‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 546 sur 807 · Cf. supr. p. 668, n · texte numérisé non relu

Cf. supr. p. 668, n

a reçu ce are tous les pauvres qui ont cru à la on ns | candidats au royaume, et déjà ses membres, quoique moins grands que Jean par la valeur et l’action personnelles, sont plus grands que Jean par le rapport qui les unit à Dieu. Puisque Jean n'a pas adhéré, comme eux, d’une foi simple et entière, à l'Evangile, etn'y a pas reconnu le commencement du royaume céleste, il peut bien être le plus grand des hommes, et même celui de tous qui a le plus contribué à préparer la voie de Dieu; mais, restant en dehors du royaume, il n'est rien dans le royaume. Une telle assertion détone au milieu de l'harmonie que la tradition a voulu établir entre la prédication de Jean et celle de Jésus; mais elle sert à éclairer le rapport historique de l’une et de l’autre, montrant à la fois l'impression profonde que Jean avait faite en son temps sur le Sauveur et sur ses disciples, et l'indépendance réciproque de Jésus et du Baptiste en ce qui regarde leurs ministères respectifs.

La sentence qu'on lit ensuite dans Matthieu n'est pas très claire, bien qu'elle soit probablement dans le contexte que lui donnait la source. Luc paraît l'avoir transposée et abrégée de propos délibéré, tout en retenant l'ordre primitif des deux idées qui la composent, à savoir l'aboutissement à Jean de l'ancienne économie prophétique, et l'état violent où se trouve actuellement le royaume. De ces deux idées, la première se relie à ce qui a été dit sur l'infériorité de Jean à l'égard des membres du royaume. Matthieu aura dérangé l'équilibre du passage, afin d'amener, à la fin, l'identification de Jean avec Élie : consciemment ou non, il adoucit l’antithèse entre Jean et le royaume. Jean doit être au-dessous de quiconque appartient au royaume, puisque lui-même n’en est pas. Et en effet, la Loi et les Prophètes viennent jusqu'à Jean ?, Matthieu dit : « ont prophétisé » ; il place même les Prophètes avant la Loi *, parce que toute

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