis des années, puisque généralement il l'annonce comme à venir.
Toujours est-il que la mission providentielle de Jean fait de lui le plus grand des hommes qui ont paru jusqu'à son temps, et d'après Luc, le plus grand des prophètes 5. « Mais le plus petit dans le royaume est plus grand que lui. » Là est le mot capital du discours, et ce trait suffit à prouver qu'on ne fait pas l'apologie de Jean-Baptiste ; on définit la mission du Précurseur par rapport au royaume des cieux. Si grand qu'ait été l'homme, si importante qu'ait été l'œuvre, en tant que préparatoire au règne de Dieu, Jean est au-dessous d2 quiconque appartient au royaume. Plusieurs commentateurs anciens, ne voulant pas mettre le Précurseur hors
28 a (Grt oùDcis uefwy v yevvnzote yuvatxdv zpozrens, Lwdvou =05 Barz1oroù) au v. 26, amène la citation (v. 27), et la fait suivre de 28 b (Aéyw Gë Suiv, Gze 6 utxodzecos adtod y z7 Bastasia <0ù God ueXwv adroù 2571). Toutefois Mr. 10 complète heureusement le v. 11. Le mot +c021:ns (D A etc., Ss.) parait authentique dans Le. 28, à lire : Aîye Duiv, mew y yevynroïs YUVAXGY FROTÉENES ‘lwävou oddeis Ecru “6 ÔÈ uxo6tesos èv ti Basthsix x=h. L'addition de 45:05 dans D, après u:2060+:09:, tend peut-être à montrer le Christ dans ce plus petit qui est plus grand (cf. Merx, II, x, 241). Quoi qu'il en soit, l’omission de zp0zr=n<, dans K B etc., doit être pour la conformation avec Matthieu. Luc le premier peut avoir eu scrupule d'écrire que Jean était plus grand que tous les enfants des femmes, Jésus lui-même étant né d'une femme. Matthieu avait pu l'écrire, parce que le reste du discours montrait que Jean était le plus grand des hommes qui avaient paru avant le royaume. La transposition de Lc. xvr, 16, donnerait à penser que l'évangéliste craignait autant de faire Jean trop grand, que de l'exclure formellement du royaume ; c'est pourquoi il se sera borné à le désigner comme supérieur à tous les anciens prophètes. 1. WELLHAUSEN, Mt. 53.
2. WELLuAUSsEN, Mt. 54; cf. Werxce. Die Reichsgotteshoffnung, 44-45.