Avec WELLHAUSEN, E
suivi; les un de la semence qui croit toute seule, et “ grain de sénevé, sont introduites de la même façon que la sentence de la lampe et cl de la mesure; l'évangéliste a pu voir dans celles-ci un enseignement particulier et distinct, tout aussi bien que dans celles-là. Chacune d'elles se complète d’un avertissement pareil à celui qui termine la parabole du Semeur. Ces avertissements sont de la même main, et attestent que leur auteur, celui sans doute qui a groupé paraboles et sentences en un seul discours, voyait une leçon spéciale dans chacune.
Matthieu a rapporté ce mot sur la lampe dans le discours sur la montagne ?, après les béatitudes. Ici Mare et Luc le combinent avec un autre mot sur le secret qui doit être connu, et l'application, si peu claire qu'elle soit, doit être plus ou moins différente. Matthieu, qui a mis dans le discours sur l'apostolat le mot sur le secret manifesté ?, l'entend de la doctrine évangélique, prêchée par Jésus dans l'obscurité, mais que les disciples annonceront au grand jour. Luc, dans un autre endroit, qui est parallèle à ce discours de Matthieu, en déduit l’inutilité de la dissimulatiom et de l'hypocrisieï. Dans notre passage, il a voulu relier Ja donnée de Marc au commentaire du Semeur : son idée paraît être que la parole, qui est une lumière, ne doit pas être en ceux qui l'ont reçue comme une lampe sous le boisseau, mais comme un flambeau qui éclaire tous ceux qui s’en approchent ; il doit en être ainsi, en dépit des circonstances extérieures qui sembleraient voiler cette lumière d'ombre; c’est le devoir du fidèle de la faire éclater dans ses actes, pour l'édification de tous, et il est inévitable aussi qu'on la remarque. On aurait tort de prêter à Luc l'intention de combattre la distinction gnostique d'un double enseignement, ésotérique pour les initiés, exotérique pour le commun”. Ses préoccupations ne vont pas de ce côté.