Cf. supr.p. 141, n
3. V. 12. al repioseulsezat est ajouté d’après xxv, 29, au lexte de Marc.
AD
soit plutôt la vérité de la Le qui reste acquise au chris as qui
est perdue pour le Juif par son incrédulité à l'Évangile ?. Ainsi le …
dédoublement introduit dans l'idée de Marc s'accentue de plus en plus, et le rapport entre l'emploi des paraboles et la réprobation d'Israël en est un peu obscurci. Mais il n'en subsiste pas moins dans l'esprit de l’évangéliste, car on lit ensuite : « C’est pourquoi », attendu qu'il ne leur est pas donné d'entendre, et qu'on dépouille celui qui n'a rien, « je leur parle en paraboles, parce que, tout en voyant, ils ne voient pas * ». S'il n'est pas dit expressément que Jésus se sert des paraboles pour produire l’aveuglement des Juifs, l'idée reste à peu près la même. Jésus emploie la parabole parce qu'il n'a pas été donné aux Juifs de connaître les mystères : c'est donc pour ne pas leur révéler les mystères dont il s’agit: Si les Juifs voient sans voir, c'est l'effet de la volonté providentielle qui leur interdit la connaissance des vérités du salut;
mais il est sous-entendu que la parabole est l'instrument de cette
volonté, étant l'énigme mystérieuse que l’on entend sans l'entendre, parce que l'on entend l'énigme, et que l’on ne comprend pas le mystère. La citation d'Isaïe vient à l'appui de cette explication.
Cédant à son goût pour les prophéties, Matthieu reproduit tout au long, d'après les Septante *, le passage auquel Marc se référait
4. Jüricner, [, 129. B. Wiss. E. 82 : « Les paraboles, sans explication, - facilement oubliées », semble trop littéral. . Scuaxz, M{. 340.
3. V. 13. d1ù sodro èv rapafohaïs adroïs ka®, üzt Ghirovzss où GAirousuwv. On doit rapporter dtx roïro à ce qui précède, vv. 11-12, pour amener la réponse directe à la question du v. 10; 67 est explicatif, Matthieu rejoint ici Marc (11 2-12) et
le résume avant de produire la citation d’Isaïe. \
4. Is. vi, 9-10. On lit dans l’hébreu : « Va dire à ce peuple : Écoutez bien et ne comprenez pas; regardez bien et ne connaissez pas. Épaissis le cœur (l'intelligence) de ce peuple; endurcis ses oreilles et bouche ses yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux, n’entende de ses oreilles, ne comprenne avec son cœur, et qu'il ne se convertisse et soit guéri. » L'hébreu convient mieux à la thèse de Marc, el la conceptien propre de Matthieu se fonde sur ce qu'il y a d'inexact dans la version grecque (HozrzmanN, 247); mais il importe peu
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à la question principale, à savoir la raison d'être des paraboles, que l'aveu-
Fr:
implicitement. Ce texte prouve encore la nécessité providentielle de la situation où se trouvent les Juifs à l'égard des paraboles : « en eux s'accomplit la prophétie d'Isaïe qui dit : « Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez pas ». Les paraboles, participent à la même nécessité : elles sont voulues de Dieu pour entretenir l'endurcissement des Juifs, censé acquis avant les paraboles ; mais l'évangéliste va jusqu'au bout de la citation, de façon à rencontrer Marc, et à dire que, si les Juifs se montrent aveugles et sourds, c'est parce que Dieu ne veut pas qu'ils voient ni entendent, ni qu'ils trouvent ainsi le moyen d'être sauvés. Les paraboles sont adaptées à l'accomplissement de ce dessein. Matthieu conserve donc l'idée de Marc, mais il aura trouvé quelque avantage à ne pas la mettre dans la bouche de Jésus comme expression d'une volonté personnelle ; il a désarticulé le discours de manière à signaler comme un fait l'aveuglement des Juifs en face et par le moyen des paraboles, et à réserver la déclaration du dessein providentiel d'endurcissement pour la citation prophétique !. Ce développement atténue, peut-être avec intention, la forme du discours dans Mare, mais il n'atténue que la forme, même en ce qui regarde l'intention personnelle de Jésus, qui est simplement subordonnée au décret divin. Marc l'entendait ainsi, bien qu'il ne le dise pas. La seule modification réelle qui soit introduite consiste en ce que Matthieu dit explicitement ce que Luc admet implicitement, à savoir que les paraboles n'ont pas été qu'un instrument de réprobation pour les Juifs, mais qu’elles ont eu leur utilité pour les disciples. L’attention que Matthieu et Luc ont apportée aux paraboles, et l'impression favorable qu'ils en ont reçue ont pu les induire à
glement des Juifs précède déjà, ou suive seulement les paraboles, attendu que Marc n'exclut pas l’aveuglement antérieur, et que Matthieu voit dans les paraboles un moyen providentiel de l'entretenir. Matthieu n'entend pas parler d'un parti pris de ne pas voir, car il maintient l'obscurité objective des paraboles, et ne confond nullement cette obscurité avec la disposition subjective des auditeurs. « De peur qu'ils ne voient, etc. » marque aussi l'intention de la Providence, non celle des Juifs.
