HorrzmManN
LOC DCE xx 228
Matthieu a vu dans cette description une parabole dont cation concernait les Juifs : il en serait des contemporains de
comme d'un possédé qui, provisoirement débarrassé de son démon, ; retomberait bientôt dans un état pire, avec huit démons qui se fixeraient définitivement en lui. Poussant l'application de la parabole en allégorie, les commentateurs se sont demandé à quelle époque … on peut dire que le peuple juif a été soustrait à l'influence diabolique, et les uns remontent jusqu'a Moïse, ou seulement aux prophètes, à la captivité ; d'autres s'arrêtent à la prédication de Jean et aux débuts de l'Évangile !. !. On a cherché aussi, fort inutilement, une signification aux autres détails du tableau. L'évangéliste s'en tenait à la comparaison, et c’est lui-même qui la fait, la proposition finale : « Ainsi en sera-t-il de cette génération mauvaise ? », qui manque dans Luc, ayant été ajoutée par Matthieu afin de rattacher ce morceau à la menace contenue dans les paroles concernant Jonas et la reine de Saba. Mais, si l’on voit bien une correspondance quelconque entre l'irrémédiable.incrédulité des Juifs, qui seront accablés, au jugement dernier, par le témoignage des Ninivites pénitents ou celui de la reine de Saba, et la situation de l’homme abandonné aux démons qui le possèdent, le texte et l'histoire de l’exégèse montrent clairement que la guérison provisoire du possédé ma aucun parallèle. Cette adaptation boiteuse n'est pas le sens primitif du discours.
Luc reproduit le fragment comme il l'a trouvé dans la source, mais il le donne avant la réponse aux demandeurs de signe. On peut croire qu'il n'a pas fait de transposition, et que la source amenait ce récit de possession après la réponse de Jésus à ceux qui l'accusaient d’être lui-même possédé. Le rapprochement ne se fondait pas sur la coordination logique des deux morceaux, mais sur ce que, dans tous les deux, il était parlé de possession. Dans le troisième Évangile, ou tout au moins dans sa source immédiate, après - la parole : « Qui n'est pas avec moi est contre moi », l'idée sous-. entendue paraît être que quiconque ne s'attache pas entièrement à Jésus devient son ennemi et tombe dans la réprobation finale, nonobstant l'intérêt qu'il a pu prendre à sa parole, et le fruit qu'il
. Cf Mazpoxar, I, 260-261.
2. V. 45. oûrws Eotat ai 59 yeve® saucn ti novnca. Cf. v. 39. yevex rovnpa xai uotpahis.
BEELZEZOUL où El
a pu en tirer provisoirement, tout comme un possédé qui, momentanément délivré, retombe au pouvoir de démons plus méchants que le premier. Cette idée semble ressortir aussi de la parole que Luc a voulu amener ensuite : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique ». S'il avait voulu signifier que les exorcismes juifs ne produisaient pas de guérison durable !, il aurait négligé de dire le principal de sa pensée ?. . Mais la description de la rechute est à considérer en elle-même, indépendamment de toute combinaison rédactionnelle, et rien ne justifie une interprétation métaphorique. L'idée morale de la rechute dans le péché ny est pas plus représentée que les destinées d'Israël. Pas un seul trait ne signifie la domination du péché sur l'âme coupable, et il importe peu que la possession corporelle soit conçue, jusqu'à un certain point, comme la conséquence de la possession spirituelle. On ne voit pas quel rapport il y aurait entre la maison nettoyée et le tempérament moral d'un pécheur, non plus qu'entre l'expulsion du démon et l'impression produite sur les Juifs par Jean-Baptiste *. L'ensemble et les détails du récit ne reflètent que les conceptions populaires touchant la possession physique, d'où résulte l’aliénation mentale, et touchant les coutumes supposées des démons. Quand un esprit impur, chassé par la vertu de l'exoreisme, est sorti de l'homme ‘ dont il avait fait sa demeure et son instrument, il se trouve comme au dépourvu; errant, 1l s'en va dans le désert, séjour originel et domicile régulier de ces ètres dangereux; il y recherche une habitation commode et paisible ?, et le désert, où il n’y a pas d'hommes, ne lui offre rien d'aussi avantageux que ce quil a quitté, la créature humaine où il avait pris son logement; il s'en revient donc el il trouve son ancienne maison toute propre et parée ©, Matthieu dit d'abord « libre 7? » ; la maison avait acquis toutes ces qualités par le fait de son absence : en la voyant si avenante, il juge bon de ne