‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 558 sur 807 · V. 40. Ziuwv, £yw got 1 sireir · texte numérisé non relu

V. 40. Ziuwv, £yw got 1 sireir

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charité. Car le discours de Jésus ne tend pas à le faire valoir même comme envoyé de Dieu, mais à justifier son attitude à l'égard. de la femme.

Le récit ne fait nullement entendre que le Sauveur ait connu par une lumière surnaturelle les antécédents de la femme et les sentiments de son hôte : l'extérieur de la première disait sans doute encore ce qu'elle avait été jusqu à ce moment, et rien n'était plus facile à deviner que la pensée du pharisien. Jésus comprend et excuse cette pensée. La façon dont il parle est conforme aux habitudes de la politesse orientale, et ne contient aucune ironie. I demande la parole, et son hôte, non moins poliment, et en l'appelant « maitre » !, l'invite à la prendre; alors Jésus donne l’explication qu'il a toute prête. L'hôte est interpellé par son nom de Simon. Pour ce motif, on l'a identifié parfois avec Simon le lépreux, chez qui à lieu l’onction racontée dans les deux premiers Évangiles, soit que l'on réunit les deux onctions en une seule, soit qu'on admit deux faits distincts, qui auraient eu lieu dans la même maison, à des époques diverses. L'identification des deux personnages qui ont reçu Jésus n’est ni plus ni moins justifiée que celle des deux onctions,et celle des deux femmes qui les ont faites. Dès qu'on admet la dualité des incidents, la rencontre du nom de Simon chez deux personnes qui ont été en rapport avec le Sauveur n’a rien d'extraordinaire, vu que ce nom était très répandu. Mais on remarquera que le pharisien est anonyme au début du récit, et que le nom de Simon arrive sans préparation dans le discours. Tout porte à croire .que ce nom a été emprunté par Luc à l'Évangile de Marc.

Jésus tient à son hôte un petit discours parabolique dont il fait ensuite l'application. Deux débiteurs avaient affaire au même créancier pour des sommes inégales, l’un lui devant cinq cents deniers, et l’autre cinquante seulement ; comme tous les deux étaient insolvables, le créancier, exemple rare chez les prêteurs, et qui a dù toucher d'autant plus les débiteurs, leur a fait grâce de tout. Le plus reconnaissant a été naturellement celui qui avait la plus forte dette. Jésus ne tire pas cette conclusion lui-même ; il demande au phari-

1. V. 41. àtasxak:, aire. On pourrait conclure de là que, au moins dans la pensée du récit, ce pharisien n'étail pas lui-même un docteur, puisque Jésus, de son côté, l'appelle simplement par son nom (JüLicner, Il, 290).

sien ce qu'il pense du cas, et le pharisien fait la réponse qui con- ‘vient, mais avec modestie, comme en reconnaissant à son interlocuteur le droit d'être d'un avis contraire ! ; Jésus approuve la réponse, mais parce qu'elle est vraie, non pour insinuer que celui qui l’a faite s'est condamné lui-même. Que le jeu de dialogue vienne de la source, où qu'il ait été arrangé par l’évangéliste. on ne doit v voir qu'un assaut de politesse entre Jésus et le pharisien. Ce que Jésus dit ensuite pourrait s'entendre facilement en manière de critique à l'égard de son hôte, qui aurait manqué de lui rendre tous les honneurs convenables, et il est probable que l'évangéliste l'a ainsi compris. Mais la conclusion, touchant le rapport qui existe entre l'amour et la dette, montre que les deux personnes en cause ont fait chacune ce qui convenait à leur situation. Si l’on se réglait sur le contexte, les omissions du pharisien ne seraient donc pas rappelées pour être blâmées, mais pour être comparées aux actes positifs de la femme. En fait, la série de ces omissions paraît s'allonger d’une façon désobligeante pour leur auteur : c’est qu'elle a été sans doute augmentée par l’évangéliste, à moins qu'elle ne soit de lui tout entière ; mais l’antithèse porte en définitive sur les manifestations de charité, non sur les devoirs du pharisien et sur ceux de la femme. Le pharisien n'avait pas été incivil envers Jésus, et Jésus n’a pas l'incivilité de le réprimander chez lui ; seulement le Sauveur lui avait fourni l'occasion de témoignages plus particuliers d'affection, et c'est la femme qui, en réalité, les a rendus ?.

Pour que le pharisien juge aussi équitablement la conduite de la femme qu'il a bien tiré la conclusion de la parabole, Jésus lui rappelle ce qui s'est passé depuis qu'il est entré chez lui *. A l’arrivée, l'hôte ne lui a pas lavé les pieds, ne l’a pas baisé, ne lui a pas oint la tête : le lavement des pieds était de coutume et quasi de nécessité pour les convives arrivant de voyage, mais non pour tout invité ; le bain, de même, n'était pas donné à tout le monde, et l'onction était réservée pour les grandes occasions. Ce que le pha-

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