1. Cette citation est censée dite par Jésus, et c'est pourquoi l'évangéliste varie la formule qui lui sert à introduire les prophéties (cf. v. 35. 6rw: 7Ano00% 70 pK0sy) ; mais on reconnaît sa manière et l’artifice de la suture qui rattache le passage d'Isaïe au texte abrégé de Mare, dans ce commencement du v. 14 :
Vs ERA = 2 + e LC + ee LA 42 AYATANGOUTAL AVTOL T7 T2091T21% Hoatov Li ASYOVGX.
boles et de leur efficacité aveuglante.
Après avoir décrit avec complaisance l'état de ceux à qui Dieu n'a pas voulu donner la connaissance des mystères, 1l revient au privilège des disciples, et le célèbre au moyen d’une parole que Luc a rapportée dans un autre endroit !. Le texte de Luc est plus complet et, dans l'ensemble, primitif relativement à Matthieu. Même dans Matthieu, il est évident que la comparaison des disciples avec les anciens prophètes a porté d’abord sur l’objet qui a été vu par
les disciples, et que les prophètes et les justes d'autrefois n’ont pas
vu, bien qu'ils l’aient souhaité, c'est-à-dire la venue du Messie, non sur la faculté de voir, dont on ne peut supposer que les justes et les prophètes auraient été privés. Pour adapter ce passage à sa propre idée, le rédacteur, au lieu de dire avec Luc : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez?! » écrit : « Mais heureux vos yeux parce qu'ils voient ? ! » ce qui relève les disciples par rapport aux Juifs, qui ne peuvent pas voir. Vient enfin, sans introduction particulière, l'explication de la parabole du Semeur. L'évangéliste suppose que les apôtres ne comprennent pas mieux que les autres le langage mystérieux des paraboles. On pourrait donc lui objecter que leurs yeux ne voient pas, nonobstant ce qu'il vient de dire à ce sujet. Tout ce développement, fait de pièces rapportées et mal jointes, n’est pas dominé par une logique trop sévère, et la sigmification de l'ensemble tient, pour le rédacteur, dans ces deux idées : la vérité n'est pas pour les Juifs, et les paraboles servent à la leur cacher: la vérité est pour les disciples, et c'est pour cela que les paraboles leur sont expliquées.
Les évangélistes ont donc trouvé les paraboles obscures, et ils ont pensé que Jésus avait parlé en paraboles pour n'être pas compris des Juifs : ce serait, d'après Mare, le but unique, d'après Matthieu
1. Le. x, 23-24. L'insertion de cette sentence parait compenser dans Matthieu
Mere à de Mec. 1v, 21-23, utilisé antérieurement (Hocrzmaxx, loc. cil.). . Le. x, 23. paxdptot oi opakuoi oi Bhërovres à BAirers.
3. V. 16. Suy dé partout 0! otabei ôrt Bhérousu. Rien ne correspond dans Luc à ce qui suit : xai +à @za 07 #xoÿovs:v, mais cette addition vient de la source et se trouve garantie en quelque façon par Luc, x, 2#, où il est question de voir et d'entendre, comme dans Matthieu.
des ue, qui est celui du chrétien, que de l'obsetii des para-
et Lue, le but principal des paraboles. Étant donné que les paraboles étaient très claires en elles-mêmes; que Jésus n'a jamais parlé que pour éclairer ses auditeurs; que la parabole même du Semeur suppose à la prédication du Sauveur un autre but et un autre résultat, l'opinion des évangélistes n’est pas fondée en histoire, et le texte de Mare, dont dépendent les deux autres Synoptiques, ne peut être une parole authentique du Christ; c’est une hypothèse de la tradition, et l'analyse critique du chapitre où 1l se trouve, invite aussi, comme on l'a vu plus haut, à lui attribuer ce caractère. Pour en sauver l’authenticité, on a dit que la prédestination s'exprimait dans ce passage avec la rigueur absolue de la théologie sémitique, mais que Jésus lui-même avait pu émettre ce Jugement au sujet des paraboles, parce que quelques-unes du moins sont propres à cacher aux uns ce qu'elles révèlent aux autres !. Assertion contraire au fait, car les paraboles n'avaient rien d'énigmatique, et au texte des Évangiles, où les paraboles sont censées obscures par elles-mêmes et pour tout le monde. On a dit aussi que le secret du royaume était sa présence spirituelle, qui était l’objet des paraboles, et que le peuple ne pouvait comprendre ?. Mais le « secret » ou « les secrets » du royaume sont les vérités de l'Évangile, qui ne sont pas destinées aux Juifs réprouvés ; l'objet des paraboles n'est pas la présence invisible du royaume, et quand même leur objet serait tel, on ne voit pas comment elles empêcheraient de le reconnaitre ; or les évangélistes enseignent que les paraboles mêmes, et non seulement les dispositions des personnes, font obstacle à l'intelligence du mystère. On a dit enfin que Jésus, par une sorte de procédé pédagogique, aurait adopté une forme d'enseignement qui devait provoquer la curiosité des âmes de bonne volonté, touchant les vérités du salut, mais non les révéler directement à tous ; les paraboles auraient eu pour but d'amener ceux qui les entendaient à poser des questions au Christ, comme font les disciples ; elles auraient ainsi opéré dans l’auditoire une sorte de triage entre les esprits bien disposés et ceux qui ne désiraient pas se convertir; instrument de lumière pour les âmes droites, elles auraient été l'instrument providentiel de l’endurcissement pour les âmes tortueuses et les consciences obscures ; ce résultat de l’enseignement parabolique aurait été constaté par Jésus à